Autant annoncer la note tout de suite.
Et c'est d'un 3/6 bien payé dont il s'agit.Alors oui, "The expendables" est un film de bourrins qui s'assume en tant que tel et où le rythme est effectivement très tenu mais cela en fait-il pour autant un bon film ?
S'il parait évident que Sylvester Stallone a voulu retrouver l'ambiance du cinéma d'action des années quatre-vingt (le meilleur diront beaucoup même si je ne suis foncièrement pas d'accord avec eux, ne vouant un culte ni à Sly, ni à Schwarzie, ni à Lundgren et encore moins à Norris !), il en a également saisi peut-être inconsciemment les scories les plus radicales qui faisaient que bon nombre de ces spectacles à base de testostérone étaient aussi fort bas de plafond et peu regardants sur la qualité de leurs script, même si parfois agréables et divertissants.Agréable et divertissant, "The expendables" l'est, assurément. Comme je l'ai déjà mentionné plus haut, il y a de l'action et de la vitamine. Je n'attendais pas un spectacle à haute teneur philosophique intense non plus mais l'argument qui consiste à dire qu'il faut enlever son cerveau avant d'entrer dans la salle est une échappatoire un peu trop facile selon moi. Car un film divertissant mais stupide s'apparente à mon avisplus à un nanar qu'à une oeuvre respectable.
Alors, nanar "The expendables"? Oui, quand même. Assumé ? Je n'en sais rien. Voulu ? Ça m'étonnerait. Mais l'accumulation de clichés dignes des pires productions Nu Image (ah ben ça tombe plutôt bien, finalement, c'est produit par Avi Lerner^^) se fait cruellement ressentir durant tout le film, tant son scénario est balisé de tout ce qui pouvait se faire dans le genre lors de la décennie quatre-vingt. Ainsi voit-on défiler héros virils, trahison, méchant dictateur d'un pays d'Amérique du Sud, appui d'un méchant de la CIA ou d'une organisation gouvernementale similaire, élément féminin dont l'utilité demeure discutable et à ce titre, Charisma Carpenter et Giselle Itié ne servent pratiquement à rien même si le personnage de cette dernière symbolise la motivation au retour des mercenaires sur l'île, jamais la moindre étoffe ni le moindre caractère ne sont développés. Et puis utiliser le rock sudiste des années soixante-dix pour bien signifier que ces héros armés en ont dans le caleçon ça passait sur "Harley Davidson et l'homme aux santiags" probablement mais aujourd'hui ça prêterait plus à rire qu'autre chose.
L'histoire se déroule donc de la manière la plus classique qui soit, mais c'est un classicisme qui malheureusement donne l'impression qu'on a vu déjà ça mille fois, et pas dans les meilleurs films en plus. Je m'attendais tout de même à ce que Sylvester Stallone se fende d'un scénario un tout petit plus élaboré mais non, ce ne sera pas le cas et, une fois parmi tant d'autres, j'imagine qu'on me sortira l'argument du "trip nostalgique 80" pour justifier le pardon.
Ensuite, sur un aspect purement technique, la réalisation n'est franchement pas extraordinaire non plus même si le film demeure lisible la plupart du temps, bien que Sly s'abandonne à quelques mouvements de caméra qui s'affole mais c'est tellement devenu une norme aujourd'hui qu'à force ça lasse plus que ça n'agace. Néanmoins, je m'attendais à quelque chose de bien plus spectaculaire et jamais je n'ai été bluffée par la mise en scène. Même lors du feu d'artifice final (à l'occasion duquel un palais est réduit à néant d'une façon bien cheap), on se contentera d'un terrain d'action assez restreint et d'une longue séquence dans un tunnel qui fait penser à un actionner sans le sou tourné en Roumanie. Ce n'est sans doute pas du même niveau excessivement bas qu'un <b>"Universal Soldier régénération"</b> mais je me demande, outre dans les poches de son casting, où sont passés les quatre-vingt millions de Dollars qu'à couté le film car "The expendables" n'a pas l'étoffe visuelle d'une production de cette envergure financière.
A ce sujet, l'ouverture dans le cargo n'est pas vraiment spectaculaire mais le souci réside dans le fait que si Sylvester Stallone souhaite souhaitait ne pas trop en montrer tout de suite pour mieux en mettre plein les yeux à ses spectateurs par la suite, c'est plutôt raté.
Au moins il s'est calmé sur les excès gore de son "John Rambo" ,à l'exception d'un homme coupé en deux, de quelques amputations et d'effusions de sang dues à des coups de couteau, et ce n'est pas plus mal car au moins n'a t-on pas l'impression d'assister au"Braindead" du film de guerre.
Pour en terminer avec les points négatifs du film, je rajouterais que le casting "prestigieux" n'est jamais vraiment exploité non plus. Je ne m'exprimerais même pas sur Randy Couture, Terry Crews et Steve Austin tant leur présence résulte plus de l'anecdotique que de l'importance vitale. Malheureusement, le reste n'est pas bien mieux loti à l'exception de Stallone lui-même et de Jason Statham, dont le temps de présence à l'écran est je dirais normal. Jet li ne sert pas à grand chose non plus, et si l'on additionner les minutes que durent ses scènes, je pense qu'on en serait à vingt ou vingt-cinq minutes contre une bonne dizaine pour Lundgren qui lui aussi semble être là juste parce que c'est un copain du réalisateur. Son personnage de chien fou n'est à aucun moment développé
David Zayas n'a vraiment pas l'étoffe pour incarner ce dictateur ambigu, difficile à cerner mais souffrant du même type de traitement que la plupart des autres et empêchant ainsi de maitriser le personnage. Eric Roberts, capable du pire comme du meilleur, joue ici hélas dans la première catégorie avec l'air auto-satisfait du méchant sadique de service. Enfin, Mickey Rourke se paye le "luxe" d'une séquence Actors Studios bien plus risible que dramatique, l'acteur ayant décidé depuis <b>"The wrestler"</b> de n'exhiber que son fond de commerce d'écorché vif uant à Bruce Willis et Arnold Schwarzennegger, leur scène de deux minutes (dont quarante-cinq secondes pour le gouverneur de Californie) est effectivement plus un clin d'oeil qu'autre chose donc pas de commentaire.
"The expendables" est donc à mon avis une expérience bien vite oubliable dont les mois de spéculations ou de gorges chaudes dans la presse ou sur l'Internet et les forums se révèlent finalement bien vains et très loin de la réalité. Stallone disait qu'il voulait réaliser un film d'action comme on n'en fait plus, mais il a plus accouché d'une série B comme il ne faudrait plus en faire ! Je suis méchante car, comme je l'ai mentionné en début de post, ça reste divertissant et pas ennuyeux mais je trouve que "The expendables" reste très loin au dessous d'autres productions d'action plus contemporaines dans leur traitement visuel et scénaristique. En tout cas ça ne m'a pas donné envie de me replonger dans le cinéma qui déménageait de l'ère Reagan ! En fait ça fonctionne finalement bien comme un nanar, c'est plutôt mauvais mais on s'amuse !"The dispensables" me semblerait donc un titre plus approprié. Revoyez "Navy Seals" !^^
A noter qu'il s'agit d'un repost de ma critique publiée sur le topic en rubrique Preview et qui vient d'être fermé. Je répondrais à mes détracteurs que je commence à supporter de moins en moins, même accompagnées d'un smiley, les remarques sur mes notes concernant d'autres films afin d'établir une comparaison avec le 3/6 attribué à ce film. Je signale aussi à la secte des pros-Sly ou autres que 3/6 n'est pas une note désastreuse, qu'elle est dans la moyenne et que "The expendables" aurait pu être bien pire (ou bien meilleur aussi^^).
Je vous souhaite néanmoins d'apprécier le film car il est à mon avis toujours préférable d'aimer que de détester.

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