Mad Movies: Les Proies - Don Siegel (1971) - Mad Movies

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Les Proies - Don Siegel (1971)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Waco 

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Posté 01 juin 2004 - 18:59

*[Trèès important le "featuring Clint Eastwood"]



The Beguiled en v.o.


"Les femmes sont capables de tromperie, d'escroquerie, de meurtre, de tout. Derrière leur masque d'innocence se cache autant de scélératesse que vous pourriez en trouver chez un membre de la Mafia." :?
Don Siegel



Les Proies constitue la 3e collaboration entre Don Siegel et Clint Eastwood (après Coogan's Bluff -"Un Sherif à NY"- 1968 et Two Mules for Sister Sara -"Sierra Torride"- 1970).
A l'époque, Clint Eastwood est encore soucieux de se démarquer de son image de personnage "leonien". Don Siegel capte parfaitement le message et lui offre ici un rôle dans lequel il peut enfin briser son image de héros imperturbable. Il se moule donc parfaitement dans la peau d'un séducteur cynique particulièrement doué dans l'art et la manière de duper son prochain. Démonstration en est d'ailleurs faite de manière particulièrement savoureuse à coup de flashback ravageurs révélant la vraie nature du type. Et tout ça, un an avant Dirty Harry. Yeah!



En pleine guerre de Sécession, John Mc Burney, alias McB, caporal dans l'armée nordiste, est grièvement blessé lors d'une offensive en territoire ennemi. Il ne doit la vie sauve qu'à une jeune fille qui le conduit dans le pensionnat dans lequel elle vit. Il y est recueilli par la directrice de l'établissement, Martha Farnsworth (Geraldine Page) et sa jeune assistante Edwina Dabney (Elizabeth Hartman), qui, acceptent de le soigner malgré les risques encourus (c'est un soldat du camps d'en face).
Détail important, le pensionnat est féminin à 100%. Pour McB, après l'enfer du champs de bataille, ça a tout l'air d'être le paradis sur terre. Sauf que.


Les Proies, placé sous la houlette d'un bon faiseur, réunissait tous les ingredients nécessaires à la fabrication d'un bon gros mélo-drame sur fond historique : la guerre de Sécession et son côté "romantisme flamboyant" (Autant en Emporte le Vent?), une histoire d'amour impossible entre un honnête soldat yankee et une Digne Dame du Deep Old South, un suspense implacable avec un couple maudit menacé par les troupes Confédérées... Mais au final rien de tout ça. Pourquoi? Parce que.
Bon, en fait, la principale raison, c'est qu'on a quand même à faire à Don Siegel, un type pas commode qui n'a pas l'habitude de faire dans la barbapapa mais qui au contraire, aurait plutôt tendance à appuyer fort là où ça fait déjà mal. Dès lors, on comprend vite dès le premier quart d'heure du film que la guerre de Sécession, bah c'est pas sa priorité au Don.
Ce qui branche le réalisateur avant toute chose, c'est la mise en place d'un huis-clos étouffant chargé de thèmes le plus souvent laissés dans l'ombre tel que l'inceste, le refoulement, la frustration sexuelle et même l'idée de castration qui plane lourdement tout au long du film.
Un thriller suffocant donc qui manie habilement la psychologie de ses personnages riches en secrets inavouables.


Si le mode de lecture psychanalytique paraît être le plus évident, on peut également "s'amuser" à appliquer une grille de lecture religieuse sur le film dont la trame pourrait reposer sur deux actes.
Premier acte : la quasi-résurrection de McB en plein paradis. De simple soldat anonyme, le voici devenu le centre de toutes les attentions dans un endroit plein de femmes, vierges pour la plupart. Malgré son "impuissance" (il est diminué par sa blessure), il se sent tout de même pousser des ailes. N'est-ce pas là la concrétisation d'une certaine idée du paradis (le Valhalla?) pour beaucoup de croyants (et peu importe la religion)?
Deuxième acte : la Chute.
Tout comme Lucifer, ange parmis les anges, McB, à trop vouloir en faire, finit par se brûler les ailes lors d'un de ses jeux amoureux.
Et là, boom! c'est l'enfer qui se déchaîne avec l'explosion de toutes les tensions latentes qui mène à un bouleversement des rapports de force. Les femmes passent du statu de proies à celui de prédatrices, avec Martha en particulier, qui, se laissant emporter par une bouffée de haine absolue, en vient à assouvir son désir de vengeance par l'amputation d'une jambe de McB après que ce dernier ait été poussé dans les escaliers (je reste dans le vague pour éviter les spoilers). Le loup, finalement castré par celles qu'il a abusé avec ses mensonges, ses lâchetés et ses manipulations, est désormais neutralisé.

Au final, malgré les déclarations fracassantes de Don Siegel (cf. la citation du début), malgré les éléments accablants du film (aucune femme ne trouve grâce aux yeux du réalisateur, pas même la plus jeune fille, Amelia, seulement âgée de 12ans), on a bien là une oeuvre profonde qui va bien au-delà du simple geste provocateur d'un mysogine.
Ici, c'est de la nature humaine dont il est question, une nature qui peut se révéler impitoyable lorsqu'il n'est plus question que de survie. Logique donc de voir un Don Siegel particulièrement remonté qui envoie ballader tout le monde.

Un constat désanchanté donc pour un film qui fut boudé à son époque (et qui continue à l'être d'ailleurs si l'on en juge par la pauvre édition du dvd zone 1...) mais qui était malgré tout considéré par Don Siegel comme étant son meilleur. Il suffit d'ailleurs de se plonger aujourd'hui dans cet univers singuliers à l'ambiance gothique assumée (on évoque la Hammer avec raison) pour le comprendre et approuver entièrement.

Du cinéma envoutant, vénéneux, voir même carrément sublime (n'ayont pas peur des mots). A voir absolument (comme on dit dans ces cas là).



Un petit avant-goût de l'Enfer?


ps : à l'occasion de la re-sortie du film l'année dernière, Stéphane Moïssakis nous avait offert un décryptage parfait dans le n° d'avril il me semble (faut que je retrouve la référence exacte).
Il se peut donc que mon texte soit sous haute influence icon_mrgreen.gif

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Dr WONG 

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Posté 01 juin 2004 - 19:47

Un film que j'ai découvert "par hasard" il y a une dizaine d'année en 2ème partie de soirée sur F3 et qui m'avait fait forte impression, ou comment des jolies jeunes filles toutes gentilles peuvent, tout d'un coup,
faire froid dans le dos! 8O

Même sensation à la vision de "play Misty for me" de et avec le grand Clint.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Hutch 

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Posté 01 juin 2004 - 20:41

Excellent texte pour un excellent film, Waco ! 8)

je ne saurai trop conseiller d'autres bombes du même réal ("père spirituel" d'un certain Sam Peckinpah) qui dépeint toujours avec la même sécheresse et le même humour sardonique les désillusions et la propension de l'homme à verser dans le chaos : l'Invasion des profanateurs de sépulture, et son message "anti-rouge" en fait surtout pro-individualiste (repris par clint dans Firefox)

l'excellent Un Shériff à New York où Clint remet en place des adeptes du flower power décadent (la scène de fête rappelle la séquence de rêve érotique des Proies, par ailleurs):

L'Evadé d'Alcatraz où re-Clint se bat pour être libre face à un Patrick Mc Goohan de l'autre côté de la barrière.

A bout portant : où Lee marvin enquête sur le passé du magnifique John Cassavettes, qu'il vient d'éxécuter dans une école pour aveugles avec son jeune assistant, avant de remonter jusqu'au traitre commanditaire joué par un Ronald reagan pre-alzheimer

Et Dieu, que ce film est beau et classe surtout dans la scène de répétition du braquage, où l'ancien coureur-Cassavettes- se fait chronométrer (que de tensions ou dans le carnage final (où si je me souviens bien Lee Marvin sort ensanglanté alors que retentissent des sirènes de police)

et puis évidemment :




l'un des plus grands films de tous les temps sur le dernier rempart moral possible face à l'apathie rampante, et la solitude qui accompagne celui-ci.

ainsi s'achève mon post le plus réactionnaire , merci de votre attention icon_mrgreen.gif
post entièrement réalisé en 4/5

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Prodigy 

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Posté 01 juin 2004 - 20:45

Purée avec vos conneries je vote Madelin aux prochaines élections moi 8O

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Hutch 

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Posté 01 juin 2004 - 20:47

Hippie.
post entièrement réalisé en 4/5

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Waco 

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Posté 01 juin 2004 - 22:49

Très chouette ta sélection Hutch. Très cruelle aussi car elle me rappelle que je n'ai toujours pas vu A Bout Portant (John Cassavetes acteur, ça se rate pas pourtant!) sad.gif


CITATION
l'un des plus grands films de tous les temps sur le dernier rempart moral possible face à l'apathie rampante, et la solitude qui accompagne celui-ci

Une phrase comme ça, j'y crois à donf!!

ps : j'ai retrouvé la référence du Mad avec le décryptage de Stefano : c'est le numéro 152 d'avril 2003.
pps : son papier commence également avec la même citation de Don Siegel. Dingue!


ppps :
Philippe Rulez! (c'est mon avis perso. Respectez-le.)

#7

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Posté 02 juin 2004 - 11:17

CITATION(Hutch)
A bout portant  : où Lee marvin enquête sur le passé du magnifique John Cassavettes, qu'il vient d'éxécuter dans une école pour aveugles avec son jeune assistant, avant de remonter jusqu'au traitre commanditaire joué par un Ronald reagan pre-alzheimer

Et Dieu, que ce film est beau et classe surtout dans la scène de répétition du braquage, où l'ancien coureur-Cassavettes- se fait chronométrer (que de tensions ou dans le carnage final (où si je me souviens bien Lee Marvin sort ensanglanté alors que retentissent des sirènes de police)


ouep.
C'est au départ un téléfilm qui fut jugé suffisament bon pour être exploité en salles.
Adapté d'Hemingway, c'est indirectement le remake d'un des plus grands classiques du film noir, The Killers avec Burt Lancaster et Ava Gardner, de Robert Siodmak.
Un des fleurons de la narration non chronologique, qui est devenu la marque de fabrique de beaucoup de romans et films noirs - et remis au goût du jour par Tarantino.

Enfin, tout ça date de l'époque où on savait encore faire les films outre-atlantique icon_mrgreen.gif




Sinon, Waco, tu rulezzzz tongue.gif !
donc pareil que Hutch :
"excellent texte pour un excellent film"


Ah, je voudrais ajouter un mot sur Dirty Harry (je vous rappelle aussi que l'édition intégrale de la BOF sera enfin disponible dans les jours qui viennent icon_mrgreen.gif).
euh...
C'est un super film !
Voilà.

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Waco 

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Posté 02 juin 2004 - 20:45

CITATION(Big Monster)
ouep.
C'est au départ un téléfilm qui fut jugé suffisament bon pour être exploité en salles.
Adapté d'Hemingway, c'est indirectement le remake d'un des plus grands classiques du film noir, The Killers avec Burt Lancaster et Ava Gardner, de Robert Siodmak.
Un des fleurons de la narration non chronologique, qui est devenu la marque de fabrique de beaucoup de romans et films noirs - et remis au goût du jour par Tarantino.

Enfin, tout ça date de l'époque où on savait encore faire les films outre-atlantique icon_mrgreen.gif


Génial les mecs! Grâce à vous, maintenant, je sais qu'il existe en zone 1 un double dvd avec les deux films (le Siodmak & le Siegel)... icon_arrow.gif


C'est formidable!!

ps :
CITATION(Dirty Harry For President)
(je vous rappelle aussi que l'édition intégrale de la BOF sera enfin disponible dans les jours qui viennent ).

Mon dieu, ça aussi c'est formidable biggrin.gif

#9 L'utilisateur est hors-ligne   Hutch 

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Posté 02 juin 2004 - 21:41

CITATION(Big Monster)
Enfin, tout ça date de l'époque où on savait encore faire les films outre-atlantique icon_mrgreen.gif


Y en a encore des bons faut pas éxagérer et dans la même veine, en plus :











Mais bon quand ils sortent , ceux qui pourraient les défendre font la fine bouche (sous prétexte que "c'était mieux avant") et le public qui pourrait les apprécier est pas prévenu ou dégouté...

Mais pour en revenir au sujet : la GROSSE différence entre le Siodmak et le Suegel est que dans ce dernier, ce sont les tueurs qui mènent l'enquête sur les circonstances du contrat sur la tête du condamné ( Cassavettes à la place de Lancaster) et non un simple agent d'assurances.
post entièrement réalisé en 4/5

#10 L'utilisateur est hors-ligne   vendetta 

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Posté 02 juin 2004 - 22:11

J'étais tombé sur ce film plus ou moins par hasard.
Quelle claque!!!
J'ai relu le décryptage de Moïssakis par la suite, qui est en effet un très bon papier... auquel celui de Waco n'a pas grand chose à envier! biggrin.gif

Clint en profiteur arriviste, obsédé et égocentrique: prodigieux.
Les actrices, dont je ne me rappelle plus le nom, sont époustouflantes: la plus jeune en particulier.

Le scénario retors et impitoyable joue de son ineluctablilité pour mieux nous mettre face à la noirceur de l'âme humaine et à la négation de l'innocence.

A VOIR ABSOLUMENT.

Vendetta -et la musique finale est terrible-

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Screamy 

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Posté 02 juin 2004 - 22:40

Je suis tombée sur les Proies par hasard (oui, oui, les excellents films c'est toujours par hasard) sur une des deux chaînes câblées que je peux capter et j'avais lu le papier de la Mousse peu de temps avant : bah le résultat fut au-dessus de mes attentes à la suite de l'article : un vrai drame psychologique de psycho purement horrifique, tordu, terrifiant ! Le superbe post de Waco est plein de pertinence même si la mysoginie du propos de Siegel, bah, il m'a pas franchment choquée, moi qui suis pourtant toujours prête à monter sur mes grands chevaux à ce sujet. Quel gros manipulateur, ce Don ! biggrin.gif Les hommes aussi s'en prennent plein la gueule, dans l'histoire ! icon_twisted.gif
Image IPB

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Hutch 

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Posté 02 juin 2004 - 22:46

Plus que de misogynie (même si il y en a chez Siegel) il s'agit plus d'une vision pessimiste ou plutôt réaliste (tout dépend du point de vue :mrgreeen:) de l'être humain et de sa dualité : l'amour et la haine, la loi et la justice, la liberté et l'ordre... et donc des rapports plustôt conflictuels qui en découlent.
post entièrement réalisé en 4/5

#13 L'utilisateur est hors-ligne   luk 

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Posté 03 juin 2004 - 14:04

CITATION(Prodigy)
Purée avec vos conneries je vote Madelin aux prochaines élections moi 8O


Punk !!!!!!!!!!!!!! :wink:

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Rinaldo 

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Posté 06 juin 2004 - 01:28

A propos de the killers, Ronald Reagan vient de mourir...

J'avais bien envie de creer un topic fausse commune pour l'occasion mais vu son role dans le Siegel, ça serait pas correct.
On oubliera qu'il fut indirectement le fossoyeur du merveilleux cinéma d'une amérique qui doute, ses apparitions dans des trucs pourris, son dernier role...

Sinon chouette post. Va falloir que je choppe ce film...

#15 pirate*

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Posté 11 juin 2004 - 19:47

Bon j'ai cherché un thread dessus mais on dirait que non.

C'est la guerre des sexes qui s'est engagé là bas, sur le forum libre, qui m'a donné envie d'en parler. Il est passé il y a un mois environs sur Paris Première (suite à quoi Eastwood répondait à Lipton, non pas le thé)

Basiquement c'est l'histoire d'un soldat du Nord perdu en pleine guerre de Secession dans le sud, perdu et blessé, qui va être recueilli dans un collège de jeune fille, par pur charité chrétienne... bien entendu.
Au départ, selon Eastwood c'était un roman bizarre, de Thomas Cullinan, promis aux oubliettes et que finalement il fera avec son pote Siegel qui en produira une partie.
C'est l'époque où Eastwood se moque, ou plutôt joue sur son statut de sex symbol (comme dans Play Misty for me) et je dirais même qu'il n'est jamais allé aussi loin dans la mise en abime de lui-même, et du genre masculin.

Le personnage qu'il interprète est menteur, lâche et surtout manipulateur. Ici, pour ceux qui connaisse Pasolini, c'est un peu Théorème au pays des cowboy, puisque Eastwood va séduire absolument tout le monde de la plus jeune à surtout la plus agé. Si bien les séduire que ces patriotes en jupon iront jusqu'à mentir sur sa présence. Mais rien n'est simple, et surtout quand on joue un peu trop les séducteurs trop sûr de lui. Ici ce monsieur dans toute sa plénitude sexuelle et sa belle assurance va comprendre le sens du mot perversité. Puisque donc en face il n'y a que des femmes, et leur violence pour être plus soft, n'en est pas moins beaucoup plus cruelle que celle de ce pauvre gars trop sûr de lui, et qui ne sait finalement que gueuler, menacer, et se saouler.

Ici, sous la gouverne d'une vieille dame esseulée taraudée par le souvenir d'un amour perdu, et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit d'amour incestueux, va se tisser lentement mais sûrement une toile dans lequel le"héros" va finir par se faire dévorer tout cru. De la vieille dame, chef d'établissement sévère et manipulatrice, à la, pardonner moi l'expression, petite salope (dans les bras de laquelle évidemment en gros lourdau de mec qu'il est, il va tomber) en passant par la vierge effarouchée, à la petite fille (extrait concentré de poison à elle toute seule) aucune concession n'est faite à la perversité féminine, pas plus qu'à la franche naïveté confinant à la bêtise du mâle dominant.

Film étrange en effet par son traitement, tout dans les bleus et les vert, son ambiance un peu glauque, qui ne permet pas forcément de l'aborder avec légerté, et surtout d'une subtilité extraordinaire oserais je dire pour un film américain, puisque beaucoup de non dit, peu d'effet appuyée, jouant sur les regards. Par certain côté je le rapprocherais d'un film dont le thème est pourtant loin, l'Incinérateur de Cadavre, par sa froideur et la méticulosité avec lequel le film, et le piège qu'il forme, s'installe.

Voilà donc, à ne pas voir toute fois si vous avez des comptes à régler avec un sexe ou l'autre

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