Audition, 1999
Un producteur de film dont l'épouse est morte il y a sept ans, accepte sous les conseils d'un ami réalisateur d'organiser un faux afin de dénicher une nouvelle actrice et une éventuelle nouvelle compagne. Il est profondément attiré par la dernière candidate passant le casting, une jeune femme qui va l'attirer dans une horrible et sanglante spirale.
L'un des rares Miike que je n'avais pas encore vu. Ça commence comme une sorte de drame intimiste, avec cet homme qui perd sa femme dès le début du film et qui se retrouve dans un quotidien figé (impression renforcée par la multitude de plans fixes) avec un sentiment de mélancolie permanent. Une fois que le veuf met en place la fausse audition, la réal' se fait un poil plus dynamique et moins figée, avec quelques jump-cut entre le passage de chaque candidate, bascule sur l'image du moniteur vidéo de l'audition et musique aux tonalités comiques, comme pour accompagner ce changement de registre du drame à la comédie, mais qui ne durera que le temps de cette séquence.
Le début d'idylle entre les deux personnages revient au style épuré du début du film, allant de pair avec la relation d'abord platonique qui s'esquisse entre les deux, avec certains effets néanmoins (dont une bascule de son bien trouvée entre l'extérieur et l'intérieur d'une séquence en voiture, dont le bruit de pluie vient couvrir quelques répliques etc...) qui viennent gripper cet ensemble beaucoup trop propre pour ne pas être supsect.
Mais bon dans l'ensemble jusqu'ici on se fait bien chier
Une fois que le personnage commence à être curieux concernant cette femme envers laquelle il éprouve un désir évident (malsain ?) le film décolle quelque peu : Miike décide un peu plus de se lâcher et filme une séquence, avec cadre tremblotant et chaotique, où le héros demande plus d'infos sur cette fille à son ami qui l'a aidé à organiser cette audition bidon. Les contrastes chromatiques se font alors de plus en plus marqués selon les séquences, alors que le héros en vient à découvrir certaines choses sur cette jeune femme. On a encore le droit à une bonne idée sonore là encore : un cri de douleur dû à une brulure dans un flash-back qui se prolonge à un bruit de fauteuil roulant qui grince dans le présent. C'est réellement là que le "gonzo" qui anime la quasi totalité de la filmo de Miike reprend le dessus

Langues arrachées au sol, membres découpés avec différents outils (dont un long fil de fer

), pratique détournée de l'acupuncure

et sadisme frontal sont les maîtres mots de ces 20 dernières minutes.
Donc un métrage dont on ne comprend jamais les réels enjeux, souvent contemplatifs mais à la limite du chiant (il y a bien 20 min en trop ici) et aux ruptures de tons réussies et à quelques idées de réal' qui ressortent du reste, dont une séquence très giallesque dans l'esprit, d'une infiltration d'une maison en vue subjective.
"Kili kili kili kili..."
3,5/6