Mad Movies: La Screwball Comedy - Mad Movies

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La Screwball Comedy

#1 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:45




Sur la proposition de Dmonteil, un petit topic sur un des genres phare de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Genre à la fois très libre et très codifié, la screwball comedy se caractérise par certaines règles bien spécifiques autours desquel les genres les plus divers (le conte moderne, le film de gangsters, la comédie, le drame, le road movie) peuvent être convoqués ainsi que les situations les plus extravagantes et fantaisistes. Le point d'ancrage est toujours un couple antagonistes, se rencontrant pour la première fois ou séparé (on tombe alors dans le sous genre de la comédie du remariage) et destiné à se retrouver ensemble à la fin du film, le plus souvent par un mariage. La screwball comedy relève donc à la fois de la comédie romantique, de la comédie de situation (avec des intrigues généreuses en quiproquos en tout genre) et du slapstick (pour sa propension aux gags et aux catastrophes les plus délirantes). On peut aussi signaler que dans un premier temps la crise des années 30 eu son importance dans la teneur de certaines intrigues (comme sur "New York Miami"), ce qui entraînera sans doute le déclin du genre au milieu des 40's quand celle ci fut passée. Le comédien le plus représentatif du genre reste Cary Grant dont le sens du rythme, l'élasticité, la prestance et la sensibilité en font l'incarnation ultime du genre. D'autres moins immédiatement évident s'y sont essayé également avec brio comme Gary Cooper ou le moins connu Joel McRea. Aucun réalisateur spécifiquement affilié au genre même si ce touche à tout de Howard Hawks lui aura offert ces plus beaux fleurons, le temps de quelques films, de même pour Billy Wilder ou Lubitsch, sans oublier le génial Preston Sturges.

Le genre perdure aujourd'hui à travers l'influence qu'il a pu avoir sur la sitcom américaine qui lui doit énormément (notamment un film comme "La Dame Du Vendredi"), il y a eu quelques tentatives sympathiques de relance avec le génial "Intolérable Cruauté" des frères Coen (en le revitalisant à l'ère du cynisme et du matérialisme moderne sans dénaturer la formule) ou du très bon "Bye Bye Love" avec Ewan McGregor et Renée Zellweger jouant plus la carte rétro en se situant à l'époque même où fleurissait les screwball comedy à Hollywood. En France seul Jean Paul Rappeneau a su donner une réplique crédible aux classiques américains avec notammant l'époustouflant "Les Mariés de L'an Deux" et son couple terrible Belmondo/Jobert.


Maintenant un petit aperçu avec quelques films...

#2 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:45

New York Miami de Franck Capra (1934)



Ellie Andews, jeune fille gâtée, échappe à l'emprise de son père millionnaire qui veut l'empêcher d'épouser un play-boy sans avenir. En route pour New York, elle rencontre Peter Warne, journaliste au chômage. Mais le bus tombe en panne et le couple impromptu se lance dans une folle randonnée improvisée.


LE film fondateur du genre, tout y est déjà, le croisement avec un genre antérieur (ici le road movie), le couple improbable amené à cohabiter avec Claudette Colbert en jeune fille gâtée et capricieuse qui va découvrir la vie au contact du grincheux et cynique Clarck Gable qui va s'adoucir à son contact. Quelques touches d'érotismes bienvenues en plein code hays comme Claudette Colbert qui montre ses jambes pour arrêter les voitures en faisant du stop ou Clarck Gable qui fit baisser les ventes de maillots de corps en dévoilant son torse viril. Seule petite réserve pour ma part, le personnage de Claudette Colbert charmant de bout en bout mais tout de même bien malmené par le machisme paternel de Gable, ce qui s'estompera dans les autres films caractérisé par l'espieglerie des personnages féminins capable de tenir tête aux hommes sans complexe. Seul film avec le Silence des Agneaux a avoir obtenus les 5 Osacras majeur lors d'une cérémonie d'ailleurs.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:46



Howard Hawks mérite bien un post à lui tout seul et pour le coup je vais citer Babarorhum et Waco qui parlaient parfaitement de ces trois chef d'oeuvre que sont "L'impossible Monsieur Bébé", "La Dame du Vendredi", "Allez couchez ailleurs" (un ton en dessous pour moi celui ci tout de même) et le plus tardif "Chérie je me sens rajeunir"

CITATION(babarorhum @ 22 8 2007 - 11:06) <{POST_SNAPBACK}>
L'Impossible Monsieur Bébé(Bringing Up Baby) (1938)

Avec Cary Grant et Katherine Hepburn

Alors là !!! Attention chef d'oeuvre absolu!
Une des plus grandes comédies américaines de l'histoire du cinéma. Hawks utilise le duo Grant/Hepburn qui fonctionne à merveille à cette période (Sylvia Scarlett de George Cuckor par exemple) et livre une comédie loufoque, qu'on appelera la "screwball comedy".
Cette histoire ,d'un paléontologue coincé qui recherche un os de dinosaure et qui est colé par une jeune femme un peu fofolle qui ne pense qu'à son bébé léopard, est une des plus grandes réussites de son auteur. Tous les codes de la comédie selon Hawks y sont présents : ces situations incongrues et caucasses, ces quiproquos, ces dialogues à double signification, et son humour loufoque proche à certains moments des Marx Brothers. Un film qui n'épargne pas une mise en scène prodigieuse et d'un grand souci du détail. Sans parler de la photo dotée d'un des plus beaux Noir&Blanc vu au cinéma jusqu'à présent à l'époque. Mais c'est sans compter les interprétations magistrales de ses deux acteurs, avec un Cary Grant au sommet de son art(qui retrouvera Hawks dans trois autres comédies) et une Katherine Hepburn hillarante et tordante. Un duo splendide qui s'illustre à travers des scènes folle-dingue, comme ce passage du duo comique qui chante une chanson en pleine nuit au pied d'une bâtisse dans l'espoir de faire descendre Bébé, le léopard, planqué sur le toit. Ou alors ce moment cultissime d'une Katherine Hepburn à la robe déchirée au niveau du fessier qui est obligée de se coller littéralement à Cary Grant pour sortir d'un grand restaurant.


La Dame du Vendredi(His girl Friday) (1940)

Avec Cary Grant & Rosalind Russel

Hawks, cette fois ci, adapte une pièce de théatre et produit cinématographiquement une comédie de moeurs, qui à certains moments tend vers la screwball comedy. On y retrouve une nouvelle fois Cary Grant qui incarne un directeur de grand quotidien pret à tout pour récupérer sa femme. Une pièce de théatre qui aura droit à deux autres adaptations dont une de Billy Wilder(intitulée The Front Page avec Walter Mattau et Jack Lemmon). Comédie de moeurs sur le monde journalistique et la presse à sensation, et ses dérives. Hawks livre une critique de la société américaine et de la puissance des médias dans un esprit digne des comédies du grand Capra. Mais la patte du cinéaste est toujours là, et ce à travers ses personnages et son acteur fétiche qui se livre une nouvelle fois à de la pantalonade(mais beaucoup moins que dans L'impossible Monsieur Bébé quand meme!). A travers un homme qui ne recherche que son amour perdu, Hawks joue sur les codes du genre pour mieux se les aproprier et réalise un film drole et intélligent.

Allez Coucher Ailleurs(I Was a Male War Bride) (1949)

Avec Cary Grant, Ann Sheridan

Après s'être essayé au film de guerre, au film noir et au western, Hawks revient à un genre qu'il adore, la screwball comedy. Il y retrouve son pote Cary Grant et réalise une petite comédie bien sympathique. L'occasion pour Grant de se travestir et se faisant passer pour une femme afin de rejoindre sa femme en Amérique après la guerre. Grant y interprète un officier français qui tombe amoureux d'une jeune gradée américaine. Le style de Hawks se retrouve dans ce film, à travers ces dialogues à double entrée et qui produit des situations de malentendus et de quiproquos quasi théatrales. Hawks trouve en Cary Grant l'acteur idéal pour imposer son style comique. Le duo Grant/Sheridan fonctionne à merveille et est vraiment drole. Le film multiplie les scènes comiques avec cette scène d'un Cary Grant qui doit remplir des papiers administratifs stipulant qu'il est une femme devant un officier. Et pis c'est sans parler de Grant déguisé en femme! 10 avant Certains l'Aiment Chaud...
Une petite comédie douce et légère à consommer sans modération.


CITATION(Waco @ 26 8 2007 - 14:19) <{POST_SNAPBACK}>
Dans la section screwball comedy, je me permets d'en ajouter un autre, Monkey Business (j'espère que babarorhum ne m'en voudra pas).


(j'ai pas trouvé l'affiche US sad.gif )

Réalisé en 1952. Avec Cary Grant, Ginger Rogers, Marilyn Monroe

Cette fois-ci, on prend un singe à la place du léopard, on secoue très fort, on attend quelques secondes puis on admire le résultat (brillant, comme il se doit).
Ca fait un petit bout de temps que je l'ai pas revu mais je me rappelle quand même bien (malgré ma mémoire défaillante du haute de mes 78 ans) d'une autre de ces comédies pleine de rythme, d'inventivité et de vitamines, avec notamment un démarrage foudroyant puisque le générique de début est interrompue par la voix de Hawks lui-même (enfin, je pense que c'est lui) qui interpelle Grant en lui signifiant qu'il entre trop tôt en scène... Et c'est parti ensuite pour 1h30 de délires en tout genre avec ce chimiste qui aurait réussit à mettre au point une formule censée redonner aux vioques (les plus de 30 ans...) leur 20 ans (voir beaucoup beaucoup beaucoup moins...). Les situations sont un peu moins "hystériques" qu'avec Bringing Up Baby (qui reste la meilleure comédie du maestro à mon avis) mais c'est tout de même très très très super méga génial et que plus de 50 ans après, ça continue à mutiler tranquillement 99,99% des comédies sorties après les années 70...
On y retrouve avec plaisir Cary Grant, encore et toujours over the top dans ce genre de situation (le type totalement déphasé qui court de catastrophe en catastrophe), une Ginger Rogers étonnante, notamment sur la deuxième partie du film où elle se lâche grave et une Marilyn Monroe dans la peau d'une secrétaire incompétente, douce et sexy.


Bref, Monkey Business est un trip "régressif", comique et intelligent que je recommande chaudement à toutes celles et à tous ceux qui ont paumé leur âme d'enfant.


Et je m'autoquote moi même sur le tout aussi génial Ball of Fire

CITATION(profondo rosso @ 24 4 2008 - 02:25) <{POST_SNAPBACK}>
Ball of Fire (1941)



Huit professeurs un peu alunés rédigent depuis 9 ans une encyclopédie pour le compte de la généreuse fondation Totten. Ils sont menacés par Miss Totten et son cerbère qui veulent leur couper les vivres s’ils ne bâclent pas dare-dare leur coûteux labeur. À grand prix, ils obtiennent un sursis. Mais un bouseux vient remettre en cause par son arrivée fortuite l’article de l'éminent Professeur Bertram Potts (Gary Cooper) consacré à l’argot. Il prend la décision d’explorer méthodiquement les moindres recoins de la ville afin de récolter des mots et s'échine à convoquer pour une conférence rigoureusement scientifique quelques hominidés afin de leur tirer les vers du nez. Un des spécimens semble l’intéresser particulièrement pour la richesse de son vocabulaire : Sugarpuss (Barbara Stanwick). Mais Pottsy ignore qu’elle fricote avec des gangsters et qu'elle est traquée par la police.

"Blanche Neige et les Sept Nains" revisité à la sauce screwball comedy sur un scénario de Billy Wilder et Charles Brackett mis en scène par Howard Hawks, difficile de faire plus alléchant. Une très grande réussite bizarrement peu citée parmis les perles de Hawks sans doute parce que ça ressemble bien plus à ce que donneront les plus mémorables comédies à venir de Wilder. On retrouve donc une intrigue pleine de quiproquos et de faux semblant avec Barbara Stanwick réfugiées chez les nains/professeurs pour échapper à la police et qui va tomber bien malgré elle sous le charme du professeur coincé incarné par Gary Cooper. Hawks ne se laisse néanmoins pas déborder par la patte Wilder, il confère au personnage de Barbara Stanwick une gouaille et une autorité que n'ont en général pas les héroïnes pleine de candeur de Wilder (hormis... Barbara Stanwick dans "Assurance sur la mort" quel hasard !) et force largement le trait cartoonesque dans le portrait des professeurs. Le début est donc des plus tordant dans sa description de ses intellectuels verbeux au quotidien étriqué dénué de loisir avec Gary Cooper le plus austère de tous qui en fait des tonnes, totalement déconnecté du monde et voué à sa discipline. Les moments de tendresse à la Wilder sont des plus craquant comme la séduction progressive entre Stanwick et Cooper totalement dépassé, ou encore la scène où il lui fait par erreur une touchante et maladroite déclaration. Barbara Stanwick est également parfaite de bout en bout, interéssée et superficielle en apparence mais qui finit par céder à la maladresse de Cooper. On regrettera juste un final un peu expédié et moins maitrisé que le reste, mais si bien dans l'esprit cartoon du film. 5/6


Allez faire un tour sur le topic Hawks qui découvrir d'autres perles du Monsieur !

#4 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:47

Cette Sacrée Vérité de Leo McCarey (1937)



Jerry Warriner et sa femme Lucy se mentent depuis longtemps sans en être dupes. Ils décident donc, d'un commun accord, de divorcer. Ils s'engagent tous les deux à d'autres personnes : Lucy avec un riche mais ennuyeux homme d'affaire d'Oklahoma qui voyage avec sa mère, Jerry avec Barbara Valance, une jeune héritière. Chacun fait de son mieux pour que les plans de l'autre échouent...

Une merveille de screwball comedy enjouée de bout en bout où Cary Grant et Irenne Dunne couple fraichement divorcé (on entre donc dans la comédie du remariage également) vont tenter tant bien que mal de se rabibocher. Des gags, quiproquos et réplique vachardes à la pelle où notre couple s'en donne à coeur joie pour humilier l'autre (Cary Grant qui croise les doigt en faisant l'éloge de sa femme, qui la chatouille pendant la déclaration d'un prétendant, cette dernière qui se fait passer pour une soeur déjantée devant sa fiancée). Cary Grant une nouvelle fois génial notamment lors de scène génial avec le chien (le chien le plus drôle vu dans une comédie un acteur né biggrin.gif ) et Irenne Dunne dans un rôle plus timoré au départ se lache complètement lors d'un final hilarant. Les seconds rôle ne sont pas en reste avec Ralph Bellamy qui fait un plouc de l'Oklahoma plus vrai que nature. Réalisation alerte et au timing comique parfait de McCarey (qui a débuté chez les Marx Brothers une bonne école) notamment une baston hors champs de Cary Grant qui finit en gros chaos ou encore la géniale scène finale romantique et chargée de tension sexuelle. 5/6


Lune de miel mouvementée de Leo McCarey (1942)



Vienne 1938. Katie O'Hara, une jeune chanteuse américaine, épouse un riche baron proche des nazis, ce qu'elle ignore. Pat O'Tool un journaliste mondain brittannique qui enquête sur ce mariage, est séduit par Katie et commence à s'intéresser aux activités de son mari. Il décide alors de les suivre dans leur lune de mile à travers une Europe en guerre.

Dans la lignée du "To Be or not to be" de Lubitsch, une comédie d'espionnage sur fond de deuxième guerre mondiale où Cary Grant doit sauver Gingers Rogers jeune américaine mariée sans le savoir a un nazi. Un sérieux problème de rythme avec pas mal de longueur mais l'abattage et le charisme de Cary Grant (génial comme d'habitude) ainsi que le charme et la classe de Ginger Rogers blush.gif fait passer ces petits défauts. Le scénario réserve d'ailleurs pas mal de surprises, ça démarre comme une screwball comedy pur jus avec son lot de quiproquos pour se conclure dans un quasi remake en plus léger des "Enchaînés" de Hitchckock. Un petit bijou tout simplement.

Plus mineur mais scénarisé et produit par McCarey qui dû y renoncer après un accident.

Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940)
Cary Grant fraichement remarié voit ressurgir son épouse qu'il croyait décédé dans un naufrage depuis 7 ans. Très sympathique screwball comedy, des gag et des quiproquos en pagaille et un Cary Grant irrésisitible en grand indécis, un timing comique parfait en toute situation. Randolph Scott échappé du western est excellent aussi en grand séducteur. Dommage que la fin qui voit la reconquête mutuelle des deux amoureux traine tant en longueur ça gache un peu la bonne impression de l'ensemble. Kanin n'est pas McCarey mais s'en sort tout à fait honorablement.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:49

On passe à un autre grand d'Hollywood qui a offert plusieurs perles de screwball comedy dont ces deux là, George Cukor

Indiscretions (1940)



Fille de la haute société de Philadelphie et de fort tempérament, Tracy Lord a gardé peu de temps son premier mari, le play boy C.K. Dexter Haven. Deux ans plus tard, elle est sur le point de se remarier avec un homme d'affaires en vue, ce qui intéresse au plus haut point le magazine Spy, à qui Dexter promet les entrées nécessaires à ses deux reporters, le journaliste Macaulay Connor et la photographe Liz Imbrie.

Très agréable, un des films les plus reconnus de son auteur. Le casting prestigieux (Cary Grant, James Stewart, Katherine Hepburn) s'en donne à coeur joie avec quelques répliques bien vachardes et des quiproquos assez drole, la situation de départ s'avérant bien rocambolesque. Katherine Hepburn trouve un de ses meilleurs role en bourgeoise hautaine et exigeante qui va dévoiler ses failles. La scène où complètement saoul elle se déshinibe est aussi drole qu'émouvante. Le final est néanmoins un peu trop tiré par les cheveux. Pas énormément fan malgré la notoriété du film, puisque la vraie perle de Cukor c'est ça

Vacances (1938)



Johnny Case doit épouser Julia Seton, la fille d'un banquier. Mais il s'éprend de Linda, la soeur de Julia. Le soir des fiançailles, Johnny et Linda partent avec des amis visiter le monde sur un bateau. Il vont vivre des moments intenses..

Très beau film contre le carcans des apparences, la courses à la réussite materielle et le conformisme. Cary Grant sur le point de se retrouver coincé dans un mariage en forme de prison doré va trouver en Katherine Hepburn la soeur de sa fiancée un esprit libertaire proche du sien. Grande prestation de Katherine Hepburn émouvante en fille riche étouffée dans son milieu et de Cary Grant grand enfant dont la legereté s'estompe au fur et à mesure qu'il est happé dans la haute société. Quelques très belles scènes entre les deux comme toute la longues séquence de la reception improvisée en plein bal guindé ou le début très drôle ou Cary Grant fait l'ahuri dans la trop grande maison luxueuse de sa fiancée. La confrontation d'une idéologie plus libertaire (presque hippie avant l'heure) et d'une autre plus pragmatique et matérialiste, chef d'oeuvre bien supérieur à "Indiscrétion" donc.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 21:50

Et on conclut pour l'instant avec le grand Preston Sturges, très grand réalisateur aussi doué qu'un Wilder ou un Lubitsch, un peu oublié pendant des années et revenu en grâce cinéphile quand les Coen lui rendirent hommage avec leur "Oh Brother". Il a apporté une vraie audace et une vraie sophistication thématique et narrative à la screwball comedy à travers ces quelques films.

Les Voyages de Sullivan (1942)



Un réalisateur américain renommé pour ses comédies mais lassé d'Hollywood, décide de produire un film plus dramatique et ancré dans la réalité : O Brother Where Art Thou. Déguisé en clochard, il essaie de comprendre les aspirations des milieux défavorisés.

Un réalisateur de comédie légere décide de se lancer dans le drame en hommage au pauvre et pour maitriser le sujet décide de vivre la vie de clochard muni de 10 cents pendant quelques jours. Le fameux film qui a inspiré le "Oh brother" des freres Coen (et dont le titre est repris du film imaginaire de Sullivan). On retrouve d'ailleurs pas mal de similitude entre Sullivan et le personnages de Barton Fink avec cettee volonté commune mêlé de compassion et de condescendance de livrer une grand oeuvre sur "l'homme du peuple" qu'on ne connait guère finalement.
Comédie trépidante où la pauvreté et la misère sont montré dans toute leurs crudité sans négligé l'humour constant dans une première partie avec un Sullivan ayant toujours une solution de secours quand sa condition devient trop intolérable.
La dernière partie est donc vraiment surprenante en versant complètement dans la noirceur avec un Sullivan livré totalement à lui même subssant violences et humiliation ce qui va definir son parcours e lui faire comprendre ce qu'il a de mieux à apporter au pauvres: de la joie de vivre.
Réalisation assez impressionnante de Sturges du Lubitsch/Wilder en plus délirant et moins ouvertement porté sur le dialogues (même si pas mal de répliquent d'anthologies fusent). Et impossible de ne pas tomber amoureux de Veronica Lake en femme enfant sexy.

Pas son meilleur mais fort agréable tout de même

Lady Eve (1941)



Henry Fonda est un chasseur de serpent et héritier un peu naïf qui au retour d'une expédition va tomber entre les mains d'une arnaqueuse incarné par la troublante Barbara Stanwick. Afin d'amener le basculement et le jeu sur les identités et la personnalité de la 2e partie, Sturges bacle un peu la première avec un couple qui tombe un peu trop rapidement amoureux et une Barbara Stanwick qui retrouve un peu trop vite le droit chemin par amour (c'était bien mieux amené dans "Ball of Fire" de Hawks dans un registre voisin). La 2e partie est nettement plus amusante avec Barbara Stanwick qui en fait des tonnes en se faisant passer pour une aristocrate anglaise et un Henry Fonda (assez agaçant d'innocence et de naïveté à la longue) particulièrement empoté qui multiplie les chutes et les gaffe en tout genre. La conclusion fait assez baclé également, sympathique mais on est loin des grands Sturges.

Bien que ne relevant pas totalement de la screwball comedy même s'il en comporte la plupart des éléments, son grand chef d'oeuvre pour lequel je m'autoquote du topic films à sketch

CITATION
Infidèlement Votre (1948)



Un chef d’orchestre (Rex Harrison) en est persuadé : sa femme (Linda Darnell) le trompe ! Alors qu’il dirige un concert, il imagine trois manières de la tuer, au gré de l’inspiration que lui apportent les musiques de Rossini, Wagner et Tchaïkovski.


Les trois fantasmes constituent chacun des films dans le film qui le font basculer d'un genre à l'autre selon le compositeur que le chef d'orchestre dirige avec une fluidité exemplaire. La grosse comédie noire déjantée (Rossini), le drame pathétique tellement forcé qu'il en devient hilarant (Wagner) et le romantisme bien guimauve et ridicule (Tchaïkovski).

La réalisation est tres inventive et virtuose notamment pour l'introduction à chaque fantasme par un travelling avant dans l'oeil et les pensées du heros. Les acteurs sont geniaux, Rex Harrisson excelle en jaloux maladif et meurtrier et revele des qualités burlesque insoupçonnées dans la derniere partie du film où il va se rendre de compte de la difficulté de realiser son crime dans le monde réel. Linda Darnell tout aussi bonne qui s'adapte parfaitement à toutes les direction que le film prend, épouse aimante dans le monde réel, trainée ou rongée de culpabilité selon les fantasmes.


Voilà c'est tout pour l'instant sweat.gif (tu m'auras fait suer Dmonteil icon_mrgreen.gif ) je ne reviens pas sur Wilder et Lubitsch qui ont leurs topic respectifs où on aborde leurs apport au genre,seul Hawks par son caractère fondateur me paraissait indispensable à replacer ici tout de même à vous maintenant !

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Elego 

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Posté 05 mars 2009 - 22:37

Super topic prof smile.gif

Parmi les films que t'as cité je n'ai vu que L'impossible monsieur bébé et Chérie je me sens rajeunir de Hawks, et j'ai vraiment bien aimé les deux (avec une large préférence pour monsieur bébé quand même wub.gif ), si les autres films de ta liste sont à moitié bien que ces deux-là, je dis banco ! cool.gif

Je reviendrais après avoir vu Indiscrétions qui m'attend sweat.gif

#8 L'utilisateur est hors-ligne   dmonteil 

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Posté 05 mars 2009 - 23:13

AAahhh my man !

Merci bien prof'.

Donc perso, je n'ai pour l'instant vu que The Awful Truth (Cette Sacrée Verité) qui est un des films qui m'a le plus fait rire dernièrement.

Outre un couple d'acteur formidable d'humour, de sens du timing et de complicité (j'adore les petits regards qu'ils peuvent s'échanger par moment), outre le scénario qui va à 100 à l'heure, qui enchaine les séquences d'anthologie (j'arriverai même pas à en citer en particulier tellement il y en a), j'ai trouvé que la mise en scène de McCarey se faisait particulièrement ingénueuse du point de vue de la gestion de l'espace et dans la maîtrise du cadre. Le cinéaste sait où poster ses comédiens, sait comment agencer ses décors pour optimiser au maximum le comique des situation ou des dialogues.

En gros, j'ai trouvé le film absolument remarquable de bout en bout.

L'Impossible Monsieur Bébé et La Dame du Vendredi (et Indiscrétion aussi, mais qui me tente un poil moins) seront diffusés en fin de mois sur TCM, donc je vais pouvoir les découvrir (et j'en suis bien heureux) !

Sinon, effectivement le Intolerable Cruelty des Coen est bien dans la veine (même si ça joue pas dans la même cours que le McCarey), et Clooney est probablement un des rares acteurs contemporains à pouvoir prétendre à la classe des acteurs d'antan.

Et sinon, je me trompe peut-être, mais j'ai la sensation que pas mal d'échanges verbaux dans The West Wing (A la Maison Blanche) et surtout The Gilmore Girls peuvent se rapporter à de la Screwball Comedy

#9 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 05 mars 2009 - 23:28

CITATION(dmonteil @ 05 3 2009 - 22:13) <{POST_SNAPBACK}>
(et Indiscrétion aussi, mais qui me tente un poil moins)



Comme je le disais je le trouve un poil surestimé celui là mais c'est à découvrir quand même, par contre "Vacances" c'est juste indispensable. Tant qu'on est sur Cukor, en autres screwball comedy plus mineures mais à voir "Comment l'esprit vient femmes" où William Holden devient le pygmalion de la blonde écervelée jouée par Judy Holiday. L'idée est excellente mais la prestation de Judy Holiday est assez horripilante, cepandant le film a ses fans donc c'est quand même à tenter quand on attaque le genre.

Et celui là aussi



Katharine Hepburn (assez emblématique du genre aussi au même titre que Cary Grant) est une jeune championne de tennis qui passe le film à s'engueuler avec son entraineur joué par Spencer Tracy, les deux finissant naturellement par se tomber dans les bras l'un de l'autre. Pas un chef d'oeuvre mais très plaisant, le meilleur du duo Tracy/Hepburn qui entament là leurs 6e film ensemble.("Madame porte la culotte" avec la même équipe est pas mal non plus)

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Doc Personne 

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Posté 06 mars 2009 - 00:01

Ah non non non, Philadelphia story c'est de la balle. bluesbro.gif Des répliques qui fusent à 100 à l'heure.
De même que le mésestimé Allez coucher ailleurs que tu cites mais qui est quand même très bon avec des séquences d'un délire rare (je pense à la nature de sa perruque icon_mrgreen.gif ) Et puis faut voir les mimiques de Cary sur grand écran pour bien en profiter.

Parmi les films que tu cites je ne connais pas Holiday mais vu qu'il y a Cary, je vais m'empresser de le rechercher. wink.gif

L'impossible monsieur bébé et Chérie je me sens rajeunir sont très très bons.

J'ai par contre beaucoup moins accroché à "His girl friday" mais je pense que j'étais trop crevé car l'un de ses remakes Scoop avec Katleen Turner, Burt Reynolds et Christopher Reeves m'avait bien fait rire (il me tarde de découvrir Special Premiere)

Sinon, Spielberg a rendu à mon sens, un hommage à la screwball comedy dans la scène de séduction du Temple maudit.



#11 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 06 mars 2009 - 00:18

CITATION(Doc Personne @ 05 3 2009 - 23:01) <{POST_SNAPBACK}>
Ah non non non, Philadelphia story c'est de la balle. bluesbro.gif Des répliques qui fusent à 100 à l'heure.



J'avais été un peu déçu en le découvrant vu le cast et la notoriété du film mais ça n'en reste pas moins très bon malgré tout, à revoir pour réévaluer peut être. Mais comparé à Holiday qui est une vraie perle d'humour et d'émotion, et qui brasse des thèmes assez novateurs je trouve ça très inférieur (saute dessus ça tue et le dvd zone 1 coute rien ou presque !). De toutes façon Cukor il y a à boire et à manger dans sa pléthorique filmo...

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 06 mars 2009 - 00:39

T'en as pas mare prof de faire que des topics qui ont la classe ? (bravo !)

Pas encore tout lu mais j'en profite pour parler d'un petit film que j'adore dans le genre, moins connu que les gros tubes proposés (qui sont tous des très bons films, The Philadelphia Story y compris non de non !)



Vivacious Lady
- Mariage Incognito - 1938 - Georges Stevens

Un jeune professeur un peu naïf (James Stewart dans un de ses rôles de jeune ahuri) vient à New York pour récupérer son cousin fétard qu'il récupère dans une boîte de nuit. Celui-ci lui annonce qu'il va se marrier. James Stewart est évidemment outré et s'apprête à partir lorsqu'une chanteuse (Ginger Rogers) commence son numéro. Subjugé, James Stewart regarde son numéro de chant et reste muet lorsqu'elle vient ensuite s'assoir à sa table. Il s'agit bien évidemment de la fille que son cousin souhaite épouser. Il passe finalement la nuit ensemble dans les rues de New York et décide de se marrier. James Stewart la ramène ensuite dans le village où se trouve l'université où il enseigne et qui est dirigée par son père. Ne voulant pas annoncer trop brutalement son mariage à ses parents, James Stewart décide d'attendre le bon moment. Les quiproquos vont bien sûr se succéder. Le jeune couple réussira-t-il à les surmonter ?

Nous avons donc un couple de stars (Ginger Rogers est très jolie), des situations comiques survoltées, une critique légère sur la bienséance et une histoir d'amour chouette. Bien sûr on n'est pas au niveau d'un Lubitsch ou d'un Hawks, c'est moins mordant mais j'ai vraiment un faible pour ce film où Ginger Rogers file des baffes à une nana avant de se battre et de se faire piquer les fesses avec une épingle à chapeau, où James Stewart se prépare pour sa nuit de noces en se bordant jusqu'au cou, où notre héros se retrouve bourré comme un coin pendant un de ses cours pour faire exploser son image de prof austère et raisonnable. Si vous ajoutez à cela les allusions sexuelles ordinaires aux films de cette époque qui ne pouvaient s'offrir plus, vous avez là un très bon exemple de screwball comedy. C'est léger, naïf et tendre mais aussi intelligent et précis, très sobre dans la réalisation. Du tout bon ! Et enplus on a l'avantage d'être les seuls à pouvoir en profiter en dvd, dans la collection RKO (donc trouvable pas cher).




Bon sinon, comme pour le film noir ou le western, des bonnes comédies il y en a par paquet de douze mais je lis un peu le topic classieux de l'ami prof (qui nous venge de Cyprien) avant de parler de The Awful Truth, de Topper, de l'Extravagant Mr Ruggles, de Infidèlement Votre, du Défunt Récalcitrant ou de Lune de Miel mouvementée...


EDIT : TiensProf vu que tu parles de Veronica Lake, je viens d'avoir une résurgence. Ma Femme est une sorcière, une eternité que je l'ai pas vu celui-là (j'avais douze-treize ans) mais je me souviens avoir adoré. Il me semble que c'est de René Clair mais pas sûr, puis je ne sais pas si ça existe en dvd ?
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#13 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 06 mars 2009 - 01:18

Pour le topic le mérite revient aussi à Dmonteil qui a proposé l'idée (avec tout les amateurs de Lubitsch et Wilder qui trainent par ici on aurait dû y penser plus tôt). Pas vu ce mariage incognito ça a l'air fort sympathique en plus j'aime beaucoup George Stevens en général. Tant qu'on parle de Ginger Rogers tu m'as rappellé ce joli film méconnu


Mademoiselle et son bébé de Garson Kanin (1939)



Une jeune employée sur le point d'être renvoyée se retrouve par erreur avec un bébé sur les bras, ce qui lui attire l'attention du jeune et oisif fils du patron (David Niven).
Une charmante petite comédie avec une Ginger Rogers épatante (qui abandonnait avec ce film ses rôles de comédie musicales) tour à tour acide et pince sans rire ou encore attendrissante en mère improvisée. Elle forme un couple idéal avec David Niven (excellent dans un de ses 1ers rôle majeur). Quelques scènes très drôle (comme ce dîner mondain où Ginger Rogers se fait passer pour une suédoise ne sachant pas parler anglais) un thème osé pour l'époque (même s'il résulte d'un quiproquos et évite ainsi le côté scandaleux) sur les mères célibataire, le charme opère de bout en bout.

Et pour Ma femme est une sorcière j'avais adoré aussi gamin je le reverrais bien aussi tiens, le zone 1 est pas très cher mais pas sûr pour les sous titres, et le zone 2 coûte la peau du cul

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 06 mars 2009 - 02:12

CITATION(profondo rosso @ 06 3 2009 - 00:18) <{POST_SNAPBACK}>
Et pour Ma femme est une sorcière j'avais adoré aussi gamin je le reverrais bien aussi tiens, le zone 1 est pas très cher mais pas sûr pour les sous titres, et le zone 2 coûte la peau du cul


Oui mais non C'est commandé. Sûrement sans sous-titres par contre mais je m'en fous !
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#15 L'utilisateur est hors-ligne   Twain 

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Posté 06 mars 2009 - 16:09



Le meilleur film de screwball comedy pour moi...d'ailleurs c'est tellement à l'ouest et déjanté que je me demande si ça en fait encore parti!
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