Mad Movies: La Légende de Beowulf - Robert Zemeckis (2007) - Mad Movies

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La Légende de Beowulf - Robert Zemeckis (2007) 1ers avis P.44

#811 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 12:15

Beowulf :

Enfin le retour à de la vraie fantasy (après les enfantins ratages Narnia ou Eragon), un retour aux sources d'une certaine façon puisque ce film est l'adaptation du poème épique du même nom, oeuvre phare de l'épopée anglo-saxonne et nordique dont Tolkien s'inspira entre autres pour son SdA.

Evacuons dès le début le débat sur la technique : Zemekicks est un de ces réalisateurs qui aiment à expérimenter, tester de nouvelles technologies, pousser le médium cinéma le plus loin possible. Ancien poulain de Spielberg, il a gardé de son mentor le goût du spectacle généreux et c'est sans doute la raison pour laquelle il a décidé d'utiliser la nvlle technique de la performance capture pour porter son Beowulf à l'écran. On le comprend rapidement au vu des images : faire ce film en live aurait assurément coûter le double, pour un résultat forcément pas aussi proche de ce que voulait le réalisateur.
Il ne faut pas plus de cinq minutes pour oublier totalement que l'on est en face d'images de synthèse. Dès que l'on est plongé dans l'ambiance, on n'y fait même plus attention : ce sont bien des acteurs que l'on a devant nous, et de nombreuses scènes donnent tout son sens au performance de performance capture. Bien qu'il reste qques passages faisant tiquer, l'ensemble est bluffant de photoréalisme. Pas seulement les visages ou les cheveux, mais les décors, les accessoires, les armes (les mailles paraissent réellement peser !), etc. Bref : nul doute que l'on est en face d'un film, un vrai, et pas juste une démo technique mise en scène par un roublard qui n'aurait rien à dire.
Bien qu'usant de quelques plans purement "épate", Zemekicks se refuse à laisser la technique prendre le pas sur le reste. Au final, la mise en scène reste très classique : tant mieux d'une certaine façon car les nbx dialogues ou scènes intimistes prouvent que les acteurs modélisés ne perdent en rien leur charisme, leur talent. Pas d'esbrouffe mais du solide, du carré, de l'immersif : servant à merveille l'ambiance de cette époque, de cette contrée. Et lorsque arrive l'action (l'attaque du Grendel, une brève bataille, un combat contre un dragon, etc.), le découpage est d'une lisibilité incroyable : tout est clair, le montage reste fluide, le spectacle en est assuré car on a droit à qques plans réellement impressionnants. Le combat contre le dragon est un morceau de bravoure tel qu'on est pas prêt d'en revoir de sitôt notamment.
Bref : toutes les craintes que l'on pouvait avoir du point de vue de la technique adoptée sont dissipées très rapidement. On sort de la salle avec la sensation d'avoir vu un vrai film, je le répète, et non une croûte numérique. C'est déjà un exploit en soi.

Mais ce n'est pas le seul.
Car à cette forme à la fois innovante et classique, s'associe un fond intelligent, un scénario très bien écrit (bien que trop court à mon goût), une atmosphère restituée à la perfection. Les parents qui pensaient emmener leurs enfants voir un Narnia bis sauce Pixar en seront pour leurs frais qd s'entonneront les chants paillards de Vikings avinés, que la violence leur éclatera au visage, que l'histoire s'assombrira peu à peu...
Beowulf n'est pas qu'une péllicule de fantasy, suivant servilement et pas à pas le Monomythe. C'est aussi et avant tout un récit sur la construction d'une légende et sa perpétuation malgré une réalité moins glorieuse, à une époque où les mythes païens vivent leurs derniers jours (ce qui est montré via l'arrivé du christianisme), où les hommes en cette période de transition ont plus que jamais besoin de héros même en sachant ceux-ci imparfaits et menteurs : seuls comptent les chants glorieux qui donnent de l'ardeur au ventre, qu'importe que la vérité soit plus nuancée.
Tous les personnages prennent donc leur place dans cette tragédie quasi antique, servis par les acteurs qui leur prêtent leurs traits et leur talent. Beowulf est ce jeune héros gouailleur prêt à tout pour marquer la légende et qui finira par en payer le prix. Rothgar est ce vieux roi, d'une autre époque, rattrapé par ses péchés et destiné à ne pas connaître le nveau monde. Le Grendel est la créature tragique à l'orgine de toute l'épopée, être pathétique sublimement transposé. Etc. Film d'acteurs et d'histoire bien avant d'être film à grand spectacle, c'est sans doute là la force de Beowulf : parvenir à instaurer l'esprit épique des anciennes légendes dans un récit comptant peu de scènes d'action et reposant essentiellement sur les dialogues (dits et non-dits). C'est l'essence même de l'épopée qui est restituée, sa confrontation avec le réel aboutissant à un goût de cendre et d'incertitude qd vient l'image finale...

Pour un quasi coup d'essai (Beowulf n'est que le 3ème film usant de la performance capture et le 1er qui ait des ambitions si réalistes), Zemekicks réalise à mon sens un coup de maître. Une oeuvre qui ira rejoindre Conan et la trilogie du Seigneur des Anneaux au panthéon des légendes de la fantasy cinématographique. Un film qui ne sacrifie jamais sur l'autel du spectacle ou de la prouesse technologique ses multiples niveaux de lecture. Alors certes, peut-être vieillira t'il à mesure que la performance capture s'affinera ; du moins son apparence. Mais son coeur même, son message et son âme ne prendront pas une ride : tel le Beowulf vieillissant mais saisissant son épée pour aller tuer un dragon.

Clint dit :

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#812 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 12:24

Question aux furieux : pourriez vous me recopier la tirade que sort Beowulf qd le Grendel lui demande qui il est ? Merci ! smile.gif

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#813 L'utilisateur est hors-ligne   McT 

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Posté 23 novembre 2007 - 12:36

Tout d'abord merci à l'archi' pour sa réponse... En faite je crois que j'ai été surpris du dernier plan par rapport à ce que tu en avait dit, je m'attendais un truc comment dire plus "spectaculaire" icon_mrgreen.gif

Ensuite j'ai pas développé dans mon précèdent poste mais j'ai adoré aussi, alors que Le pôle express m'avait vraiment emmerdé, Beowulf est un film contrôlé d'un bout à l'autre et surtout remarquablement écrit, c'est ça le plus important. On a ici la légende brute de décoffrage, une reflexion intéressente sur le mythe du héros, sur la perte de la puissance virile avec le nouveau prophète Christ. Et puis bon la scène de la caverne dupliqué avec les valeurs inversés, quand Beowufl comprend enfin ce qui fait d'un homme, un homme justement, et qu'il décide enfin de terrasser son "ego", merci Joseph Campbell. Et puis y'a tellement d'idée de mise en scène superbe, comme le très long travelling qui part de la salle à "fornication" jusqu'a l'antre de Grendel, magnifique ! Le seul bémol vient encore de quelques raideurs dans les mouvements rapides, et de certaines "performance" un peu en dessous du reste, mais la technique à fait un bond de géant, je pense que le film veillera bien, parce que l'histoire est intemporelle, et raconte toujours et encore la lutte incessante pour le pouvoir, l'ascension d'un Roi et sa chute dans le sens le plus tragique !

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#814 L'utilisateur est hors-ligne   dmonteil 

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Posté 23 novembre 2007 - 14:08

D'ailleurs, un passage me taraude:

lorsque Beowulf se vante en racontant son combat conter les 9 "sea monsters", à l'image, nous le voyons bien se battre contre plusieurs créatures.
Néanmoins, lors de la phase finale de son récit, on voit son visage se modifier. L'impression qu'il est rempli de mélancolie, de tristesse, et le retour au flash-back de son récit nous le montre lui, dans les eaux, face à un soi-disant monstre qui semble être une sirène. Alors que notre héros raconte qu'il a éventrer la bête, à l'image on le voit lâcher le couteau et, il me semble, céder à la tentation (déjà).

J'ai bien compris qu'il s'agit là de la narration "non fiable" du héros vaniteux, mais cette séquence de la sirène, pour vous, est-elle réelle?
J'ai la sensation que, lorsqu'il raconte ce passage, sa tristesse implique que c'est événement réel et un aveux implicite d'échec. Plutôt que d'admettre qu'il a perdu la course à cause d'une femme (ou ce qui s'en rapproche le plus mythologiquement parlant), ce qui présage de la suite, il préfère jouer le kéké.

Mais ce passage demeure un poil flou.


Oui je sais, je me prend la tête...

#815 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 14:17

Non pour moi, ton interprétation est la bonne.
A son récit amplifié et exagéré (montré et dit en voix off) se substitue finalement (uniquement montré) la vraie raison de son échec : déjà il succombe à une tentation non-humaine (ce qui renvoie à ses origines).

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#816 L'utilisateur est hors-ligne   dreef 

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Posté 23 novembre 2007 - 14:20

Vu en 2D et VF mais comme que je suis sur Paris ce WE, je vais tenter d'aller faire un saut chez Mickey parce que là, ça s'impose.

Je passe sur les louages clamées ci et là que je partage globalement (bon gros bourrin, mise en scène impressionnante, vraie dark fantasy bien trempée, overdose de testostérone...) pour tempérer quelque peu. En effet, si l'épée de Beowulf ne m'a pas sauté à la tronche, 2D oblige, ça a été le cas de plusieurs défauts que j'ai trouvé pour le moins flagrants :

- Le côté "attraction" qui demeure à mon goût beaucoup trop marqué. Même si on sent bien que Zemeckis a tenté de se retenir, sur certains plans j'avais tout de même la désagréable impression de jouer à God of War (les monstres marins du début notamment). Il suffit d'écouter les commentaires à la fin de la projection, c'est significatif (wé, je sais, on se cogne de l'avis du grand public, ça n'empêche que c'est révélateur).
- C'est uber minimaliste, à la fois force (direct et brutal) mais aussi faiblesse, à tel point qu'entre deux scènes de castagne, je me suis un peu fait chier. Mis à part Beowulf, la caractérisation n'est pas le fort de l'œuvre et ce ne sont pas les dialogues qui relèvent le niveau, la plupart étant creux voire ridicules (en VF du moins), même si certaines répliques graveleuses et autres chansons paillardes sont savoureuses.
- La raideur des personnages vraiment très marquée au début, même si par la suite on s'habitue un peu, qui risque de faire accuser rapidement son âge au métrage.
- Comme toujours avec les CGI, les textures les plus simples sont les plus dures à restituer et si les faciès barbus et creusés de nos barbares passent sans problème, ce n'est pas le cas du doux visage lisse d'Angelina qui est pour le coup salement foiré (surtout à la fin, lors des derniers plans dans l'eau).
- Beaucoup trop de séquences en intérieur, le manque de décors d'ampleurs se fait vraiment ressentir.

A part ça, on peut se demander l'intérêt d'avoir modifié le récit originel, on gagne en dramaturgie ce qu'on perd en cohérence.

Attention, j'ai bien aimé, hein, qu'on ne vienne pas me trancher la tête à coup de double hache, mais sans plus, ces quelques points m'ayant particulièrement gêné.

Maintenant, j'espère le revoir en Imax 3D histoire de pouvoir en profiter véritablement (en profiter tout court, osons le dire), parce que cette version toute plate elle pue sévère du bec (à défaut d'être tridimensionnelle, c'était en odorama). A chaque plan j'imaginais ce que ça pouvait rendre en 3D, frustrant.

Par les burnes d'Odin !
24 hours in a day, 24 beers in a case. Coincidence?

Bonnasse au cast, daubasse au cut.

#817 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 14:32

Mais avec les lunettes zarb 3D là, on perd pas la couleur ?

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#818 L'utilisateur est hors-ligne   Mechagodzilla 

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Posté 23 novembre 2007 - 14:54

CITATION(Rom1 @ 23 11 2007 - 13:32) <{POST_SNAPBACK}>
Mais avec les lunettes zarb 3D là, on perd pas la couleur ?



ben non

le seul problème (du moins en ce qui me concerne, les autres je sais pas) c'est que les objets au premier plan semblent légèrement transparents.

#819 L'utilisateur est hors-ligne   quarx 

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Posté 23 novembre 2007 - 15:05

J'avais peur aussi qu'on perde en couleurs, mais non, la technologie 3D a quand même bien évoluée.
Mais y a encore des progrès à faire, parce que pour ma part j'étais de temps en temps gêné par des éléments semblant scintiller, comme si mon cerveau arrivait pas à faire la mise au point, à déterminer si tel élément devait être au premier ou dernier plan (notamment la fumée). Assez genant donc, même si ca ne concerne que quelques passages. (et encore plus rarement j'avais l'impression de voir une légère trace verte laissé par un élément en mouvement).
Globalement c'est donc très convaincant, meme si encore perfectible à mon avis.

(et sinon au Kinépolis Nancy on a eu droit à la diffusion avant le film d'un extrait de 4 min d'un film d'animation devant sortir en 2008, Fly To The Moon, conçu spécifiquement pour des projections 3D, et contenant un plan hallucinant où le perso (un mouche en combi spatiale qui flotte dans la cabine d'une fusée, semble vraiment sortir de l'écran et se retrouver à portée de main. Troublant. Et ça m'a fait penser qu'un film de monstre pourrait vraiment se révéler tétanisant avec cette technologie. "Rahhh le requin sort de l'écran !!! NOOOOOOOOOON !!!!!")

#820 L'utilisateur est hors-ligne   SULFURE 

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Posté 23 novembre 2007 - 15:45

CITATION(Mechagodzilla @ 23 11 2007 - 09:02) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(dmonteil @ 23 11 2007 - 08:54) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(L @ 23 11 2007 - 03:03) <{POST_SNAPBACK}>
Alors dans le désordre. 1/ Moi ce plan m'a achevé et pis c'est tout icon_mrgreen.gif 2/ il donne tout son sens précisément parce que c'est un gros plan visage 3/ il donne son sens à la performance capture parce qu'àmha AUCUNE méthode d'animation traditionnelle (ou alors avec le génie des génies) n'aurait pu faire passer une telle émotion dans l'interprétation, aussi intense que celle que livre à cet instant Brendan Gleeson. Non mais v'la toutes les choses qui passent dans son regard quoi !
En tous cas y'a des réactions qui font plaisir. Sincèrement je pensais que le "bouah caca" allait perdurer même après vision du film. Ravi de voir que je me suis trompé. Go les geeks !


D'ailleurs, pour ceux qui l'ont vu Vous l'interpretez comment ce plan final?


ben... Déjà, le fait que le plan se teinte d'une couleur dorée ne laisse pas de doute sur le fait que Gleason va aussi se laisser tenter.
Maintenant,si on regarde bien, la motivation principale d'Angelina Jolie dans le film, c'est d'enfanter des créatures démoniaques qui viendront tourmenter les hommes, même dans les ages nouveaux que représente le christianisme. On pourrait y voir une métaphore sur la persistence des anciens rites dans nos sociétés contemporaines...


Enfin... j'dis ça, j'dis rien


Hum moi je vois ça de manière moins pessimiste et plus "fin ouverte". Dans le raisonnement du personnage de Gleeson, il serait "logique" qu'il tue la créature, symbole du mensonge de Beowulf que Gleeson a voulu croire jusqu'à la fin.
Tout simplement pour l'éternel "Imprimez la légende si la réalité fait pâle figure"...
Si la fin laisse réellement croire que "l'homme" (et non le Héros ou le Roi) puisse lui aussi succomber à la tentation, malgré avoir été témoin de la chute des deux derniers porteurs de la corne de lumière, alors là oui c'est vraiment pessimiste et ca tient du jamais vu pour un tel projet...
On peut y voir aussi un certain côté Excalibur remis à la Dame du Lac...

#821 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 15:58

Je pense que ce plan est volontairement ouvert en fait.

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#822 L'utilisateur est hors-ligne   Elego 

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Posté 23 novembre 2007 - 16:11

Critique de mon gueublo (ouais je sais c'est nul comme mot mais moi aussi j'expérimente !) :

J'aurais essayé un certain nombre d'approches différentes pour parler de Beowulf. Parler d'abord de la technique. Puis non puisque le film va plus loin. Parler du rapport entre la technique et l'artistique. Mais non puisque les deux ne font plus qu'un. Parler du film tout seul ? Certes, mais comment parler d'un film aussi complexe et ambitieux ? Aussi novateur que classique ? Parler de la mise en scène du sieur Zemeckis libérée par la technique ? Du jeu des acteurs qui nous font oublier cette technique tout en étant complètement servi par elle ? Du scénario hallucinant (dément serait un terme plus juste) offert par Gaiman et Avary, libéré de toute contrainte par cette même technique ? De la photographie qui peut tout se permettre jusqu'à se faire oublier ? Bref, difficile question !


Et en effet, Beowulf est une révolution technologique (ou plutôt : Beowulf fait partie d'une révolution technologique aux côtés du Pôle Express, Renaissance ou encore Monster House), mais ne faut-il parler de lui que par la révolution technologique ? Ne serait-ce pas desservir le film que de trop mettre en avant son côté « démo technologique » ? (car après tout, on est à cent lieues des Final Fantasy qui pour le coup sont des démos technologique) Le film va plus loin, il propose un scénario fascinant sur la destruction d'un royaume par des relations perverses et impossible à contrer avec un ton désespéré qui prend aux tripes. Ce sujet central ne l'empêche pas pour autant d'en mettre plein la vue, au contraire même puisque chaque scène d'action voit sa force décuplée par le simple fait de faire avancer l'histoire et les personnages, leur donnant des enjeux dramatiques sans égal jusqu'à l'acte final d'une puissance émotionnelle hallucinante, mélange de courage désespéré et de fausse rédemption. Mais ces mêmes scènes d'actions ne seraient rien si elles n'avaient pas été aussi magistralement mise en scène avec une efficacité aussi tranquille qu'hallucinante. Sa « caméra » libérée (mais peut-on encore parler de caméra ? Le terme restera pour parler du point de vue à l'écran, mais techniquement parlant elle n'existe plus), Zemeckis peut enfin faire la mise en scène qu'il souhaite, de la manière qu'il souhaite et avec les éléments qu'il souhaite. Pour autant il sait rester discret (à l'exception de quelques plans comme un suivi d'une souris ou un travelling arrière à partir d'une glotte), et surtout n'en fait jamais trop (enfin jamais à deux-trois exceptions près, mais ces exceptions sont là pour maintenir un intérêt à l'écran). Le finale est à cette image de douce efficacité : commençant sobrement, calmement pour monter en crescendo jusqu'au climax d'une puissante émotionnelle « hénaurme ».


Mais Beowulf, ce sont aussi des acteurs étonnement crédibles. J'aimerais juste revenir à ce sujet sur une mini-polémique de pacotille à propos de la performance capture. On dit que la performance capture ne sert à rien dans la mesure où « pourquoi ne pas faire un film en vrai ? » et « pourquoi ne pas tout animer ? ». Eh bien tout simplement parce-que la performance capture offre des résultats beaucoup plus naturels et crédibles qu'une quelconque animation, et qu'en même temps que toute animation, elle a un côté « faux » qui – paradoxalement – rend l'entrée dans l'univers du film plus facile (surtout pour un film qui parle de héros et de légendes racontées par des chansons et des poèmes...). Ensuite, pourquoi continuer à parler des acteurs plutôt que tout simplement évoquer les personnages, dans la mesure où les acteurs n'ont plus qu'une place d'étape dans la conception de leurs personnages ? Eh bien tout simplement parce-que c'est la place qu'ils ont toujours eu. Un acteur mal habillé, mal maquillé, mal éclairé, mal filmé et se tenant dans un mauvais décors en récitant un mauvais texte, fusse-t-il le meilleur acteur du monde, ne pourra nullement être crédible. Je ne remet pas en cause l'importance de l'acteur (il est tout simplement vital dans la conception d'un film), mais son importance reste la même avec ou sans la performance capture. Et dans Beowulf, les acteurs sortent grandit de leur passage en 3D. Hopkins qui commençait à se caricaturer depuis quelques films revient à un grand rôle et interprète à merveille un roi désabusé écrasé par une malédiction (son dernier regard en dit plus long que beaucoup de dialogues), Malkovitch est effrayant, Gleeson parfait, Jolie parvient enfin à incarner réellement une femme fatale à la beauté diabolique. Quant à Winstone, il n'est pas qu'un bon acteur interprétant Beowulf, il EST Beowulf, mélange de courage et de vanterie, parvenant parfaitement à retranscrire toutes les contradictions de son personnage (le plus ambiguë du film, ce qui en soit n'est pas rien tant le film évite tout manichéisme primaire malvenue).


Bien entendu ces acteurs ne seraient rien sans de bons graphistes, un bon directeur photo, de bons scénaristes et un bon réalisateur. En fait, personne dans ce film ne serait grand chose sans le reste de l'équipe. Et c'est cette cohérence totale (rarement un film n'aura autant formé un tout) qui le rend si difficile à critiquer, chaque aspect sortant grandit de sa « confrontation » avec les autres aspects.
J'arrive à la fin de ma critique et je me rend compte que je n'ai pas dit un mot sur le score impressionnant de Silvestri, qui, à l'image du reste du film, réussie à se faire oublier tout en donnant une puissance énorme à chaque séquence.


Bref, le mot qui pourrait le mieux caractériser Beowulf est tout simplement le mot cohérent. Rarement chaque aspect du film n'aura autant été imbriqué avec les autres aspects, rarement la forme n'a autant soigné le fond, bref rarement un film n'aura été aussi réussi. Alors oubliez tous les débats futiles à base de « ouais mais en fait c'est pas du cinéma tu vouaaaa » ou de « non mais quel intérêt franchement ? », car au final si Beowulf marquera, ça n'est pas tant pour sa technique que pour le film en lui-même, film cohérent jusqu'à l'os et d'une puissance émotionnelle rare. Bref, jamais le cinéma n'aura autant été du cinéma !

#823 L'utilisateur est hors-ligne   King Kunu 

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Posté 23 novembre 2007 - 17:01

Ben alors, il y a nettement moins de gens qui crache dessus maintenant que le film est sorti. Ils sont parti les gens ?
Ah non, ils ont migré sur le site du Figaro pour lâché des comm. sur l'article d'Arnaud...

#824 L'utilisateur est hors-ligne   Lurdo 

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Posté 23 novembre 2007 - 19:51

CITATION(King Kunu @ 23 11 2007 - 16:01) <{POST_SNAPBACK}>
Ben alors, il y a nettement moins de gens qui crache dessus maintenant que le film est sorti. Ils sont parti les gens ?
Ah non, ils ont migré sur le site du Figaro pour lâché des comm. sur l'article d'Arnaud...


C'est ou ça, ou alors ils zont pas l'occasion de le voir en VO 3D imax qui tue, et donc ils sont pas pressés d'aller le voir en VF 2D toute moche.
"Mediocrity is excellent to the eyes of mediocre people."

#825 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 23 novembre 2007 - 19:55

Je l'ai vu en VF 2D perso.
Cf. ma critique.

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