seri Z, le 09 janvier 2012 - 20:39 , dit :
Désolé, mais Spielberg il a un peu ricanné lorsqu'on lui a demandé s'il avait une approche documentaire ou s'il connaissait la terre. Alors autant l'hommage ou la vision fordienne est assez évidente (j'y ai grave pensé alors que Ford je suis loin de bien connaitre) autant je ne vois absolument pas une approche documentaire des gens de la Terre. C'est une approche de "conte", c'est le fermier bourru, la fermière qui tricote et le jeune exalté, y'a rien de plus dans War Horse sur la vie des paysans anglais qu'on en aurait sur les paysans de Tatoine dans Star Wars. C'est "juste" une illustration classique d'une image d'Epinal. Sans jugement de valeur (même si j'ai pas trop aimé le film) ça n'a absolument pas une approche documentaire, ni pour les fermiers, ni pour la guerre.
Oui, c'est pour ça que je pense qu'il faut prendre la question au sens d'un témoignage d'une certaine manière de vivre , documentaire étant paradoxalement un terme finalement assez fourre-tout qui englobe tout et n'importe quoi tout ayant une signification unidimensionnelle chez la plupart. Après j'ai pas vu le film, mais c'est le rapprochement avec Ford qui m'a fait tilté (rien que la BA est déjà sans équivoque à ce sujet), et chez lui l'aspect narratif inhérent à une approche classique ne s'oppose en aucun cas au sentiment d'authenticité émanant de la peinture du contexte. Tu prends La Prisonnière du Desert, on est loin du documentaire épuré sur les conditions de vie harassantes des fermiers sur une terre difficile occupée par les indiens. Mais dans c'est dans ses détails que le film réussit à prendre le pouls d'une époque (dans son analyse présente sur les bonus du blu-ray, Scorsese parle notamment de l'importance de la couleur du sol, qui rejaillit dans certaines scènes ou la terre éclate comme un enjeu fondamentale) et lève le voile sur la réalité, pas dans son sens documentaire, mais culturelle, sociologique etc. Bon après ça sera peut-être pas le cas une fois le film vu (en tout cas d'après toi non

), mais considérant la place occuppée par le spectre de Ford dans la carrière de Spielby, ça plus la puissance souvent immersive de sa mise en scène, disons que j'ai une petite idée à quoi m'attendre.