UNE PARTIE DE CAMPAGNE
UNE PARTIE DE CAMPAGNE

Les productions locales ont beau se vautrer violemment en salles depuis quelques années, le public leur préférant les torture-flicks hollywoodiens façon Hostel et Saw, la nouvelle vague horrifique anglaise ne semble pas encore décidée à jeter l’éponge. Dernier fleuron du genre, Bienvenue au Cottage peut être vu comme un bel acte de résistance.



Un point important doit être posé avant de tenter une quelconque analyse de The Cottage : son réalisateur, Paul Andrew Williams, avoue lui-même ne pas apprécier plus que de raison le cinéma d’épouvante. Peu intéressé par les genres en soi et n’entretenant aucune relation particulière avec ses collègues britanniques, l’auteur du drame urbain teinté de proxénétisme London to Brighton aborde ainsi son nouvel opus avec le regard d’un profane ; regard d’autant plus étonnant qu’il en est lui-même le scénariste et le principal initiateur. Bien sûr, Williams a vu Massacre à la tronçonneuse et Une nuit en Enfer et s’en vante régulièrement, soulignant à la moindre occasion l’aspect référentiel de son métrage et son appartenance à la tradition du survival cinématographique.



Néanmoins, sa connaissance des codes narratifs et graphiques de l’horreur s’avère suffisamment relative pour que le sujet écope d’un traitement singulier et, heureuse coïncidence, pour le moins rafraîchissant. Davantage que du cinéma de Hooper (ou même de Rob Schmidt, le monstre du film évoquant clairement les mutants consanguins de Détour mortel), Bienvenue au Cottage se réclamerait plutôt de l’œuvre des frères Coen, adaptant les prémices de Fargo et Big Lebowski à une logique de cinéma gore. Ces influences en tête, l’argument de départ ne dépayse pas : deux frangins maladroits décident de kidnapper, avec tout l’amateurisme du monde, la fille d’un grand truand londonien. Alors qu’ils se réfugient dans un cottage perdu en rase campagne, où les débusquent bientôt des hommes de main sanguinaires, une menace inattendue surgit de la nuit et commence à découper tout ce petit peuple.

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