
Révélé par Rocky IV et son impressionnant rôle d'Ivan Drago,boxeur soviétique monolithique, Dolph Lundgren est propulsé nouvel espoir du cinéma musclé.Mais les choses se gâtent avec les Maîtres de l'Univers,joyeux nanar et four commercial(mérité).
C'est alors que les producteurs et frères Abramoff réussissent à "emprunter" le géant suédois à la pieuvre des gros bras,la Cannon, pour en faire LA nouvelle star du film d'action,celui qui viendra fouler les terres de Sly,Schwarzy et consorts.
L'histoire est la suivante:
L'agent soviétique Nikolaï, un Spetsnaz modèle, est envoyé au Mambaka (ne cherchez pas sur une carte, ce pays n'existe pas...) pour y éliminer un leader rebelle au régime communiste mis en place. Nul ne connaît son identité réelle, exception faite du général Vortek. L 'homme à abattre se nomme Sundata. Nikolaï est envoyé en prison, à la suite d'une rixe. Il y rencontre Kallunda, le second de Sundata, et Dewey Ferguson, un journaliste américain qui traîne ici par humanisme et bien sûr devoir professionnel(l'Amérique s'inquiète du sort des peuples africains opprimés,c'est bien connu !!) ... Les trois hommes s'évadent et rejoignent le camp des rebelles où ils sont accueillis en héros.
Surveillé et enfermé par prudence(c'est un sale ruskov,merde), notre espion essaye de remplir sa tâche,à savoir Sundata. échec... épargné par ses ennemis, mais abandonné dans la savane, il est repris par les russes. Vortek, qui est plutôt du genre radical, ordonne son exécution, non sans lui avoir ménagé un intermède de torture...
Cette séquence a une fonction bien précise dans le cinéma d'action, elle jauge le degré d'héroïsme, de résistance et e musculature de la "victime". Bien ficelée, elle peut faire de l'acteur une vedette immédiate et cataloguée. La référence à un certain Rambo maintenant ne fait plus de doute....
Dans Le Scorpion Rouge, le tortionnaire amoureux de son métier est interprété par Brion James (un des répliquants dans Blade Runner et un castré à la grenade dans Tango et Cash). Nikolaï se libère une nouvelle fois: errant dans le désert,il s'évanouit puis est piqué par des scorpions. Il est alors récupéré par un vieux Bushmen qui le soigne avant de l' intégrer à sa communauté et devenir spirituellement l'un d'entre eux.Un rite de passage marqué dans sa chair,avec la scarification sur sa poitrine d'un scorpion. Alors, avide de revanche et de justice sociale, il organisera un raid sur la base militaire soviétique...
Réalisé par un spécialiste de la série B bourrine (Invasion USA entre autres),Joseph Zito, Le Scorpion Rouge est un "Rambo-like" assez agréable à regarder: les scènes d'action,certes sans génie,sont bien ficelées et donnent leur lot de sensations fortes et d'explosions.
Dolph Lundgren,au sommet de sa forme(gabarit vraiment impressionnant et plus athlétique que notre gonflé de schwarzie), y est tout à fait crédible et se permet,contrairement à d'autres stars de l'action comme Seagal ou Norris, d'un peu diversifier son jeu et même de rire(la scène de complicité avec le bushmen est touchante)
Justement,ce qui donne un peu d'originalité au Scorpion Rouge,c'est justement ce passage central du film où Nikolai connait un véritable parcours initiatique et se lie d'amitié avec le bushmen, ce qui l'aide à s'éclairer sur la réalité de la situation et à le faire changer d'avis: il prendra fait et cause pour les opprimés contre ses anciens supérieurs.
La controverse
Bien entendu, ce film a aussi de sévères défauts,et le principal est ce discours anti-communiste maintes fois rabâché (et d'ailleurs déjà dépassé en 1990,avec la fin proche de l'URSS et la détente Reagan/Gorbatchev), simpliste et pleins de bons sentiments.
Le journaliste américain fait sa leçon de morale, fait découvrir aux jeunes africains les joies de la culture occidentale(comme quand il fait écouter du rock n roll à la radio à de jeunes gamins d'un village) alors que le spetsnaz découvre peu à peu la honte et les horreurs commises par son pays,ce qui poussera bien sûr le héros à changer de camp et prendre la défense des faibles.
Bref, les bons sentiments sont de mise et le manichéisme poussé à son paroxysme,sans égaler toutefois un Rambo III ou un ROcky IV.
Surtout,le film est assez sulfureux en raison de sa production, menée par Jack Abramoff,puissant lobbyiste américain qui a été mis en cause dans de nombreux scandales politico-financiers aux Etats-Unis.Et surtout,le film fut financé en partie par le gouvernement sud-africain d'apartheid afin de se donner une bonne image (vous voyez,nous faisons un film où des blancs aident des noirs à s'affranchir des hordes rouges)et de discréditer l'African National Congress (le principal parti anti-apartheid qui avait fait alliance avec le PC sud-africain)

vous voyez,il est plus varié dans son jeu que Chuck ou Steven !

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