
La team Nishimura & co applique encore et toujours la même recette, sauf que cette fois l'influence de Tomomatsu oriente le ton sous le signe de l'humour débilos et décalé. Il n'est plus ici question de quête vengeresse tragique et macabre mais d'une rivalité amoureuse frivole entre lycéennes qui tourne malencontreusement à la boucherie dans un crossover opposant deux créatures issues du bestiaire fantastique. La séquence d'ouverture qui voit la vampire girl (la bishôjo Yukie Kawamura au sourire radieux) peler littéralement la tête de trois Franken girls avant d'assembler leurs crânes tel un totem mortuaire plonge tout de suite dans le bain : les geysers de sang vont se mêler aux éclats de rire.
Retour au lycée de Tokyo où évolue une insolite galerie de personnages plus barrés et délirants les uns que les autres. Entre la bande des gothic lolitas en quête du boyfriend idéal, la team des ganguro présentée sous une caricature poussée à l'extrême, le club de taillade de poignet qui s'entraîne pour le "wrist cut rally", le prof de chinois incarné par Takashi Shimizu, l'infirmière nympho et psycho killer à ses heures perdues ou le mad doctor qui se livre à de folles combinaisons de morceaux humains, il y a de quoi faire, surtout que les dialogues sont tordants. Le seul écart "sérieux" met en vedette la troublante Eihi Shiina, le temps d'un flashback sanglant.
Beaucoup plus concis que sur Tokyo Gore Police dont les longueurs étaient le principal défaut, Nishimura maîtrise davantage sa narration, gagnant énormément en rythme et donc en efficacité, preuve en est que l'on ne s'ennuie pas entre deux accès de violence exacerbée. L'affrontement du titre intervient sur le tard mais ce n'est pas du tout gênant tant les péripéties se multiplient auparavant, faisant monter la sauce. Bien entendu, l'hémoglobine coule toujours à grands flots, chaque personnage semblant regorger d'une quantité infinie de sang. La réalisation ne dépareille pas pour le genre et la direction artistique se montre particulièrement inventive, exposant des créatures tarabiscotées dont la Frankenstein girl (Eri Otoguro, la très peu vêtue héroïne d'Onechanbara), personnage évolutif qui prendra plusieurs formes.
Ultra fun, définitivement nawak, délicieusement déjanté, Vampire Girl Vs. Frankenstein Girl, comédie gore rafraîchissante, est la nouvelle réussite d'un réalisateur qui s'améliore décidément à chaque projet.

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