Mad Movies: Un été avec Coo - Keiichi Hara (2007) - Mad Movies

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Un été avec Coo - Keiichi Hara (2007)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Capitaine Vimaire 

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Posté 22 septembre 2008 - 22:21

http://www.youtube.com/watch?v=GPAR2kj1kyc

Il y a des fois, lorsque l'on est passionné de cinéma, où l'on tombe, au cours d'une séance dans une petite salle miteuse, sur un film qui se révèle être une perle, un petit bijou que presque personne n'a remarqué.

Le long métrage d'animation japonais Un été avec Coo fait indéniablement parti du lot. Réalisé par Keiichi Hara, l'oeuvre conte l'aventure d'un kappa ( créature aquatique du folklore nippon ) recueilli par une famille tokyoïte.

A vrai dire je n'avais jamais entendu parler de ce film avant d'en voir une publicité à l'intérieur du DVD du très sympathique Brave story. Cette pub me mis la puce à l'oreille en raison des commentaires élogieux y figurant et signés par Mamoru Hosoda ( réalisateur du génial La traversée du temps ) et, surtout, par le vétéran Isao Takahata ( génie à l'origine du Tombeau des lucioles, Kié la petite peste, Mes voisins les Yamada, Horus ou Pompoko ). Un adoubement fort alléchant en somme. De plus, le film venait tout juste de sortir dans les salles hexagonales.

Par chance, habitant Paris ( hélas le film n'a que très peu de copie ), je pus me rendre visionner la chose à l'UGC Orient Express des Halles. Et bien m'en pris. J'en ressortis avec l'impression d'avoir exhumer un trésor.

Tout d'abord, au delà de l'hommage du vieux maître, la filiation avec Takahata senseï est évidente. On y trouve cette même approche d'un Japon moderne oubliant ses racines, d'une urbanisation se faisant au détriment de la nature. Puis on a une vision, toute en douceur et harmonie, de la campagne nipponne qui évoque irrésistiblement la quiétude d'un Omohide poro poro ( un des chefs d'oeuvre de Takahata ), sa langueur ensoleillée qui nous saisit comme si l'on flânait nous même dans ces paysages enchanteurs ( et pourtant si vrais, si réalistes ). On peut aussi penser au sublime Mon voisin Totoro qui faisait, aussi, un Eden des paysages les plus simples.

D'ailleurs l'ombre de Miyazaki plane elle aussi. La poésie tendre des décors urbains, à la frontière des champs et de la mégalopole, peuvent faire penser au Mimi o sumaseba du regretté Yoshifumi Kondo ( et très étroitement supervisé par Miyazaki himself ). D'ailleurs, tout comme dans le chef d'oeuvre de Kondo, on ressort de Un été avec Coon le coeur à la fois léger et mélancolique.

Il faut dire que les japonais n'ont pas leur pareil pour sublimer l'enfance, la beauté du temps qui passe ou la délicate poésie du quotdien. Et Hara a le souci du détail, à priori banal, qui renforce l'imact émotionnel de son oeuvre. Il sait aussi faire preuve d'une subtilité et d'une pudeur tout à son honneur ( voir le traitement, en retenu, qu'il accorde à la jeune fille amoureuse du héros ).

Alors on verse quelques larmes, on rit jusqu'à la fin d'une rare sérénité ( qui évoque, d'ailleurs, Pompoko la superbe fresque écolo-épique de Takahata ) . Mais pourtant notre coeur est serré. C'est juste, et tout simplement, beau. Il faut dire que le film soigne ses personnages et parvient à nous proposer une famille attachante ( et très loin d'être parfaite pourtant ). Et donc on marche, on court même, à fond.

Alors, évidemment, il y a des défauts ( animation un peu grossière, rendu de l'eau pas toujours terrible, satire assez pataude des médias ) mais,bon ,s'y arrêter serait chipoter ( en tout cas à mon humble avis ).

Finalement je n'ai pas envie d'en dire plus. Je préfère vous laisser le soin de découvrir par vous même ce petit trésor.

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Gatsu 

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Posté 22 septembre 2008 - 22:37

Faut voir la tronche de la distribution aussi... J'avais complètement zappé qu'il était sorti il y a quelques jours en France.
Va falloir attendre l'arrivée du dvd !

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Capitaine Vimaire 

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Posté 22 septembre 2008 - 23:17

C'est clair qu'il faut déjà pouvoir le savoir qu'il est sorti ce film ! ( et quand on habite pas Paris c'est tout un poème pour le voir ! )
Mais bon autant en faire de la pub pour la sortie DVD !

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Gatsu 

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Posté 22 septembre 2008 - 23:33

Du coup c'est pas un film venant des studios Ghibli ?! Parce que j'y ai longtemps cru et je ne le vois pas dans la filmo du prestigieux studio.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Capitaine Vimaire 

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Posté 23 septembre 2008 - 09:56

Non ce n'est pas produit par Ghibli ( ce aurait pu par contre ). Par contre je ne me souviens plus le nom de la maison de prod.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Bloodbaffe 

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Posté 23 septembre 2008 - 10:56

Grrr...forcément pas sorti près de chez moi! Sinon c'est le studio Shin-Ei qui est derrière ce chef d'oeuvre apparent (les critiques élogieuses remplissent la toile!) a qui on doit pour le plus connu la série Doraemon...

http://www.youtube.com/watch?v=ryzbgJXlDg4

Bon, ça a quelques années smile.gif !



Allez, plus qu'à attendre le dvd...snif...





B B
"Shoot him in the head!...I do...How many times?"

#7 Poltermok*

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Posté 21 octobre 2008 - 13:13



Vu l'autre semaine, dans un festival à Matsuyama.

Vraiment un super anime, touchant, vivant, à la fois très lumineux et triste... POMPOKO style en somme.

Forcément, ça m'enrage encore plus : partout là où Miyazaki et son Ponyo s'est planté, cet Eté avec Coo réussit. Sur une trame (presque) similaire en plus. (Je reviens pas là-dessus, on va avoir l'impression que Miyazaki a tué toute ma famille au couteau rouillé).


LES PERSOS

http://www.dvdrama.com/imagescrit2/u/n/_/u..._avec_coo_3.jpg
La petite famille, et le papa qui se croit dans une pub pour Asahi

Ici, on a : un monstre attachant (super Coo, la quéquette à l'air, touchant et gamin, triste et bondissant), une vraie famille (les personnages sont juste excellents et atrocement bien foutus : la maman (mère-poule qui ne parle que par reproches ou par ordres), le papa (salaryman absent et pas trop concerné, qui se boit ses 4-5 cannettes de bière chaque soir), la petite soeur (adorable petite gamine, mais chipie enfant gâtée caractérielle et égoïste en même temps) avec ses poses trop bien vues (la Mei de Totoro n'est as loin, mais elle, elle est pire!), et le héros, le collégien (parfois rude avec sa soeur et sa mère (il les envoie chier parfois même violemment). Le DA hésite pas à montrer les défauts des persos (contrairement au nouveau Ghibli), et du coup ça donne des persos hyper forts et marquants, hyperréaslistes... Ca fait du bien.


LE MESSAGE

http://www.dvdrama.com/imagescrit2/u/n/_/u..._avec_coo_1.jpg
Ne gaspillez s l'eau les enfants!

Le message écolo est bien sûr présent, mais est finement amené : on épouse véritablement les tourments du Kappa et son désespoir (touchante scène à la Tour de Tokyo), l'envahissement des humains, le désespoir à trouver sa place (toujours Pompoko comme inspiration, mais ici plus du côté humain, du côté conciliation entre l'homme et la nature...). Et une conclusion en écho au chef d'oeuvre de Takahata (Vivons heureux, vivons cachés, fondons-nous dans la masse, acceptons les règles du jeu humain, mais survivons et tâchons d'être heureux même si nous ne sommes pas "nous").

Mais se profile un autre message, au moins aussi fort : l'acceptation et la compréhension des êtres humains... et a dynamique de groupe qui pousse soit par bêtise soit par ignorance, ou par simple méchanceté à faire du mal. (les copains du héros qui deviennent méchants comme des teignes, les écoliers qui s'acharnent sur Kikuchi...) Un été avec Coo, c'est aussi la découverte de la discrimination pour un garçon qui se croyait bien intégré... En voyant ce film, on comprends beaucoup mieux les phénomènes d'Ijime au Japon, mais aussi de bully aux States ou de discrimination / acharnement sur un élève partout (y compris en France). C'est simplement par conformisme (plus que par méchanceté) que le héros va s'acharner sur Kikuchi, la faisant terriblement souffrir... C'est de cette incapacité à prendre en compte le malheur des autres (cf.la séquence à la télé) que naissent les tragédies, ou tout simplement les malheurs. La compréhension qui naît entre les deux collégiens, et la simple histoire d'amour très pudique et pas démonstrative est très bien trouvée.

LES IMAGES

http://www.dvdrama.com/imagescrit2/u/n/_/u..._avec_coo_4.jpg
Miom miom.

Absolument splendides, et porteuses d'une myriade de sensations diffuses. C'est simple, on a vraiment l'impression de sentir les objets, les conteurs, rigueux, doux, les sons, la chaleur, la fatigue, la fraîcheur de l'eau. C'est un enchantement à ce niveau-là (et c'est pas la première fois avec les Japonais).

LES DEFAUTS

Le film est malheureusement un peu trop long, il veut en faire un peu trop (la séparation...). On en perd en finesse, et ça devient un peu trop lacrymal... Y aurait peut-être aussi un peu trop d'événements... On sature un tout petit peu au bout d'un moment... Classique dans les derniers DA pour enfants au Japon (Ghibli ou Doraemon). La satire des médias est pas mal, mais un peu trop appuyée (par contre, tous ceux qui connaissent la télé japonaise vont rigoler - ou ricaner, c'est selon...)


Mais ça reste hyper recommandable... Si on rajoute une super musique (à base de Gamelan de Bali, comme pour Akira blink.gif ), des scènes émouvantes (les souvenirs du chien, et puis sa mort blink.gif ), ça nous donne un super DA inconnu mais qui mériterait d'être dans la vidéothèque de tout madnaute digne de ce nom!


http://www.dvdrama.com/galerie/un_ete_avec_coo_/2/
Vous voulez faire un tour avec nous? wink.gif

#8 Beurk*

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Posté 08 décembre 2008 - 02:24

Argh j'ai complètement zappé la sortie de ce film sad.gif

#9 L'utilisateur est hors-ligne   Gatsu 

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Posté 29 mars 2009 - 23:23

Un été avec Coo en DVD le 23 avril

L'excellent long-métrage d'animation Un été avec Coo de Keichi Hara sort en DVD le 23 avril chez Kaze.

Deux éditions proposées, simple et collector, cette dernière contenant un 2ème DVD avec une interview exclusive du réalisateur, un livret de 20 pages sur l'univers du film, et 2 cartes postales. A noter que dans les magasins FNAC vous trouverez pour ces 2 éditions en suppléments un livret de coloriage et une figurine de Coo à monter.






http://www.catsuka.com/news_detail.php?id=1238263018

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Gatsu 

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Posté 09 avril 2009 - 17:17

Un Eté avec Coo - test dvd Edition Collector

http://www.filmsactu.com/test-dvd-zone-2-u...lector-5925.htm

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Crazy Von Schweetz 

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Posté 01 mai 2009 - 16:03

UN ÉTÉ AVEC COO






ATTENTION : ce texte contient des spoilers.


Il y a 300 ans, deux Kappa, des esprits pacifiques de l'eau du folklore japonais soit un père et son fils, attendent au bord de la rivière l'arrivée de deux humains qui ont decidé d'assainir les étendues d'eau de la région. Le père Kappa souhaite s'entretenir humblement avec eux afin de leur demander de revoir leurs ambitions car la disparition de l'eau assurerait également la fin des Kappa.
Mais la rencontre tourne mal et, effrayé, l'un des deux humains tue le kappa. Son fils , qui voulait leur offrir un gros poisson à manger en symbole de leur respect et de leu bonne volonté, cherche à s'enfuir mais un tremblement de terre l'ensevelit sous des tonnes de pierres et de boue.
De nos jours, dans la banlieue de Tokyo, le jeune Koîchi découvre par hasard le corps desseché du Kappa qu'il ramène chez lui. Au contact de l'eau, ce dernier revient à la vie. Baptisé Coo, il va grandir et évoluer au sein de la famille de Koîchi composé du père, Yasuo, un salary-man débordé, de Yukari, la mère femme au foyer qui s'occupe de tout à la maison et de Hitomi, la petite sœur du garçon, capricieuse et très vite jalouse de Coo. Enfin, le petit kappa se fera également un ami en la présence de Chef, le chien de la famille avec qui il peut communiquer par la pensée. Chef est un sage qui veille sur Koîchi et les siens.
Coo fait partie de la famille de Koîchi à présent mais petit à petit, les rumeurs sur la présence d'un esprit de l'eau dans un lotissement Tokyoïte s'étend et prend des proportions nationales obligeant la famille d'adoption de Coo de révéler son existence.





Le petit Kappa, gêné par tant de curiosité souvent déplacée et terrifié à l'idée d'ennuyer Koichi et sa famille, décide suite à un évènement qui fera ressurgir le passé, alors de partir à la recherche d'autres Kappas, accompagné de son jeune ami humain.

Je pense qu'il vaut mieux que je vous dise tout de suite avant d'expliquer pourquoi ce que je pense de "Un été avec Coo" : il s'agit à mon avis du meilleur film d'animation que j'ai vu. Au-delà des chefs d'œuvres des studios Pixar ou de Walt Disney et des classiques nippons ou internationaux, au-delà du "Tombeau des lucioles" et se situe très probablement au même niveau des plus grands films de chair et d'os que je vénère.

Adapté des romans de Masao Kogure "Tumulte autour d'un Kappa" et "L'étonnant voyage d'un Kappa (il existe u troisième livre, "Coo, Tengu et le grand roi Kappa" mais "Un été avec Coo" se focalise sur les deux premiers volumes) le film de Keiichi Hara s'oriente autour de l'amitié entre une famille humaine et une créature plusieurs fois centenaire à la recherche de ses origines.
Hara avait eu l'idée d'un film tiré des aventures de Coo au moment où il devait partcipait à un projet de films d'animation il y a un dizaine d'années. Le projet ayant été retenu, il s'attela donc à la tâche d'un long-mètrage de cinéma et l'ébauche fut présentée au créateur de Coo qui complimenta Hara.
Malheureusement, Masao Kogure décedé en 2006 avant que "Un été avec Coo" soi achevé, entrainant les regrets respctueux de Hara qui s'exprimera ainsi, avec la déference japonaise la plus humble :

"Monsieur Kogure, pardonnez-moi de ne pas avoir terminé à temps ce projet à cause de ma paresse. L'étonnant voyage d'un Kappa que vous écrit durant vingt a été l'œuvre que j'ai le plus eu envie d'adapter en film d'animation.
Je vous suis profondément reconnaissant de m'avoir offert Coo".


De ce respect et ce souhait de voir les aventures de Coo prendre vie sur un écran de salle obscure, Keiishi Hara signera un film absolument exceptionnel, qui dés les premières secondes vous emmène par-delà les campagnes japonaises où la vie semble s'écouler plus lentement qu'ailleurs, entre calme et sérénité.
La nature à crée toute vie mais certaines d'entre elles ne lui rendent pas hommage et c'est ainsi que la violence va rompre l'apaisement de l'endroit lorsqu'un seigneur samouraï , conquis par la peur et l'incompréhension, tuera le père de Coo du tranchant de son sabre alors que ce dernier ne souhaitait que lui faire part de sa crainte de voir son environnement annihilé par la volonté destructrice et l'avidité de l'homme.
D'ailleurs, cette séquence visuellement assez explicite (le sang coule) , la seule de tout le film, permet au spectateur de comprendre l'horreur dont à été victime et témoin le petit kappa. La figure emblématique paternelle, emplie de sagesse, de bon sens et du sens de l'éducation le plus noble pour son enfant, anéantie en un instant par la bêtise et l'ignorance.





Lors de son retour à la vie plusieurs centaines d'années plus tard, c'est cette famille disparue (sa mère ayant elle-aussi été tuée par un humain et l'ensemble de son espèce n'ayant donné signe de vie depuis des lustres) qui pèsera le plus sur Coo et son accueil par la famille bienveillante de Koïchi, petit homme pourtant capable lui-aussi d'être méchant (il martyrise une camarade de classe souffre-douleur avec ses copains), qui va donner à Coo l'envie de vivre, de prolonger le cadeau que la nature lui a offert : une existence.

Coo découvre aussi que les humains ne sont pas uniformément mauvais même si la suite des évènements va révéler de nombreuses facettes de l'âme noire de l'humanité , prête à tout pou assouvir ses envies.
Ainsi, lorsque les journalistes commencent à envahir le quotidien de la famille de Koîchi sans aucun respect pour leur vie privée dans le seul et unique but de voir un kappa vivant provoquera chez le petit esprit de l'eau le besoin de partir afin de ne plus ennuyer ses sauveurs dont la vie est chamboulée depuis que l'existence du kappa a été révélée. Mais Yasuo, Yukari, Koîchi et Hitomi, même s'ils vont commettre des erreurs en rendant public leur adoption de Coo principalement parce que l'intrusion du surnaturel dans leur vie rangée n'est pas sans bouleversement et "incidents de parcours", échapperont à la folie qui ronge leur espèce.

Ainsi, les séquences décrivant la vie à la maison sont magnifiques. L'arrivée de Coo est perçue comme étrangement presque normale par ses habitants, et montre bien que le Japon n'est pas aussi terrorisé par ses croyances que d'autres ethnies. Même si un Kappa est un créature surnaturelle, elle est très vite acceptée san craintes ni angoisses, rappelant de la sorte le comportement non-hystérique de Elliot, Michael et Gertie dans "E.T L'extra-terrestre" de Steven Spielberg, auquel je me permettrai d'associer "Un été avec Coo" en temps que descendant direct tant les deux films ont en commun autant dans leurs intentions que dans leur structure narrative, me faisant alors penser que, puisque ".E.T" est l'un des plus gros succès de tous les temps au box-office japonais, que Hara a également voulu rendre hommage au génie de Monsieur Spielberg de par cette évidente filiation.





Il est même aisé d'associer la narration des deux films :

-Elliot découvre E.T et le ramène chez lui / Koîchi découvre Coo et le ramène chez lui.
-Elliot présente E.T a ses frère et sœur mais le cache à sa mère , puisque les "grands ne peuvent pas comprendre" // Koîchi essaye de cacher Coo à sa famille mais se fait très vite prendre. Sachant que Coo est immédiatement accepté , on put ainsi revenir sur l'idée que le surnaturel est moins perçu de manière "étrange" pr les japonais, enfants et adultes. C'est plus "dans l'ordre des choses"
-La présence de l'extra-terrestre est connue dans la région par les scientifiques et le FBI qui finissent par mettre la main dessus, s'introduisant ainsi de manière violente chez Elliot et les siens // La présence et l'existence de Coo finissent par être découverte et en résultent une série d'évènements négatifs pour le Kappa et la famille de Koîchi "obligés" de le montrer au monde puisque tous seront frappés par la perte en commun de quelqu'un qui les aime et les protège (chef le chien au cous d'une scène ABSOLUMENT déchirante qui me fait monter les larmes aux yeux rien qu'en y songeant où avant de mourir, Chef avoue à Coo les regrets et remords qui le rongent et je défie de rester insensible à ce moment-là.)
-Elliot et E.T échappent aux "autorités" et se quittent avant que E.T ne rejoigne les siens // Coo et Koîchi partent à la recherche d'autres Kappas et devront eux-aussi se séparer.

Ces analogies qui selon moi ne sont pas anodines ne sont en aucun cas à considérer comme un plagiat du script de Melissa Matheson par Keiishi Hara qui de toute façon adapte une série de romans qui existaient depuis longtemps déjà mais je me sens libre de penser comme mentionné plus haut que les japonais étant de fervents admirateurs des aventures d'Elliot et de son ami des étoiles, Monsieur Hara ait choisi de suivre la même ligne de conduite que Monsieur Spielberg. Et je pense qu'il y a bien pire comme réference !

La seconde partie du film voit Coo et Koîchi partirent seuls à la recherche des kappas dans la campagne Japonaise et ce après que Coo ait fait le deuil de son père et accepté la perte d'un nouveau compagnon tout en essayant d'échapper à une médiatisation à outrance qui se soldera surtout par la peur et le mépris au cours d'une magnifique et poignante séquence de fuite des studios de télévision se terminant sur l'ascension par le kappa d'une tour de télévision en haut de laquelle son père lui adressera un ultime salut sous la forme d'un dragon aperçu pr les habitants de Tokyo et une pluie torrentielle qui lavera les cœurs et les larmes tout en assurant la survie de Coo qui a un besoin indispensable d'eau.

Cette escapade vers la nature accueillante permettra alors à Koîchi de franchir une étape supplémentaire vers son parcours de futur "homme", lui faisant comprendre et accepter ses qualités et ses défauts. Un voyage initiatique au terme duquel l'enfant changera radicalement puisqu'il reniera ses copains bagarreurs au profit de celle qu'il martyrisait autrefois, sa tête de turc Sayoko avec qui il se découvrira des affinités littéraires (mes respects éternels à Hara à cette occasion de parler du somptueux "Train de nuit dans la voie lactée" de Kenji Miyazawa magnifique chef d'œuvre de la littérature nippone qu'il faut à tout prix lire), la défendant ensuite d'une nouvelle attaque des enfants de l'école et devenant son ami.





Mais Coo et Koîchi ne trouveront pas de kappas et reviendront dans leur pavillon de banlieue toujours assiégé par les journalistes, les curieux et les mécontents du voisinage qui voient d'un très mauvais œil la présence d'un "monstre" de par chez eux.
A la suite d'un nouveau rebondissement, Coo prendra la décision de quitter la famille pour retourner vers la nature, là où quelqu'un l'attend. La famille de l'enfant, triste mai résignée, mettra alors tout en oeuvre pour que le kappa soit heureux là ou on l'attend pour une nouvelle existence.
Tout comme Coo qui a appris à grandir par la perte d'êtres aimés, Koîchi fera route vers la maturité et la sagesse en perdant son ami surnaturel mais aussi celle qu'il commence à aimer d'amour, Sayoko, qui doit déménager au terme de l'été.

"Un été avec Coo" contient tellement d'éléments proches des vies que nous pouvons mener, des choses que nous aimons , des instants de tristesse qui nous étreignent et des moments de joie simple qui nous envahissent et nous réchauffent qu'il parle comme peut de film savent finalement le faire directement au coeur pendant 2h20 et bien au-delà.
Les images sont magnifiques, la mise en scène subtile, posée et réfléchie et n'assène pas l'émotion mais au contraire la provoque au détour d'une scène, d'un dialogue, d'un regard rendant ses personnages de papier plus vivants que n'importe quel acteur.Coo est un petit être absolument inouï que j'aime à l'infini, une entité de cinéma exceptionnelle inoubliable avec laquelle j'ai envie de vivre toute ma vie et que je souhaite faire partager.

"Un été avec Coo" me donne envie de m'améliorer, d'être meilleure, de prendre le temps, de m'intéresser aux autres et à des choses qui m'auraient sans doute passées à côté. Je veux aussi être plus respectueuse de la nature, me battre pour elle à mon très humble niveau.
"Un été avec Coo" me remplit de calme et de bien-être même si je garde en tête son dernier plan exceptionnellement bouleversant de mélancolie bien qu'il demeure néanmoins chargé d'espoir. Quand un film parvint à ça, c'est qu'on dépasse le simple cadre du divertissement, ce n'est même plus de l'art, c'est juste une morceau de vie auquel on s'attache.
"Un été avec Coo" me redonne le sourire. Merci Messieurs Kogure et Hara qui par leur plume et leur talent m'on offert le film qui me correspond le plus et que je n'oublierai jamais, modifiant par la même occasion ma viion des choses et m'apprenant des valeurs que seules certaines personnes de mon entourage pouvaient m'inculquer.
Je fais à présent aussi partie de la famille de Koîchi, je suis l'amie de Coo, la maitresse de Chef, la grande sœur de Hitomi, j'ai envie de défendre Sayoko des quolibets des crétins intolérants.

Je disais en début de sujet que je pensais que "Un été avec Coo" était le meilleur film d'animation que j'avais vu.
Il est maintenant assuré qu'il soit également le meilleur film.



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#12 L'utilisateur est hors-ligne   dmonteil 

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Posté 19 mai 2009 - 18:20

C'était génial.
En fait, j'ai pas grand chose à dire (faut dire que les gus, et la demoiselle, en ont dit pas mal), à part que c'était drôle, frais, simple et très émouvant. Le rapprochement avec E.T. me semble assez évident en effet (et comme c'est le seul film qui me fait chialer...).
Bref, c'était génial.

#13 L'utilisateur est en ligne   Sanjuro 

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Posté 19 mai 2009 - 19:10

CITATION(dmonteil @ 19 5 2009 - 18:20) <{POST_SNAPBACK}>
C'était génial.
En fait, j'ai pas grand chose à dire (faut dire que les gus, et la demoiselle, en ont dit pas mal), à part que c'était drôle, frais, simple et très émouvant. Le rapprochement avec E.T. me semble assez évident en effet (et comme c'est le seul film qui me fait chialer...).
Bref, c'était génial.




E.T meets Pompoko /6

(forcément ça calme)

(et je suis fan de Chef, le chien, qui m'a limite fait chialer à deux reprises)

Voila
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#14 L'utilisateur est hors-ligne   dmonteil 

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Posté 19 mai 2009 - 20:21

CITATION(Sanjuro @ 19 5 2009 - 19:10) <{POST_SNAPBACK}>
(et je suis fan de Chef, le chien, qui m'a limite fait chialer à deux reprises)

Carrément putain.
La scène ou son maitre le frappe pour la première fois, bordel ça m'a tué.

#15 L'utilisateur est hors-ligne   dreef 

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Posté 27 juin 2009 - 16:23

L'aura du maître Takahata enveloppe ce film de sa bienveillance, que ce soit dans la description d'une campagne sublimée, apaisante et revigorante, le regret et l'oubli des traditions, ou le message écologique en filigrane. Hara va toutefois plus loin en faisant s'entrechoquer les cultures et les époques autour du personnage de Coo, tiraillé entre sa famille d'adoption et l'appel de la nature. Multipliant les thèmes, le réalisateur ne nous épargne pas la cruauté humaine, et les moments de joie succèdent à ceux d'un profond désespoir. Pudique lorsqu'il touche aux sentiments des protagonistes, Hara ne cherche jamais à faire dans la complaisance, certaines scènes se montrant particulièrement rudes (voire sanglantes). Les personnages, y compris secondaires, font l'objet d'une caractérisation travaillée. Contrairement à Totoro, Coo parvient à être mignon tout en évitant le design kawaii. Les membres de la famille typiquement japonaise sont tous très réalistes, forçant l'empathie. On s'attache vite à ce petit monde, qu'on est un peu triste de quitter. Au final, un parfum doux amer de nostalgie mélancolique imprègne l'œuvre, souligné par le très bon score de Wakakusa.

D'une durée excessive, le film souffre d'un dénouement trop démonstratif qui s'éternise, ça verse la larmichette un peu trop souvent à mon goût et la satire des médias est grossièrement traitée. Si les décors sont soignés, on en dira pas autant du chara, simpliste voire carrément moche sur certains plans (les visages surtout). De même, l'animation est dans la moyenne basse pour un long métrage. Quelques défauts notables qui ne viennent cependant pas ternir cette belle petite réussite.

A l'instar d'un Ghibl, Un Eté avec Coo réussit l'exploit d'être un véritable récit d'auteur à vocation grand public, drôle, émouvant, intelligent. Le film est de saison, alors n'hésitez pas.

(trop supaire l'édition Fnuck avec une figurine en carton à monter)
24 hours in a day, 24 beers in a case. Coincidence?

Bonnasse au cast, daubasse au cut.

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