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Pour beaucoup, William Friedkin restera le réalisateur de L’Exorciste, l’un des plus grands films d’horreur de l’histoire du cinéma. Le réduire à cette étiquette serait toutefois minimiser l’importance d’une œuvre tentaculaire, aventureuse et visionnaire, presque toute entière vouée aux démons du cinéma de genre.
Traumatisé par la vision du Citizen Kane d’Orson Welles, William Friedkin aspire très jeune à des grandeurs comparables. Après sa participation à la série Alfred Hitchcock Présente en 1955, le cinéaste, alors spécialisé dans le documentaire, gravit les échelons d’Hollywood à toute allure, usant du succès de ses comédies dramatiques (Good Times, The Birthday Party, Boys in the Band) pour mieux frapper de plein fouet le genre du polar à l’aube des seventies. Devenant à 32 ans, avec The French Connection, le plus jeune réalisateur jamais récompensé par l’académie des oscars, Friedkin voit s’ouvrir devant la porte de tous les possibles. C’est peu dire qu’il va s’y engouffrer avec gourmandise, sans jamais prendre le temps de regarder en arrière. Non content d’inventer le genre du buddy movie, précédant de quinze ans les efforts d’un certain Shane Black (qui s’avoue d’ailleurs être grand fan du métrage), French Connection provoque un véritable raz-de-marée stylistique lors de sa sortie en 1971, arrachant le polar aux oripeaux romantiques des sixties pour le confronter violemment au réel.

Tel un reporter chargé de capturer les données contextuelles d’un évènement précis, Friedkin cadre sur le vif, multiplie les détails purement quotidiens, et prive consciencieusement sa mise en scène du perfectionnisme guindé qui régit depuis trop longtemps le divertissement hollywoodien. Le choc est rude et donne le La d’une décennie presque entièrement vouée à la crudité des images ; mais le cas Friedkin est trop complexe pour se fondre aussi facilement dans le moule de ses imitateurs. Ce qui différencie graphiquement Friedkin de la concurrence ? Sa gestion de l’espace et du mouvement déjà, une notion qui ne caractérise alors qu’une poignée de comédies musicales (Chantons sous la pluie par exemple, dont la mise en scène de Stanley Donen et Gene Kelly reste une référence en terme de spatialisation de l’action). Tout chez William Friedkin est affaire de mouvement, de déplacement, le cinéaste aspirant à projeter directement le public au cœur de la scène.
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() Commentaire |
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Nom : William
Friedkin
Lieu de Naissance : Chicago, Etats-Unis
Activités :
Acteur ;
Réalisateur ;
Scénariste ;
Producteur ;
Site web : http://www.williamfriedkin.com/
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