Là je sens que je vais me faire latter, mais de Fulci je n'ai vu que l'enfer des zombies, et quand j'étais très petite (trop peut être

) me souviens vaguement de l'aspect méchamment décomposé des zombs, et d'une scène aquatique qui même pour mon jeune âge était pluôt risible. Si je me souviens bien, c'était surtout du gore à revendre, sans "grande cause" défendue derrière. Je ne dis pas que je n'apprécie pas les films dépourvus de critique sociale ou autre, c'est pas le problème. (faudra bien que je me le rematte un de ces 4 de toute manière); j'aime profondément les films gore sans raison. Fulci surfait peut être lui même à l'époque sur la vague des morts vivants remis à la mode par Romero, ou peut être pas. Mais quoi, Fulci a fait dans la foulée 4, 5, 6 films de morts vivants? Si ses zombies et ses héros étaient toujours comme ceux de l'enfer des zombies (en même temps, j'ai pas droit au chapitre, j'ai vu que celui-là) c'est moyen- moyen question renouvellement... (enfin, Romero en est à son 5ème aussi...

) si Romero a tenté de faire "évoluer" ses zombies, est ce le cas de Fulci? (c'est une question, hein, me permettrais pas de critiquer sans avoir vu)
Et, ah oui tiens, j'avais jamais vu Simetierre comme un film de zombies. merde alors...

Le sujet n'étant pas sur la dimension politique (ou son absence) dans les films de morts vivants, mais sur la surabondance de chair morte au ciné ces derniers temps...
dimension critique ne signifiant pas à tous les coups politique...
le zombie en lui même étant (amha) une critique de l'espèce humaine, dans la mesure où il en grossit les traits, pour ne devenir qu'un animal à l'instinct limité... sans une once d'intelligence, qui ne vit que 1. manger 2. se reproduire (infecter d'autres personnes) cette surabondance de zombies, de chair en décomposition, de morts vivants et autres, à un moment donné ça va devenir tellement commun que ça va finir par lasser...
Pour faire un parallèle, pensez ne serait-ce qu'à ring. rien à voir avec le genre qui nous interesse. Or le succès de ce film a permis à une quantité d'autres de voir le jour, plus ou moins mauvais, toujours sur le thème du fantôme d'une gamine revancharde. maintenant, on n'en compte plus les remakes, et les films qui l'ont sauvagement pillé. Quand on voit une gamine aux cheveux sales sur une affiche, maintenant on pense direct "c'est un sous-ring".
J'avance juste l'idée qu'à un certain moment, le zombie, ça va devenir rébarbatif. Trop de zombie tue le zombie, en sorte.
Lenore, c'est un peu long comme texte, mais je t'assure que je réponds à ta question dans le dernier paragraphe
- Pour Fulci on tombe dans la question de ce qu'est un film de zombies ou pas: L'Au-Délà et Frayeurs n'en sont pas spécifiquement (moins que 28 Jours Plus Tard qui en est un, c'est un peu de la rhétorique et de la mauvaise foi de dire le contraire

), il y a bien des morts qui marchent, dont l'attaque peut provoquer l'état zombiesque chez les humains, ils sont décomposés, mordent et mutilent, mais on est un peu à mi-chemin entre le zombie (le corps qui a perdu toute volonté propre) et le film de fantôme (l'ame qui survit) en ce que ils sont visiblement "possédés" par une volonté maléfique, tourmentent les vivants (comme un esprit), semble dotés de pouvoirs surnaturels (apparaitre et disparaitre)... De même la Maison près du Cimetiére est à la croisée des chemins de ces deux aspects avec un peu de Frankenstein lancé dans le lot. C'est un cas particulier... Je le rattache plus au genre zombiesque à cause des conditions de productions (c'est bien sur le film de Romero qu'il capitalisait et ils sont sortis en même temps que d'autres zombie-movies italiens). Ca dépend si tu as une définition ouverte ou fermé de ce qu'est un film de zombies (on va y revenir plus tard...)
- A mon avis la comparaison avec Ring n'est pas forcément très pertinente: comme le disait EricNS sur la page précédente ce n'est pas un genre aussi codifié que les autres grand mythes de l'horreur, et je pense qu'il à été moins exploré que les grands mythes (combien de films sur Dracula et les vampires?), alors que Ring c'est une formule excessivement balisé justement, un sous genre très restreint qui s'inspire du films de fantomes japonais (Voir les papiers sur les films de Nakagawa, surtout
celui-ci et un peu
celui-la) qui lui même est une sou-division du film de fantômes (plus codifié et rebattu, tu meurs). Il y a largement plus d'angles pour attaquer et utiliser le zombie dans un film, si tu as une définition ouverte de ce qu'est ce mythe au cinéma (on y vient...).
- J'ai l'impression que tu accordais une grande importance au propos "politique" ou du moins critique dans le film de zombies (je cite:
mais des ersatz de films de zombies, sans la dimension critique qu'avaient les chefs d'oeuvre de Romero...), ce qui est sur pour moi sur c'est qu'un bon film de zombie ca ne peut pas être "consensuel" (barbaque, nature dérangeante, les zombies n'ont pas d'état d'ame on ne peut pas les prendre en pitié ou faire du pathos...), ce qui je pense rejoins ton idée que le zombie, de par sa nature, est une "critique" de l'être humain... même si je ne suis pas entiérement d'accord (cette idée de faire déambuler les zombies dans un supermarché, c'est du Romero, et une excellente idée). Je pense qu'on peut faire un excellent film de zomblards ou ceux ci ne sont qu'un argument de frousse sans pour autant nécessairement insister sur le coté "en fait c'est nous de maniére satyrique" et respecter "l'orthodoxie" de ce qui fait le genre.
Cette direction là (l'évolution des zombies, la parabole sur la capitalisme), c'est Romero qui l'a prise, et c'est à mon avis une erreur de la considérer comme un élément essentiel du zombie, qui est avant un mort-vivant aliené/sans conscience, meurtrier/cannibale et qui infecte ses victimes par un contact physique (morsure, etc...).
On peut faire un film de vampire ou de loup-garou avec ou sans parabole "critique", il n'en reste pas moins que ce qui fait le genre, c'est d'avoir un suceur de sang immortel ou un type qui se transforme en loup.
A mon avis l'amalgame de l'élément critique avec l'essence du genre vient du fait que Romero (l'inventeur du zombie moderne), a posé les bases de ce qu'est un mort vivant, et livré en même temps la parabole la plus réussie dans le même film...
- Et donc, bien que Romero soit le créateur du zombie moderne, et que ces films soit parmi les meilleurs fait sur le sujet, c'est à mon avis réducteur de considérer comme des ersatz ceux qui s'éloignent trop du modéle Dawn of the Dead. C'est je pense une définition "fermée". Hors plus la définition est restreinte et le genre "codifié", plus il risque de s'épuiser vite.
- Les principaux films du revival zombie (un mythe, qui je trouve, à été justement absent un grand nombre d'années avec juste quelques titres "indépendants" depuis l'épuisement provoqué par la prolifération de copies Italiennes), sont intéressants en ce que il s'écarte un peu du modéle et explore de nouvelles directions qui élargissent le théme: comédie (Shaun), film bourrin (DotD remake), romantisme, zombies qui courent...
- Et pour en venir à ta question: il y a certes pas mal de projets en préparation, mais ils sont beaucoup moins nombreux que le raz de marée italien post-Dawn of the Dead, il y a donc un risque d'épuisement mais beaucoup moins rapide AMHA.
Ensuite, étant donné qu'ils explorent des nouvelles directions et qu'il y a surement encore pas mal de matiére et de possibilités, c'est un deuxiéme motif d'optimisme. Perso je pense que c'est une période plus excitante pour le fan de zombies que la longue disette qui precéde (des bons films de mort-vivants dans les années 90, vous en voyez beaucoup?). Le genre n'est pas inépuisable mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait 20 films en prépa... Donc ca pourrait tenir quelques années.
Après il y en a qui marcheront peut être dans les pas de Romero et de son "évolution", d'autres qui améneront nos monstres cannibales sur de nouveaux territoires, je l'espére en tout cas.