J'ai cherché en vain un topic sur ce film culte alors je me suis résigné à le pondre moi-même, parce qu'il fait partie de mes petits plaisirs coupables et qu'il mérite d'être revu à la hausse au delà du foutage de gueule dont il est victime depuis 30 ans ! en plus c'est le topic parfait pour un dimanche de gueule de bois alors......

Le film suit le quotidien de Tony Manero, un jeune italo-américain de 19 ans qui tente d'oublier la monotonie de sa triste vie en cramant tous les week-end le dance-floor de la discothèque du quartier. Si sa belle gueule et ses talents de danseur font de lui le king du 2001 Odyssey, le reste de son quotidien se partage entre un job minable, une famille qui ne le comprend pas et une bande de racailles bien beaufs en guise de copains........

On connait tous l'histoire du film, adapté d'un article paru en 1976 dans le New York Magazine et intitulé "Tribal rites of the new saturday night"......explosion du box-office, transformation instantanée du débutant John Travolta en star internationale, le film devint le porte-étendard de la culture disco et notamment grâce à son soundtrack d'anthologie (dans le genre, la crême de la crême) qui se vendit à 20 millions d'exemplaires - un record absolu. Il faut dire que la mise en scène fluide et efficace de Badham enchaine les scènes-cultes : le travelling du générique, l'arrivée de Tony au 2001 Odyssey sur une version disco de la 5ème de Beethoven ou son célèbrissime numéro de danse en solo..........autant de pur moments de cinéma qui imposent le personnage de Tony Manero comme une icône définitive de la culture populaire, juste retour des choses finalement pour un film qui s'inscrit dans un cadre très référentiel (Pacino, Bruce Lee, Rocky).
Dans la peau de ce beau gosse qui tente d'échapper à ses mauvais penchants Travolta bouffe l'écran et personnifie mieux que personne le mal de vivre de la jeunesse de l'époque. Une jeunesse banlieusarde étouffée par ses frustrations et son absence de débouchés, que le film peint avec un regard désabusé et une apreté de ton inhabituelles: les amis de Tony sont tous présentés comme des crétins racistes et misogynes* et le film flirte souvent avec la vulgarité et le sordide (voir les scènes de sexe, d'une crudité impensable aujourd'hui, et les dialogues orduriers qui lui valurent d'être classé R). Tout ça reste bien sûr assez caricatural mais la sincérité du propos ne peut être mise en doute et a sûrement participé à l'immense popularité du film, on est loin d'un truc insipide et formaté comme Grease ! ici les persos transpirent un minimum le réel et Badham ne sacrifie jamais sa chronique sociale douce-amère au profit de l'exploitation d'un phénomène de mode.
Bref Saturday Night Fever est un film maladroit mais touchant.


(pas vu celui-là mais je vais me le louer cette semaine !)
* une caractéristique qu'on retrouve dans Summer of Sam, le personnage de John Leguizamo étant un énorme hommage à Tony Manero

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