Mad Movies: The Ward - John Carpenter (2010) - Mad Movies

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The Ward - John Carpenter (2010)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Dorothea 

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Posté 06 février 2011 - 15:26

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The Ward


Réalisateur : John Carpenter
Scénario : Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen
Cast : Amber Heard, Mamie Gummer, Danielle Panabaker, Laura Leigh, Lyndsy Fonseca, Jared Harris
Pays : Etats-Unis

Citation

Un asile pour jeunes femmes est frappé par les apparitions meurtrières du fantôme d'une ex-internée.


J'attendais beaucoup ce film, le problème étant la surabondance d'information inutile qui à un moment me dégoûtait plus du film qu'autre chose, mais bon je l'ai vue et ma fois ce n'est pas un retour morne que propose monsieur Carpenter. Beaucoup vont dire qu'il est mort artistiquement parlant depuis quelques temps et pourtant avec ce retour il nous montre qu'il sait encore tenir une caméra et proposer une histoire qui tient la route même si celle ci n'est pas original sur plusieurs points. La séquence d'ouverture nous plonge directement dans l'ambiance assez glauque du récit, on nous présente l'ambiance et le décor de façon intéressante et surtout lente si on peut dire mais dans le bon sens du terme, j'entends par la que le temps qu'il prend on ne le retrouve plus dans les films modernes, ici c'est un peu comme Halloween ou bien Vampires avec son introduction vertigineuse et à la fois très posée. Ensuite on a une introduction sympathique je dirai car terriblement rétro elle aussi dans le bon sens du terme et qui donne les thématiques du film Carpenter, thématique qui était clairement établis par la présentation du départ et surtout dans les différentes informations qu'on avait eu auparavant: la folie, la solitude, la paranoïa... Par ce début le film me fait vraiment penser à Halloween dans son style, je parle du style qui pose l'ambiance, après dans le récit en lui même c'est évidemment bien différent. L'histoire commence de façon simple, Kristen jouait par l'excellente Amber Heard à claqué un fusible et elle est interné de force dans un hôpital pour l'aider. Via cette introduction, on nous introduit d'autres personnages au fur et à mesure. C'est à ce moment qu'on peut émettre quelques doutes sur les qualités du long métrage.

Certes le casting est très bon (Amber Heard, Lyndsy Fonseca, Danielle Panabaker, Jared Harris...) mais il y a quelque chose qui fait tiquer, les actrices sont toutes belles... je ne parle pas physiquement même si elles le sont mais dans leur esthétique, je ne dis pas que ça fait froid mais nous n'avons pas l'impression qu'elles sont malades, elles seraient en cure encore ça passerait mais ce n'est pas le cas. Bon après c'est typique de nombreux films mais quand on voit d'autres oeuvres de Carpenter comme Halloween, les héroïnes sont belles mais ce ne sont pas des top models, après c'est le look de l'époque, mais la on va dire que ça ressemble au look de cette même période mais ce n'est pas totalement réel. Après ce n'est qu'un détail certes mais quand même. Outre cela les personnages sont au début peu originaux et certains passent pour l'archétype de ce qu'ils sont dans ce genre de récit comme la nurse ou bien le directeur, ou parmi les détenus, mais on va dire que les personnages évoluent assez bien tout au long du récit pour que ces archétypes disparaissent peu à peu. Bien sur tout cela passe par des moments je dirai "cliché" comme c'était le cas dans Halloween (qui n'était pas cliché à l'époque) mais bon la j'ai envie de dire, ce n'est pas de la fainéantise mais une façon de revenir aux sources, que ce soit par les moments ou on croit que l'être maléfique va s'en prendre aux autres et qui en faite ne se passe ainsi ou bien le jeux des ombres, très importants je trouve dans le récit comme le montre le début du film avec son introduction. Néanmoins comme dans In the Mouth of Madness (qui reste mon film fétiche chez Carpenter) il arrive à nous surprendre et surtout à nous faire sursauter comme avec un meurtre qui rappelle ceux des Gialli du maître Argento.

La peur dans le récit est présente, je ne dis pas qu'on sursaute toutes les 5 secondes mais il arrive comme durant l'un des meurtres assez violent et surtout glauque d'avoir le coeur qui palpite bien plus fort que de raison et de sursauter trois secondes après. Alors si on se base sur ce que je dis avant, on a l'impression que le film est assez convenue et pourtant il y a un suspense omniprésent, suspense telle que dans d'autres récits du maître pouvait nous tenir en haleine comme dans The Thing et surtout Assault on Precinct 13. Par moment certes on sait ou il veut en venir mais à de nombreuses reprises, je pense au début dans l'hôpital ou tout le final, on va de surprise en surprise et surtout de peur en peur, on sent l'adrénaline dans nos veines. Les personnages sont utiles au récits mais justement ce ne sont pas des simples figures utiles à un récit qui apparaissent toutes les 30 minutes pendant seulement quelques secondes, ils évoluent et on devenir par moment qui est qui et surtout qui détient les clés qui pourront nous permettre d'en savoir un peu plus sur la figure horrifique qui arpente les couloirs de l'hopital. Le directeur est ici une figure inquiétante et le personnage pourtant nous parait à plusieurs moments plus humains, moins aseptisé que ce qui nous entoure, comme s'il était en décalage dans le bon sens du terme avec l'hôpital, comme l'est l'être qui tourmente l'héroïne. les différentes péripéties du récits sont assez balisés et pourtant elle nous procure du stress comme jamais. Néanmoins bien que Carpenter arrive à distiller une ambiance impeccable avec plusieurs scènes clés (présentation de l'univers hospitalier, certains meurtres) il gâche tout par un final redondant si tenté qu'on ne résume pas le cinéma horrifique à ce qui fut produit au cours de la décennie précédente. Je ne dis pas que toutes les fins de ses films vont dans l'original comme le montre Ghost of the Mars ou bien Vampires qui étaient assez convenue dans le final.

Le final du récit est basique et fait presque tomber à plat tout ce qu'on avait ressentis durant le récit, alors certes cela se conclue bien (pas dans le sens bien pour les personnages) et si on réfléchit quelques minutes on se dit que c'est même logique comme conclusion mais bon il manque le pétillant des autres films du maître comme The Thing ou le final bien des années après donne encore matière à débattre alors que la sincèrement comme fin on ne va pas y passer deux heures. Néanmoins ça reste un excellent retour dans le monde du cinéma et même si ce n'est pas film n'est pas à comparer à ses plus grand chef d'oeuvre, ça reste sympathique avec un suspense tout a fait honorable, des scènes horrifiques, donc ce que je désirais et surtout une mise en scène impeccable tout au long du récit et non clipesque comme certains pouvait le penser, ici ils nous en met plein les yeux mais avec son style et sa classe habituelle et non pas en dansant comme un con avec caméra. La musique est très bonne aussi, chaleureuse je dirai bien que totalement mystérieuse et enivrante. Je recommanderai donc aux gens de voir le film au cinéma en Angleterre ou bien d'attendre une probable sortie au cinéma ou en dvd en France prochainement, en attendant je lui donne la note de 4/6. Vivement son prochain film!

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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Napoleon_Wilson 

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Posté 04 avril 2011 - 17:03

bon, finalement, après 10 ans d'attente, j'ai enfin vu le nouveau film de BigJohn. :)
Et on peu dire que The Ward est un retour au classique des films d'horreur, un de ceux qui ont rendu celèbre le genre dans les 70's et 80's.
C'est un excellent film d'horreur psychologique que big John à realisé. Tout semble etre mesuré a la perfection: bien filmé comme il sait si bien le faire (nerveux).
Il y a dans ce film une tension insoutenable jusqu'à la surprise finale.
C'est très loin des comedies d'horreur à la Scream ainsi que des tortures porn ( quoi que les meurtres... ;) )
Vous prenez un peu de The Fog, une pincée d'Halloween et le tout mélangé avec l'Antre de la folie, (sans oublier le coté Dario Argento de l'epoque de Suspiria) et vous obtenez The Ward.
En bref, ceux qui aiment les films 80's vont vraiment apprecier (moi, j'aime bien les jumpscares) , et les autres ...
Amber est super bonne dans son rôle :wub: (dans tout les sens du terme) et elle lutte contre ses pires cauchemars
The ward se classe avec Le village des damnés
En bref, the ward est l'anti sucker punch (que j'ai apprécié egalement)
5/6
WELCOME BACK JOHN
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Corvis 

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Posté 18 avril 2011 - 22:10

Bon je vais très très vite parce que la séance suivante commence (je fais un copié collé de quelques tweets d'ailleurs ^^)

Baissez la tête les jeunes, papa est de retour. Sauf qui si on lui colle un scénario neuneu, poncif et absurde dans les pattes...
Et oui, tout le talent de réa de Carpenter et le charisme d'Amber ne peuvent rien face à la mollesse du script.
Et son twist couillu et diaboliquement intéressant mais si mal amené et utilisé qu'il ne ressemble qu'à une pale copie d'un autre film.
Vraiment dommage, d'autant qu'il aurait pu battre Sucker Punch sur son propre terrain (un asile, des filles, des faux-semblants, un twist final).
En l'état pour moi c'est à peine mieux que le Snyder (dans un autre style de réa)

3/6 (critique plus longue ce soir ou demain)

Et pour les belges, le film sort chez vous, je sais pas encore quand, mais la copie qu'on a eu était déjà sous-titrée en français et flamand ;)
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   Sheriff Brackett 

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Posté 19 avril 2011 - 00:35

Bon, je viens de rentrer, critique étayée demain matin mais je plussoie Corvis, scénar vraiment moyen nul mais réal de qualité.

4/6
"Consider that a divorce!"

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Sheriff Brackett 

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Posté 19 avril 2011 - 10:50

Voilà ma critique, pour ceux que cela intéresse. Je ne crois pas spoiler quoi que ce soit.

Un retour inespéré

Dix ans que le paysage du cinéma de genre avait dû se passer de la présence de Big John. Beaucoup diront une éternité. Les deux épisodes des Masters of Horror en avaient inquiété plus d’un tant la patte du maître semblait s’être affadie avec le temps.

Mais ça y est, « The Ward » est là et nous rassure sur ses capacités de réalisateur. Le bonhomme a toujours le feu sacré, cela se voit. Pas question pour lui d’abandonner ce mélange de sobriété et d’efficacité, fait de cadrages purs et limpides, entrecoupés de légers mouvements d’appareil apportant une fluidité visuelle que beaucoup peinent à atteindre. On est également très loin d’un Argento qui semble avoir abandonné toute ambition visuelle.

Le pitch est simple. Etats-Unis, un état rural dans les années 60. Kristen est recueillie par la police devant une grange en feu. Elle est conduite dans un établissement psychiatrique aux mains d’un médecin enclin à céder aux dernières techniques de thérapie à la mode, à base d’électricité essentiellement. Elle fait rapidement la connaissance des autres pensionnaires, qui semblent cacher un terrible secret. Qui est donc cette mystérieuse présence qui rôde dans le bâtiment ?

Certes, le cadre est connu et a souvent été employé ces dernières années, notamment par Kassovitz dans Gothika pour ne citer que lui. Mais c’est justement la curiosité qui pousse le spectateur. Carpenter va-t-il réussir à transcender son matériau de base ? La réponse est contrastée.
Le scénario est clairement le maillon faible du métrage. Les Rasmussen ont construit leur intrigue sur la base de très courtes séquences s’enchaînant de manière chaotique. Parfois, le déroulement est à la limite de la redondance tandis qu’à d’autres instants, certaines ellipses frustrent beaucoup tant on sent que ces moments, s’ils avaient été exploités, auraient apporté une autre consistance au film.

Certaines facilités (notamment à se procurer certains objets et à crocheter des portes) font bondir. Le public toujours très réactif du BIFFF n’a pas manqué de le souligner, avec force cris, pendant la projection.

Big John opte pour le fondu au noir pour la succession des séquences, un choix artistique discutable mais totalement justifié en regard de la finalité du scénario.

Le problème est que ce procédé ne laisse pas vraiment le temps aux personnages, pour la plupart bien interprétés (mention spéciale à Jared Harris, glaçant avec son visage glabre et froid), de nous fournir une matière propice à susciter l’adhésion. Ils se retrouvent cantonnés à des stéréotypes assez frustrants.

De plus, le script se permet le luxe de recycler plusieurs fois certaines situations (comme les tentatives d’évasion), un peu comme si les scénaristes étaient incapables d’apporter autre chose que des situations mille fois vues dans ce genre de métrage.
Du coup, Carpenter ne peut pas produire de miracle mais s’en tire avec les honneurs. Son film est beau, fluide, Killian, le compositeur, marche dans des gammes fort proches de celles du maître.

On se retrouve au final avec une péloche un peu bancale, visuellement supérieure à 90% de ce qui se fait dans le genre, mais qui peine à décoller, la faute à une écriture paresseuse qui se contente de la portée de son twist final. Ce dernier tombe un peu comme un cheveu dans la soupe tant il est balancé de manière beaucoup trop explicative, apportant la preuve ultime que les Rasmussen n’ont pas pris la peine d’étoffer leur récit afin que cette révélation puisse nous bouleverser, tant sa portée est grande.

Mais l’essentiel est ailleurs, Big John est de retour en forme, cela fait vraiment plaisir. Il ne lui reste plus qu’à écrire ou trouver un scénario digne de son lustre pour qu’il nous ponde une œuvre majeure.

4/6
"Consider that a divorce!"

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Celluloïd 

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Posté 19 avril 2011 - 10:56

Bon ils me rassurent quand même pas mal vos posts les zouzous.
Si j'ai tout bien saisi : y a un très gros problème de scénar, mais sinon Carpenter envoie du steak. Nickel chrome, c'est tout ce que je voulais entendre !
Merci pour ces retours, ça donne envie.
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#7 L'utilisateur est hors-ligne   Sheriff Brackett 

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Posté 19 avril 2011 - 11:28

T'as tout compris! :)

J'ai juste oublié de parler de la peur. Elle est présente, mais repose un peu trop sur des jump scares...
"Consider that a divorce!"

#8 L'utilisateur est en ligne   naamlock 

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Posté 28 mai 2011 - 10:52

Mais il est très bien ce film, je l'ai vraiment apprécié (bien plus que ghost of Mars et de loin)
Je suis assez fan de ce genre de film, j'aime bcp ce thème ( maintes fois exploité ces dernières années mais puisque le film est de bonne facture, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais).
En l'état je le trouve vraiment nickel, quelques jump scare bien placé, des actrices magnifiques, un scénario qui fait mouche.
Un bon Carpenter (et en bonne forme) selon moi.
Ca vaut bien, un p'tit 4/5, facile :)
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#9 L'utilisateur est hors-ligne   Lurdo 

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Posté 29 mai 2011 - 01:00

Pas exceptionnel, avec des moments de flottement inhérents à un genre déjà bien exploité (le film d'asile et ses figures de style qui peuvent lasser, par exemple dans l'exposition), et une fin qu'on voit largement venir (les films sur la folie/les asiles, ça entraîne des twists finaux qui n'en sont plus tant ils sont prévisibles), mais ça tient néanmoins formellement plutôt bien la route, avec une interprétation solide lorsqu'il le faut, et une facture globale qui fleure bon le old-school à la Big John (notamment dans certains cadrages).

En ce qui concerne la note, vu que c'est tout de même vraiment basique au niveau du script... 3, ou 3.5/6, maximum.

(Avec une demi-heure en moins, ça aurait fait un épisode de Masters of Horror sympa... plus que ceux scénarisés par Moriarty d'AICN ?)
"Mediocrity is excellent to the eyes of mediocre people."

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Corvis 

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Posté 29 mai 2011 - 01:11

Voir le messageLurdo, le 29 mai 2011 - 01:00 , dit :

Pas exceptionnel, avec des moments de flottement inhérents à un genre déjà bien exploité (le film d'asile et ses figures de style qui peuvent lasser, par exemple dans l'exposition), et une fin qu'on voit largement venir (les films sur la folie/les asiles, ça entraîne des twists finaux qui n'en sont plus tant ils sont prévisibles), mais ça tient néanmoins formellement plutôt bien la route, avec une interprétation solide lorsqu'il le faut, et une facture globale qui fleure bon le old-school à la Big John (notamment dans certains cadrages).

En ce qui concerne la note, vu que c'est tout de même vraiment basique au niveau du script... 3, ou 3.5/6, maximum.

(Avec une demi-heure en moins, ça aurait fait un épisode de Masters of Horror sympa... plus que ceux scénarisés par Moriarty d'AICN ?)


Ah ben tiens écoute, moi qui me fait un point d'honneur de capter ce genre de twist à chaque fois, je me suis fait avoir pour le coup...
Spoiler

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#11 L'utilisateur est en ligne   Crazy Von Schweetz 

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Posté 29 mai 2011 - 19:36

Était-ce une vaste plaisanterie ce film ?
Sérieusement, le retour à la réalisation cinématographique de John Carpenter se solde par un échec particulièrement cinglant. Engoncé dans un scénario mal écrit et bourré de clichés des frères Rasmussen, dont le "Long distance" n'était déjà pas en soi un modèle de réussite avec cette jeune femme harcelée au téléphone par un tueur en série, "The ward" patine passée l'arrivée du personnage joué par Amber Heard à l'institut psychiatrique et ne parviendra jamais à embrayer ni à redémarrer, s’enfonçant dans la médiocrité affligeante au fur et à mesure que son action s'égraine.

L'histoire n'étant ni originale ni follement palpitante, il aurait probablement fallu y intégrer quelque élément donnant éventuellement un peu de piquant mais rien n'y fait, c'est d'une fadeur assommante. Le générique d'ouverture à base de photos et de dessins médicaux représentant l’aliénation mélangés à des débris de verre dont on cherche la raison de la présence donne le ton.
Ensuite, la majorité des clichés inhérents au genre "film de maison de fous" sont bien-sûr présents et l'on y retrouve par exemple la méchante infirmière en chef et les patientes toutes plus mal caractérisées les unes que les autres. La cinglée qui fait des grands gestes, la gentille qui fait du dessin, la méchante qui se prétend supérieure aux autres et une espèce de gamine de cinq ans ridicule enfermée dans le corps d'une adolescente avec couettes, jupette et ours en peluche, suçant son pouce et gémissant pour un oui ou un non.
A leur tête, une héroïne pas si déboussolée qu'elle en à l'air, déterminée et débrouillarde à qui Amber Heard apporte toute son absence de talent, allant jusqu'à se ridiculiser à plusieurs reprises en déclamant des dialogues bien balourds le regard vide et la diction appuyée.

Seule Mammie Gummer tire son épingle du jeu dans le rôle d'une névrosée attachante et distance ses petites camarades comédiennes de plusieurs coudées car que ce soit Lindsy Fonseca, Danielle Panabacker ou Laura Leigh, aucune n'est capable de jouer correctement et les pauvres en viennent même à irriter plus que leur personnages déjà pourtant bien pénibles. Les autres acteurs ne sont pas non plus des candidats potentiels à l'Oscar d'interprétation, y compris Jared Harris, effacé et lui aussi doté de lignes de dialogues plutôt pauvres en qualité.

La mise ne scène n'est pas fondamentalement mauvaise mais il est bien difficile d'y retrouver la patte et le talent de John Carpenter à tel point que "The ward" aurait franchement pu être signé par un autre sans que l'on remarque de différences. La gestion de l'obscurité est réussie mais cela ne suffit pas à rendre justice à la filmographie de son réalisateur. Les décors, sans être hideux, ne reflètent aucune personnalité particulière pouvant démarquer le film de ses nombreux homologues récents ou plus anciens se déroulant également dans ce genre d'établissement. "The ward" et "Madhouse" : même combat, pour résumer. Certains passages, comme les flashbacks dans la cave par exemple, sont même assez laids et à peine dignes d'un mauvais téléfilm d'épouvante.

L'un des autres gros défauts se concentre su niveau du montage qui s’emberlificote dans des erreurs et des incohérences à de trop nombreuses reprises. Ainsi, la posture de certains personnages change d'un plan à l'autre alors que l'unité de temps est respectée. A d'autres moments, des scènes se terminent sans crier gare et l'on passe à une autre, s'interrogeant alors sur la pertinence et l'utilité de ce qu'on vient de voir. A croire que c'est un stagiaire qui s'en est occupé, occultant l'habituelle fluidité du cinéma de Carpenter.
A ce propos, ce dernier à délégué la composition de la musique à Mark Killian qui délivre une partition sans saveur à base de comptines, de voix d'enfants et de quelques distorsions mal venues n'exprimant aucun malaise. Killian qui doit être fan des Goblin à même volé au groupe italien le thème de "Suspiria" qu'il a vaguement réarrangé. La musique est ratée,parfois en désaccord avec les scènes dans lesquelles on peut l'entendre et nuit même comme si le reste ne suffisait pas à l'appréciation déjà bien dégradée de "The ward".

Le frères Rasmussen en rajoutent enfin une dernière couche à l'occasion d'un twist aussi grotesque que ridicule qui n'aura rien de surprenant et que l'on a déjà vu autre part. Ayant préalablement raté la personnification du fantôme qui hante l’hôpital et qui s'avère aussi effrayant que Gargamel, ils achèvent le film dans avec ces dix dernières minutes pathétiques. John Carpenter lui-même profite pour enterrer définitivement son long-métrage avec un jump-scare prévisible et attendu et qui sera le dernier d'une série de "Bouh ! Je te fais peur !" surgissant à moments réguliers durant tout le film.

J'ai sincèrement eu l'impression à plusieurs reprises que Carpenter s'était dit durant le tournage que ce qu'il faisait partait pour être tellement mauvais qu'il valait mieux en rire et faire n'importe quoi jusqu'au bout. Par moments, "The ward" donne vraiment ce sentiment que tout n'est donc bel et bien qu'une vaste blague et que seul comptait le chèque qu'il toucherait de la part de la production.
Seule la réalisation tient la route dans ce film même si je ne démords pas qu'elle est vraiment impersonnelle compte-tenu du prestige de l'homme derrière la caméra. Le reste, du scénario à l'interprétation en passant par la musique et le montage est à deux doigts de la catastrophe.
A défaut du grand retour du réalisateur de "Fog" et "The Thing", cela aura pu au moins être un petit film sympathique et bien fichu mais non. Car même en mettant de côté le fait que ce soit un film de John Carpenter, "The ward" n'est pas, et loin de là, un bon film. Où alors il faut oublier celui nous a offert "La nuit des masques" et "L'antre de la folie" pour ne retenir que le réalisateur de "Piégée à l'intérieur".
Désolée Celluloïd, mais la liste des pro-The ward ne s'agrandira pas avec moi.
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#12 L'utilisateur est hors-ligne   Elwray 

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Posté 01 juin 2011 - 13:31

Bon c'est avec une certaine appréhension que j'ai regardé The Ward. Non pas que je doutais de Big John mais les derniers efforts de certains maîtres que j'adule ne sont que de gros étrons filmiques (Argento pour ne citer que lui, quoique Mother of Tears en gros plaisir coupable crasseux c'est regardable :mrgreen: ) et son Pro-Life ne me rassurait que très peu (et encore j'ai pas trouvé que c'était la bouse que tout le monde dénonçait).

Autant le dire tout de suite : Carpenter est enfin de retour est en grande forme. Son utilisation si élégante du scope fait encore une fois des merveilles quand il s'agit de filmer en intérieur (moins convaincu par les scènes d'extérieures). Mais bon j'ai toujours préféré quand il l'utilisait pour des huis clos genre Prince des ténèbres que pour mettre en valeur des décors naturels, aussi beaux soit-ils, style Vampires. Certains effets font penser à ce que Big John "expérimentait" sur Ghosts of Mars (je sais pas exactement comment ce procédé s'appelle mais ceux qui ont vu les 2 comprendront de quoi je parle). Carpenter fait parfois de "l'auto-citation" dans la réa' sans que cela devienne excessif et complètement vain (je pense notamment au Sang des innocents de papy Argento)

Bon le côté quasi impeccable du côté technique du film vient se heurter à son scénar' bancal, à des jump-scares assez prévisibles et à un mauvais traitement de certains personnages

Les effets de KNB sont impec' bien que pas assez présents ou bien mis en valeur

Donc que tout le monde se rassure : Carpenter ne prend pas le même chemin qu'Argento et ne signe pas avec son "Giallo" avec The Ward, mais bel et bien une série B correctement shooté, au parfum old-school par moment (sans jouer la carte de la référence coup de coude au spectateur mais bel et bien au niveau de l'ambiance du métrage). Il manque plus que Carpenter réécrive ses scénar' et s'occupe du score aussi (parce que celui de Mark Kilian est sans plus)

Ceci est un avis à chaud et je reposterais un avis plus complet plus tard
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#13 L'utilisateur est hors-ligne   Celluloïd 

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Posté 01 juin 2011 - 18:12

Ouh ptain à mon tour... :unsure: (j'ai le trac d'une pucelle au bal de fin d'année, j'annonce)
Vu hier (VO).
Sur le fofo Mad, on paye des chroniques régulièrement, pour partager son goût du cinoche, pour alerter les amis madnautes sur les prétendus bons ou mauvais trips, ou tout simplement pour passer le temps.
Celle-ci sera sans nul doute la plus compliquée à rédiger depuis que je poste modestement ici bas depuis maintenant deux ans.
Alors autant trancher dans le lard directement, sachant que tout ce qui suivra sera forcément bordélique et décousu : est-ce que, pour moi bien sûr, "The Ward" est un bon Carpenter ? Assurément : non. Mais qui en doutait encore, il suffit de revenir sur les dix dernières années de vie du bonhomme pour avoir la réponse avant de poser la question. Est-ce que "The Ward" est, dans l'absolu, un bon film d'épouvante ? Oui. Est-il digne de son réalisateur ? Non. Indigne ? Non plus.
Voilà : démerdez-vous avec ça, et à très bientôt. :mrgreen:
Mais franchement : tout ça on s'en branle. Digne, indigne, bon, mauvais, raté, réussi, etc... C'est pas la vraie question. Soyons honnête cinq minutes.
La vrai question, à mon avis, est la suivante : puis-je vraiment juger ce film pour ce qu'il vaut vraiment ? Et je pense que la réponse est non. Un grand NON bien massif et inébranlable. Limite sarcastique le fourbe.
Parce que je vais être obligé de vous parler un peu de moi maintenant (c'est obligatoire pour cette chronique, et je m'en excuse) : j'ai 32 ans, mon père était un cinéphile refoulé, il maudissait les milieux dits intellectuels qui mentalisent leurs expériences cinéphiliques quand lui se contentait d'apprécier ou non un film, en fonction du plaisir et de l'intérêt ressentis sur le moment, mais sans jamais vouloir cérébraliser plus que ça. Surtout pas. Il aimait les western de John Ford, les films d'horreur des années 70, John Wayne, les polars de Melville, Steve McQueen, la nouvelle vague italienne et les films d'action hollywoodien. Quand j'avais encore 10 ou 12 ans, la cave contenait un bon millier de films de cette trempe sur VHS, qui provoquaient tour à tour l'incompréhension ou la jalousie de mes camarades lorsqu'ils avaient la connaissance de cet état de faits.
J'imagine que c'est ce qui implique sans doute l'orientation inévitable vers un certain cinéma de genre pour sa progéniture... Dont je fais partie.
Et Carpenter est vite devenu un pont entre nous, comme le dénominateur commun de deux générations amoureuses du cinéma, mais pas forcément pour les mêmes raisons, ou pas seulement du moins.
Carpenter m'a biberonné, m'a élevé, m'a donné envie de voir d'autres choses, m'a donné envie de faire du cinéma.
Le cinoche de Carpenter fait donc entièrement partie de moi.
S'il n'avait pas existé, je serais sûrement quelqu'un d'autre aujourd'hui.
Pas radicalement opposé bien sûr, mais différent, à n'en point douter.
Mes excuses pour cette entrée en matière un peu particulière, mais je pense qu'elle était indispensable avant que je puisse aller plus loin.
J'en reviens au film maintenant : pour être tout à fait franc, dès le départ j'ai été très inquiet.
Parce qu'il faut l'admettre, tout cela commence très mollement. Et vous savez quoi ? Ça ne va pas spécialement s'arranger par la suite, ou si peu.
Le contexte est familier, pour ne pas dire vu et revu, l’hôpital psychiatrique éthéré aux allures de purgatoire javellisé, les jeunes filles en fleur en autarcie, la direction hospitalière austère et mystérieuse et les couloirs sombres emplis de secrets inavouables, qui mèneront tout naturellement aux apparitions ectoplasmiques syndicales.
Soyons à nouveau honnêtes, au risque de prendre le pli : tout ceci est d'une platitude désarmante. Et pour achever d'être sincère, l'évolution de l'intrigue ne sauvera pas la teneur d'un scénario définitivement terne et peu inspiré.
Le jeu ensuite : assez quelconque dans l'ensemble. Chacun fait son taf avec un minimum de ferveur, mais rien de bien transcendant. D'un autre côté, Big John n'a jamais été réputé pour sa direction d'acteur, si ce n'est sur "Christine" peut être, ou encore "The Thing" dans une moindre mesure. Après, il reste le cas Amber Heard. Et là ça devient très intéressant... Ne vous méprenez pas, la louloute est loin de livrer une prestation d'anthologie. Mais son personnage est la clé qui permet de comprendre pourquoi ce "The Ward" a pu voir le jour sous la houlette inattendue d'un Big John. Amber Heard tout d'abord : comme souvent, j'estime qu'elle brasse le meilleur comme le pire. Elle peut très bien me faire ressentir quelques frissons d'embarras dans certaines scènes d'une banalité pourtant évidente, et faire preuve d'une énergie et d'une intensité peu commune pour une actrice de cet âge... En fait, je crois que miss Heard a encore du mal avec l'économie d'effet et l'art du "rien jouer". Mais ça demeure toujours la chose qu'un acteur parvient à maîtriser en dernier : le fait de ne rien démontrer, de ne rien prouver, voire de ne rien "jouer". Dans cette retranscription de la simplicité du quotidien, basée sur l'intériorité absolue. Mais elle est encore très jeune. Dans l'excès, elle excelle par contre. Et elle peut avoir malgré tout quelques moments de vérité. Autant de choses qui me font penser qu'à 25 ans, la miss a encore une belle marge de progression devant elle, même si je la trouve encore bien maladroite ici. Heureusement pour elle, son charisme fait le reste (et je ne parle que de ça hein, parce que je dois être l'un des rares mâles hétérosexuels du fofo à ne pas lui trouver un charme dingue... Loin de là même). Pour ce qui est du personnage, j'y reviendrais après...
Mais j'en reviens au scénario : il est donc d'une banalité affligeante, une sorte de mix opportuniste ghoststory-film carcéral-twistending poussif rédigé sans emphase ni conviction. Mais en plus de ça, et pour ne rien arranger : non seulement le scénario n'est franchement pas terrible dans l'absolu, mais en plus il n'est absolument pas fait pour être mis en image par Big John... Étant donnée la relative platitude du récit, j'aurais plus vu un jeune tâcheron obsédé par la forme, et qui aurait ainsi greffé la valeur ajoutée nécessaire pour compenser le manque d'audace du scénar. Or pour Big John : l’esbroufe, les démonstrations techniques, la forme qui transcende le fond, ce sont autant d'éléments à des kilomètres des habitudes du gars, lui qui a toujours été au service exclusif d'un récit, et dont le style a toujours plus tendu vers du Ford que vers du Peckinpah (à l'exception faite de ses tous premiers films de jeunesse, et encore j'en suis toujours pas convaincu perso, malgré ce qui a pu être écrit ou dit ici ou ailleurs).
Et là je résume :
- ce scénario déjà sacrément banal n'était définitivement pas fait pour lui
- les interprétations sont quelconques, et Heard passe allégrement du médiocre au correct
Ajoutez à cela un visible manque de moyen et de temps, et vous vous dirigez tout naturellement vers une purge infâme et infamante qui ne mérite même pas trois lignes de chronique.
Voilà.
Et là vous me direz, ou pas : on les a déjà dépassées les trois lignes.
C'est vrai.
Et c'est bien normal.
Parce que de la purge, pour moi toujours : on en est quand même vachement loin. On en est même à des années lumière.
Parce que là, on va passer aux point positifs (si si il y en a) :
- la Réalisation tudjieu de tudjieu de voudjiou de bordel de garage à zob de fil du démon sa race maudite!!!!!!! Pardon mais j'en avais besoin... Je vais faire court : allez pas chercher plus loin, le vrai trésor et la sève de "The Ward", c'est sa réal. Et quand je dis réal, je parle plus de mise en scène. Et chez moi, mise en scène sous-entend également montage. Et là-dessus (et seulement là-dessus d'ailleurs), je vais vivement contredire la (très bonne) chronique de Crazy : pour moi, le montage est puissantissime. Je peux pas dire mieux. Alors OK : il y a peut être quelques raccords perfectibles de ci de là, et encore, perso je ne les ai pas forcément remarqués (bon je dis ça en toute sincérité, mais si je n'étais pas du tout rentré dans le film, comme ce fut à priori ton cas Crazy, j'aurais sans doute eu plus le loisir de les repérer, parce que faut pas se leurrer, c'est hélas souvent comme ça que ça marche : quand on s'emmerde devant un film on finit par par repérer plus facilement ces choses là), mais je ne doute pas le moins du monde qu'ils existent, vu que le film semble vraiment avoir été torché rapidement. Mais au-delà de ces maladresses sûrement dues à un manque de temps, je suis désolé, m'enfin perso j'en vois plus beaucoup des films d'épouvante aussi bien montés, avec des transitions si douces (Crazy, tu les as semble-t-il trouvées abruptes, mais là par contre je ne te cache pas que je ne comprends pas du tout pourquoi), une telle homogénéité d'ensemble, une telle fluidité, une telle évidence parfois, et même quelques fulgurances bluffantes, même pour du Big John (je pense notamment à un exemple tout con : la première fois où Kristen se bat avec
Spoiler
: même si d'un point de vue scénaristique c'est un peu poupou, là-dessus je suis d'accord, mais niveau découpage c'est juste une leçon de cinoche sérieux, et j'aimerais bien que les tacherons actuels matent ce bousin, m'est avis qu'ils pourraient apprendre un paquet de truc, mais là ce n'est que mon avis). Après je ne dis pas que tout le montage est à sanctifier, loin de là, mais à mon niveau c'est l'un des points les plus probants. Comme quoi... Sinon pour ce qui est des shoots, là c'est du Grand Art : cadrages soignés, mouvements steady dans les couloirs sombres on ne peut plus classes et immersifs, zéro esbroufe, zéro shaky, zéro jumpcut, zéro frime quoi, juste un gars qui sait placer sa caméra comme personne, qui n'a pas peur de faire durer ses plans, le teint éthéré de l'image est sublime, et pffff... franchement, c'est juste un bonheur de chaque instant, ni plus ni moins. Et... ça fait du BIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!!!!!!!!! RAAAAAAAH PTAIN ce que ça peut faire du BIEEEEN !!!!! Z'imaginez pas... :wub:
Sans ça, je peux comprendre, sur certains détails, pourquoi Big John s'est intéressé à ce scénar : le perso de Heard. Un personnage typiquement Carpenterien (si vous lui rajoutez des couilles) : un électron libre qui refuse l'ordre établi, l'autorité, les règles, qui a soif de liberté et d'indépendance. Là oui : à travers le minois de Heard, on crois parfois reconnaître Big John (c'est une image hein, Heard est quand même plus sexy j'veux dire).
Bon : je m'apercois que j'ai mal aux mains à force de taper... Et à présent je ne dois plus écrire que pour moi-même surtout, vu que tout le monde doit avoir (et très justement) abdiqué... :mrgreen: Donc je vais tacher de conclure (mais ça va pas être facile)...
"The Ward" n'est pas un film. C'est un syndrome. QU'en aurais-je pensé s'il avait été réalisé par qui que ce soit d'autre ? Sincèrement, du moins j'ai toujours essayé de l'être dans cette chronique ; je crois bien que je l'aurais évaluer bien plus à la hausse. J'aurais trouvé le scénar toujours aussi pauvre, mais la forme m'aurait séduite. parce qu'aujourd'hui, quand quelqu'un ose livrer un film pareil avec une réal si sobre, mais à ce point maîtrisée, il mérite le respect, dans une ère où tout est bon pour faire diversion, et permettre de cacher la vacuité formelle de l'ensemble. On pense d'ailleurs souvent au cincoche espagnol en voyant "The Ward".
Alors oui : on pourra toujours dire que Carpenter s'en est fortement inspiré.
Mvoui...
Mais ça serait aussi trop rapidement oublier que les Balaguero et autres de la Iglesia se sont eux-même inspirés de Big John en leur temps...
Tout ce que je sais, c'est que ce "The Ward" m'a bouversé. Parce que ces magnifiques plans steady dans les couloirs de l'HP sur quelques notes de basses m'ont ramené l'espace de quelques secondes dans une certaine station scientifique d'Antarctique, parce que Kristen prend parfois et très légèrement un bagout de Plissken en nuisette, parce que l'obscurité y est parfois si insondable et fascinante qu'on a par moment presque l'impression de discerner le masque abimé d'un William Shatner en caoutchouc délavé, parce qu'il ne manquerait parfois qu'une petite ritournelle electro composée par Big John lui-même pour se sentir à nouveau à la maison (même si je n'ai pas trouvé le score Kilian inintéressant, quoique très limité)...
Et moi, quand je vois un vieillard à ce point aigri, fatigué par ses années de combat (stérile à priori), qui n'avait pas tourné de long et qui avait juste torché deux épisodes de série TV en dix ans (et tout en sachant que Carpenter n'est pas Malick), qui reprend d'un coup du service avec un scénario à ce point inintéressant et totalement inadapté au bonhomme, et qui aboutit finalement sur un film porté par les épaules d'une jeune comédienne fragile encore en pleine gestation, et qu'au final, au lieu de le terminer prématurément, je ne vois pas le temps passer et reste jusqu'à la dernière lettre du générique de fin avec une émotion palpable : je me dis que ceux qui le prétendent finis feraient peut être mieux d'y réfléchir à deux fois.
Moi en tout cas maintenant j'ai ma réponse : non, "The Ward" n'est pas un bon Carpenter (comment aurait-il pu l'être ?...). Mais C'EST VRAIMENT UN CARPENTER. Et pour une reprise si délicate, franchement j'en attendais pas autant (mais je suis d'un tempérament fataliste :mrgreen: ).

4/6 (cette note ne veut bien évidemment rien dire, comme tout le reste :mrgreen: ) (mais ptain, moi depuis hier soir j'ai une pêche d'enfer !!!! Image IPB)

PS : pardonnez mes fautes, mais j'ai moi-même la flemme de relire ce pâté infâme. :closedeyes:
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#14 L'utilisateur est hors-ligne   biboulMRPN 

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Posté 03 juin 2011 - 17:43

Vu hier, et je vais faire court, c'est dur de passer après Cellu. D'ailleurs je vais le citer, pour appuyer le point fort du film selon moi.

Voir le messageCelluloïd, le 01 juin 2011 - 18:12 , dit :

Sinon pour ce qui est des shoots, là c'est du Grand Art : cadrages soignés, mouvements steady dans les couloirs sombres on ne peut plus classes et immersifs, zéro esbroufe, zéro shaky, zéro jumpcut, zéro frime quoi, juste un gars qui sait placer sa caméra comme personne, qui n'a pas peur de faire durer ses plans, le teint éthéré de l'image est sublime, et pffff... franchement, c'est juste un bonheur de chaque instant, ni plus ni moins.


Le script a beau avoir dix ans de retard, je suis rentré à fond dedans grâce à cette réalisation, qui pose une putain d'ambiance comme on en voit plus beaucoup aujourd'hui. C'est peut être pas ce que Carpenter à fait de mieux, mais ça fonctionne complétement, que ce soit pour les jumps scares, ou pour les passages angoissants plus posés. L'époque du film joue certainement la dedans, mais l'impression de se retrouver devant un film "à l'ancienne" fait sacrement plaisir.
Le casting ne fait pas d'étincelles, mais c'est loin d'être mauvais, j'ai pensé plusieurs fois à Sucker Punch et à ses ridicules scènes dans la réalité, à coté The Ward mérite l'oscar.

Il y a certainement le coté affectif qui joue, mais ce dernier Carpenter est loin d'être ridicule. peut être un peu daté à part son twist(je me suis laissé avoir j'avoue), mais c'est loin d'être une purge. Nostalgiques d'une certaine époque, vous devriez adorer.

4/6

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Zak 

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Posté 05 juin 2011 - 11:06

Du Carpenter mineur comme on a pu en voir dans les années 90 avec Le Village des damnés ou Les Aventures d'un homme invisible, donc forcément on ressort un peu déçu sachant que Big John n'avait rien fait au cinéma depuis 10 ans (surtout que je considère Ghosts of Mars comme un de ses meilleurs films). Si Carpy montre qu'il en a encore dans les tripes via de longs et beaux travellings, une belle utilisation du scope ou de la musique (pourtant pas signé par lui), il est sérieusement handicapé par un script assez naze au demeurant. Honnêtement, c'est énième ghost story sur fond de vengeance se terminant obligatoirement par un twist tadaboum ! relève du déjà vu. Sans Carpenter derrière pour donner littéralement vie au film (jamais cela ne ressemble à un DTV alors que il y a tout pour que ce en soit un), je donnais pas cher en The Ward.

C'est vrai que le film a un petit côté Sucker Punch sans les séquences de rêves (pas de budget :mrgreen:) avec cette héroïne (Amber Heard, plutôt pas mal) qui cherche à s'évader encore et encore. D'ailleurs, ce doit être l'asile le moins bien gardé de tous les Etats-Unis. Les portes sont toujours mal fermées, les serrures se crochètent super facilement et il doit y avoir 2 gardes en tout et pour tout... Du coup au bout de la quatrième tentative d'évasion on commence à saturer. C'est là que le film surprend. Le cadre du fantastique reste finalement très au second plan. Pour ceux qui espéraient un pur film de flippe, vous pouvez passer votre chemin. Si le film contient bien une ou deux séquences bien troussées (le passage à la morgue) et une mort bien horrible (le micro ondes des années 60 :mrgreen:), c'est clairement pas le sujet principal. Du coup, je m'attendais pas au twist (bonne chose) mais aussi
Spoiler


Donc The Ward est un petit film bien emballé, avec du métier derrière. Mais honnêtement, ça fait quand même film pour se faire un peu de thunes pour la retraite...
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