Flash Gordon – Mike Hodges (1980)
Non mais là, je vous arrête tout de suite. Ne comptez surtout pas sur moi pour envoyer aux fraises ce film de Hodges, déjà parce qu’il fait partie de ces souvenirs marquants vus au cinéma, mais aussi parce qu’à chaque "revoyure", derrière la folie des grandeurs née de l’esprit
(génialement ?) malade de Dino De Laurentiis,
Flash Gordon transpirait d’un héroïsme de bande dessiné qui n’a pour équivalent que le
Superman de Donner. Je vais pas vous la refaire mais rapidement, pour ceux qui n’en saurait rien, le film de Hodges raconte l’histoire d’un quaterback des New York Jets – Flash Gordon donc – qui va se retrouver propulsé, en compagnie de la journaliste Dale Darden et du Pr. Zarkov, dans une galaxie extra-terrestre à combattre le vil Empereur Ming. Aussi concise que ce résumé, l’exposition éclair
(lol) mais exemplaire de
Flash Gordon court-circuitait toute appréhension présumé, pour faire chavirer le spectateur dans une formidable aventure SF estampillé 80’s. Se refuser à
Flash Gordon, c’est bousiller l’once d’âme d’enfant qui subsisterait encore dans votre corps d’adulte ecrasé par le poids du cynisme grandissant. Car si par instants, contrôlée par la main toute puissante de son mégalomane producteur*,
Flash Gordon flirtait avec ce mauvais goût propre au 80’s
(nous y pénétrions à peine, mais science-fiction ou pas, Flash Gordon étalait déjà toute la démesure de cette période à l’écran), trop peu de films adaptant un héros de BD au cinéma, auront considéré de la sorte l’univers du médium d’origine. Si vous vous penchez sur le
comc strip des années 30, vous vous assurerez ainsi à quel point Mike Hodges à su déplacer l’univers créé par Alex Raymond à celui des eighties, et pendant 110 minutes rendre un hommage au serial des années 40 avec
Buster Crabbe.
Du serial justement,
Flash Gordon a conservé le vivifiant dynamisme, se conformant à la tradition du genre sous l’impulsion de péripéties toujours un peu plus fantasques
(l’attaques Hommes-Oiseaux ; le combat de Flash contre les soldats de Ming chorégraphié comme une partie de foot’ Américain). Sam Jones campait par ailleurs un excellent Flash Gordon, archétype du héros Universel toujours prompt à convertir l’ennemi en homme de bien, cœur d’artichaut dans un corps viril, et dont le personnage - en définitive anachronique - ne véhiculait aucune valeur conquérante ou patriotique. Et puis merde, c’est sans doute bien la première fois que j’aurai vu se matérialiser trait pour trait la
girlfriend du héros dont je lisais les aventures dans
France Soir.
Flash Gordon ?
Classic shit !*De Laurentiis réglait même ses comptes avec Fellini a qui il proposa la réalisation, en prénommant le nain esclave d’Ornella Mutti…Fellini !
Le plus grand film de l'univers à 3h30 du matin.
Il faudra également un jour dresser une statue à l'exceptionnel Lorenzo Semple Jr, scénariste de ce bijou mais également d'autres merveilles comme le
(que j'ai vu qu'une fois sur RTL mais je suis sûr que c'est aussi génial que ce dont je me souviens, faites-moi confiance) le haletant
un genou à terre pour cet homme de talent...
couvre nombre de domaines absents du film : d'où vient Flash ? de qui tient-il ce charisme et cette assurance qui lui vaut le titre de "héros le plus décontracté du cinéma" -il sauve l'univers sans s'en apercevoir- quel douloureux secret cache ce sourire ravageur et ses yeux où l'on sent poindre à la fois le respect de l'autre, la conscience de l'univers et une intelligence au service de l'humanisme ? et les femmes dans tout ça ?... à lire et à méditer...