LA SAGA TERMINATOR
LA SAGA TERMINATOR

Dans quelques mois, le Terminator amorce son retour sur grand écran avec Terminator Salvation. Une bonne occasion de réviser ses classiques et de se replonger dans la saga originale, qui a changée la donne en matière de science-fiction au cinéma.



Un soir de fièvre, alors qu’il est coincé sur le tournage catastrophique de Piranha 2 - Les tueurs volants, James Cameron fait un cauchemar qui va changer le cours de sa carrière. Dans ses rêves, le futur réalisateur de Titanic aperçoit un endosquelette en métal qui émerge des flammes d’une explosion. Fasciné par cette image forte, Cameron décide d’articuler le scénario de son prochain film autour d’elle, afin de la graver à jamais sur pellicule. Libéré malgré lui des contraintes du tournage et du montage de Piranha 2 – Les tueurs volants (le producteur Ovidio G. Assonitis, peu satisfait par son rendement, le lourde de la production), Cameron retourne aux Etats-Unis et entreprend l’écriture du film, avec l’aide de sa future ex-femme Gale Ann Hurd et de son ami William Wisher Jr. Mais il faut se rendre à l’évidence : aucun studio n’acceptera de financer un onéreux film de science-fiction futuriste en le confiant aveuglément à un réalisateur de mauvaise réputation (à ce stade de sa carrière, James Cameron est au choix un technicien des effets speciaux talentueux ou un exécrable réalisateur de série Z). C’est pourquoi Terminator est pensé comme un « petit » film et devient un film contemporain (il se déroule en 1984, époque de sa confection) dont le budget de 6 millions de dollars (un petite somme, même à l’époque) est assuré par Hemdale, une firme indépendante spécialisée dans la distribution. D’ailleurs, James Cameron admet que son inspiration provient de deux épisodes de la série des années 60 Au delà du réel, écrit par Harlan Ellison.



Cet aveu poussera d’ailleurs le scénariste et écrivain de SF a faire valoir ses droits quelques années plus tard. Il obtiendra gain de cause auprès de la loi et sera par la suite mentionné juste avant le générique de fin (comme c’est le cas sur les éditions DVD). Quoi qu’il en soit, pour incarner le rôle-titre, celui d’un cyborg du futur qui voyage dans le temps pour tuer Sarah Connor, la mère du soldat John Connor qui mènera l’humanité à la victoire dans sa guerre contre les machines, James Cameron recherche d’abord un acteur au physique commun et passe-partout. Lance Henriksen est d’abord choisi pour incarner la machine à tuer (comme en atteste quelques dessins de préproduction conçus par Cameron himself), après que O.J. Simpson ait également été envisagé par la production (l’acteur/footballeur est écarté, de peur que sa côte de sympathie le décrédibilise en tueur de sang froid, sic !). Mais l’orientation du projet change du tout au tout quand le scénario tombe dans les mains de Arnold Schwarzenegger, à qui l’on propose le rôle de Kyle Reese, le soldat du futur envoyé en 1984 par John Connor pour protéger sa mère. Schwarzenegger est impressionné par la qualité d’écriture, mais souhaite inscrire un personnage de méchant à son palmarès d’acteur. Le rôle du Terminator lui semble parfait pour cela, et il compte bien convaincre James Cameron pour l’occasion. Le réalisateur est conquis, mais le tournage doit être repoussé pendant près d’un an, car celui de Conan le destructeur, dans lequel Arnold reprend le rôle-titre, se déroule au même moment (Cameron s’engage alors dans l’écriture de deux suites : Rambo 2 et Aliens).

Partager
(24) Commentaires
Réaction de mick_neo le 05/09/2008 à 11h34
Il me semble aussi que Josh Friedman fait partie des scénaristes, non ? Et vu que c'est lui qui a écrit Terminator : TSCC, on peut avoir peur...
Mais bon : Jonathan Nolan, Shawn Ryan, Christian Balse : moi j'y crois!!!
Réaction de Adinaieros le 05/09/2008 à 11h37
très bon article .


Mais "au jour d’aujourd’hui" est une répétition inutile et absolument pas française.
Réaction de scream king le 05/09/2008 à 12h21
Roland Kickinger en T-800 ? Enfin un Terminator sexy ! wub.gif
Réaction de Cannibal JC le 05/09/2008 à 12h57
Moi un Terminator sans Arnold Schwarzenegger, je boycotte, rien à .... dry.gif (blah blah effectivement il était pas possible de le voir dans ce 4ème volet de la saga, mais quand je vois le résultat du 3, je me demande pourquoi ils ne s'en sont pas arrêtés au second unsure.gif )
Réaction de rotabla le 05/09/2008 à 15h02
Enfin débarassé de Schwarzenegger...
Réaction de alien from zeta le 05/09/2008 à 16h15
J'attends un très bon film. Mais un TERMINATOR sans Arnold, ça va faire drôle. Croisons les doigts et espérons. Mais c'est long, cette attente. Vivement la sortie du film.
Réaction de Cannibal JC le 05/09/2008 à 17h15
CITATION(rotabla @ 05 9 2008 - 15:02) (source)
Enfin débarassé de Schwarzenegger...


branleur dry.gif *second degré de ma part certes, je précise naturellement, mais branleur quand même, grrrr... oser sortir ce genre d'hérésie !*


J'allais dire "retournes manger ton cassoulet de CASTELNAUDARY va, impiiiiiiie", en relisant les posts après le mien, mais c'était le m'sieur après toi qui vient de castelnaud' laugh.gif laugh.gif
Réaction de rod0411 le 05/09/2008 à 17h16
J'ai envie de dire que le "bide" de T3 s'explique en partie par la suravalanche de block-busters (Hulk, un Pixar, et encore 3 autres si je me souviens bien) sortis à la même époque.

De même, toute variation de Mostow sur la mytho créée par Cameron aurait été vue comme une éventuelle "trahison", alors tant qu'à éviter de faire un crash, autant rester sur les rails...
Réaction de Jacques Facial le 05/09/2008 à 18h05
blink.gif Moué le charisme de moule de Christian Bale me fait un peu flipper. C'est marrant je l'avais aimé dans Equilibrium et The machinist mais depuis je le trouve moins expressif que Kermit la grenouille :

voir ce lien --> http://community.livejournal.com/ohnotheydidnt/27350111.html
Réaction de vans le 05/09/2008 à 20h55
CITATION(rod0411 @ 05 9 2008 - 17:16) (source)
J'ai envie de dire que le "bide" de T3 s'explique en partie par la suravalanche de block-busters (Hulk, un Pixar, et encore 3 autres si je me souviens bien) sortis à la même époque.

De même, toute variation de Mostow sur la mytho créée par Cameron aurait été vue comme une éventuelle "trahison", alors tant qu'à éviter de faire un crash, autant rester sur les rails...

rolleyes.gif rolleyes.gif rolleyes.gif moi j ai adoré le film de mr mostow et tout a fait d accord avec toi il n est pas sorti a la bonne periode (canicule) et puis quelle fin .peu de films hollywoodien peuvent pretendre d avoir ete si bien monté vive t 3
Réaction de Draike le 05/09/2008 à 21h06
bravo pour le dossier. Pas convaincu du charisme de l'acteur Bale mais bon comme on échappe à la fadasse gainsbourg tout va bien sinon il faudrait penser à supprimer les mad word et les mad machin en début de pege qui polluent la lecture et ne servent à rien, c'est pénible on peut jamais lire les débuts de page !
Réaction de Twain le 05/09/2008 à 21h34
Bon article concernant la génèse créative et l'exploitation de la magnifique saga Terminator, manque peut-être un point de vue sur les thèmes et enjeux énormes soulevés par la série...dans un prochain article surement.

Je n'attend rien de Salvation car pour moi Terminator est et restera l'oeuvre de Cameron, j'espère qu'il nous offrira le Gunm promi depuis des années putain.
Réaction de sumoman le 06/09/2008 à 06h37
CITATION(Draike @ 05 9 2008 - 21:06) (source)
bravo pour le dossier. Pas convaincu du charisme de l'acteur Bale mais bon comme on échappe à la fadasse gainsbourg tout va bien sinon il faudrait penser à supprimer les mad word et les mad machin en début de pege qui polluent la lecture et ne servent à rien, c'est pénible on peut jamais lire les débuts de page !


les mecs vous avez picolé ou quoi christian bale n'a pas de charisme........vous avez vu dark night, equilibrium, machinist, yuma et consort, le mec creve l'ecran on peut douter de la teneur de la prochaine trilogie T par rapport au real (bon charlie et ses drole le 1er est sympa mais le 2eme est quand meme une bouse et la serie qu'il a créer je sais plus le nom j'ai eu l'occas de me mater 2 3 episode et franchement sa vole pas haut) maintenant on peut s'attendre du scenariste de the shield - qui est la meilleur serie au monde apres rome - que sa depote grave mais je reste convaincus n'en deplaise a certain qu'un terminator sans arnold mais surtout sans cameron...................vous avez compris sa me parrait mechament absurde - T3 etait franchement pas mal mais la difference entre un bon real et un genie est flagante - maintenant si c'est le perso de john connor qui est dev a l'epoque de la guerre, pourquoi pas j'attend de voir mais bon T1 T2 reste qd meme de vrai chef d'oeuvre (j'ai quand meme une mechante preferance pour T2 tant il etait revolutionnaire . A l'epoque de sa sortie (le jour meme d'ailleurs) je me souvient y avoir ete a l'age de 17 ans avec 1 superbe meuf et les hormones en ebulition en me disant - j'm'occupe d'elle pendant la seance (a cette age la t'as pas vraiment d'endroit pour te becoter le ciné c'est le bon plan) et je vais revoir le film apres - et au moment ou le film commence et que j'entend la fameuse musique lancinante la vie s'est arreté autour de moi, j'ai meme pas regardé, touché et meme pensé a la nana pendant 2 heures, resultat a la fin de la seance je me suis fait jeter sans remord et me suis consolé en retournant le voir juste derriere.
Réaction de penikufesin le 07/09/2008 à 00h10
Pas d'accord non plus concernant Charlotte Gainsbourg (21 grammes, quoi merde !). Cette nana n'a pas eu de rôle à sa hauteur !
Réaction de uhu le 07/09/2008 à 01h11
Encore un très bel article écrit par Moissa, et qui encore une fois aurait mérité de se retrouver dans Gore Mag, heu je veux dire Mad Movies papier.
J'aimerais bien un HS Spécial sur le sujet(vu mon avatar..), avec Julien Dupuy dedans.
Sinon un détail : à la base, Schwarzie, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé plus tard, souhaitait jouer le rôle de Reese, et Cameron, impressionné par le physique de l'acteur(et par le fait qu'il ne savait toujours pas parler anglais de manière compréhensible) le convainc de jouer le terminator, Arnie n'acceptant qu'avec réticence l'idée de joue un bad guy.
Réaction de Colonel le 07/09/2008 à 11h57
Infiniment dommage que Cameron n'est pas accepté de faire T3 (quel rapport avec cette daube ridicule qu'est Matrix ? un film pour gosses, je comprends pas son raisonnement). Mais Mostow a fait un super boulot, drôle et délirant, un bel hommage à la saga, si ce n'est la Terminatrix en juppette pas crédible une seconde. Je suis un militaire, merde ! les femmes à la cuisine ! Aïe, j'ai reçu une volée de rouleaux à patisserie sur la tête; quelle époque...!

Quant à Salvation, signifiant donc le salut, je crains un film de type cyborg, comme y en a sur RTL9. Bon d'accord, je suis une mauvaise langue. La guerre entre les hommes et les machines certes enthousiasmant concept, au sein de la trilogie Terminator se voulait le stade ultime à éviter pour empêcher l'extinction des humains; sous-entendu, ceux-ci malgré leur bravoure et leur résistence remarquables, ne tiendraient pas longtemps en face de la technologie exponentielle des machines. Ils seraient donc erradiqués. Cette crainte est le moteur des trois films. En cela, un film présentant les humains finalement reprendre le dessus sur les machines, me semble un peu casse-figure. Par quel tour de passe-passe ?
Réaction de Djeeloo le 08/09/2008 à 10h57
CITATION
Cette crainte est le moteur des trois films. En cela, un film présentant les humains finalement reprendre le dessus sur les machines, me semble un peu casse-figure. Par quel tour de passe-passe ?


On n'est pas sûrs que les humains vont reprendre le dessus, peu d'infos filtrent à part la bande annonce.
Et puis le passage à la suprémacie des machines ne s'est quand même pas fait en un jour, donc la résistance et la survie des humains, etc, y'a de quoi raconter.
Comment John Connor en est arrivé là (d'ailleurs, il me semble que dans "salvation" ce perso n'aura pas tant de présence à l'écran, sauf si, après le succès de Dark Knight la prod a décidé de lui donner plus d'importance), comment ce qui reste de l'humanité vit et subit l'apocalypse mécanique, pendant ce temps-là au Vénézuela, l'émergence de Kyle Rease, etc...
Oui, beaucoup de choses à raconter sans tirer sur la corde ni en faire un film débile ne jouant que sur la notoriété du mythe qui l'a engendré.

---

Sinon, T2 il me semble que c'est juste une sorte de "remake" du 1 mais avec plus de thunes. Un peu comme Evil Dead 1 & 2.
Malgrès les effets spéciaux exceptionnels et des scènes d'action dantesques et marquantes, il y a un côté un peu puéril dans certains aspects du scénario de T2.

Quant au troisième film, même si le scénario est T3 (ha ha...) et la réalisation dans la première partie un peu molle et pas transcendante, tout le reste est non seulement bien maîtrisé mais également prenant et intelligent. Mostow ne perd plus de temps et ne se pose plus pour expliquer l'intrigue par des dialogues lourds, mais imbrique dans ses scènes les éléments narratifs, visuels et émotionnels. Et on voit beaucoup de choses dans ce film qui annonce les futures machines, telles qu'entr'aperçues dans les précédents.
Et puis, tout le monde en a déjà parlé, la fin est terrible, bien loin du happy end de T2.

---

McG pour un Terminator ? Pourquoi pas...
Un Terminator sans Schwarzenegger ? Bien sûr, où est le problème ?
Réaction de Djeeloo le 08/09/2008 à 12h43
Lu sur le site Terminator Salvation de Warner Bros:

This movie takes place several years after Judgment Day, but prior to 2029. Just like it took a long time to get an HD plasma screen in our world, it took Skynet a lot of research and development to get to the T-800, and this movie explores that "space between." We have all been fascinated with the world after Judgment Day. Here it is.
In this film, there are Hydrobots that patrol the water, Transports that move human prisoners around, Harvesters that collect human beings as lab rats for Skynet and Aerostats that survey all that is going on with the resistance the world over.

---

Traduction pour les non-anglophones:
Ce film se passe plusieurs années après le Jour Du Jugement Dernier, mais avant 2o29. Tout comme il a fallu un long moment avant de disposer d'un Ecran HD Plasma en ce monde, il a fallu beaucoup de recherches et de développement à Skynet pour sortir le T-8oo, et ce film explore cette période "intermédiaire". Nous avons tous été fascinés par le monde après le Jugement Dernier. Le voici.
Dans ce film il y a des Hydrobots qui patrouillent en milieu aquatique, des Transporteurs qui déplacent les prisonniers, des Récolteurs qui collectent les humains comme des rats pour Skynet, et les Aerostats qui surveillent tout ce qui se passe avec la résistance partout dans le monde.

---
Réaction de suioitto le 08/09/2008 à 23h00
Et dire que tout ça est née d'un cauchemar,on croit rever .meme si le dernier volet n'est pas de lui ,il est plutot réussi.Ce qui nous donne une saga en acier trempée.C'est dommage qu'il n'ait pas terminée ce qu'il a commencée.Ce n'est pas la fin du monde apres tout.Attendons de voir si le dernier épisode va bien respecter la mythologie du terminator,le futur nous le dira.All be back.
Réaction de Djeeloo le 09/09/2008 à 10h46
CITATION(suioitto @ 08 9 2008 - 23:00) (source)
All be back.

Tu veux dire I'll be back ?
Ou est-ce un jeu de mots, All Be Back = Tout reviendra ?
Tout sauf Arnold, hein, il est devenu vieux et gros, et en plus il est gouverneur alors il a plus de temps. Et pis m**de 3o.ooo.ooo de dollars pour son dernier cachet... Vaut mieux investir dans le film lui-même...
mellow.gif
Réaction de Colonel le 12/09/2008 à 18h29
CITATION
On n'est pas sûrs que les humains vont reprendre le dessus, peu d'infos filtrent à part la bande annonce.
Et puis le passage à la suprémacie des machines ne s'est quand même pas fait en un jour, donc la résistance et la survie des humains, etc, y'a de quoi raconter.

En effet, finement observé...
Réaction de Naughty le 02/03/2009 à 19h59
Peur pour le dernier Terminator qui va sortir sans Schwarzenegger mais c'était quelque chose à tenter et donc à voir avec impatience...
Réaction de JEF Byos le 02/03/2009 à 21h05
CITATION(Colonel @ 12 9 2008 - 17:29) (source)
CITATION

Tout à fait d'accord, +1

smile.gif
Réaction de jack solange le 24/01/2012 à 09h16
Exellente critique de Terminator 1 provonant du site [i]l'ouvreuse[/i] .. plus particulièrement une scène que j'adore, L'arrivée du Terminator dans le night club .... ENJOY !!!



Terminator sort en 1984, soit un an après l’annonce du lancement de la Strategic Defense Initiative par les États-Unis. Surnommé projet Star Wars à l’époque, cette initiative lancée par le président Ronald Reagan prévoit un système de défense automatisé en orbite autour de la Terre pour défendre le pays contre une éventuelle attaque nucléaire.
Il est aussitôt jugé beaucoup trop ambitieux, voir irréalisable, mais fait son effet dans le rapport de force de la guerre froide, à l’époque réanimée par une politique étrangère agressive du pouvoir américain envers l’URSS.

On imagine que le SDI ait inspiré James Cameron pour la création de Skynet, une intelligence artificielle contrôlant le réseau de défense qui se retournent contre ses créateurs dans un futur hypothétique. À cela se rajoute une méfiance à l’égard de l’informatique, dominée à l’époque par IBM, qui pénètre la sphère privée et nourrit les fantasmes avec des mots comme mémoire et microprocesseur présents dans le film.
Le métrage de Cameron se place ainsi dans une perspective pessimiste de la technologie et continue en quelque sorte la filiation établie par Blade Runner sorti deux ans plus tôt. En effet, les deux films s’ouvrent sur le même intertitre : "LOS ANGELES, 2029 A.D.", il y a donc unité de temps, de lieu et de thème, étant donné qu’ils traitent tous les deux de machines ayant une apparence humaine. À ceci prêt : Terminator apporte la variation du voyage dans le temps, l’enjeu de la survie future de l’humanité se télescopera à un instant T dans le présent.

[img]http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_01.jpg[/img]

La scène que nous avons choisie d’analyser met en jeu cet instant où le présent et le futur se rejoigne. Elle constitue le nœud dramatique du film, et c’est ce que nous essayerons de démontrer dans une première partie. La séquence se déroule dans la boîte de nuit appelée Tech-Noir, nom qui n’a pas été choisi au hasard puisque, comme nous allons l’expliquer dans la deuxième partie, il désigne littéralement la signature visuelle voulue par James Cameron pour son film, exemplifié par cette scène.
La séquence débute à la 33ème minute lorsque Sarah Connor s’est réfugiée dans une boîte de nuit avec le pressentiment qu’un tueur la suivait, puisque d’autres femmes qui portaient son nom avaient été assassinées dans la journée. Elle vient d’appeler la police qui lui a conseillé de rester où elle était, soi-disant il ne lui arriverait rien dans un endroit public. La scène se termine à la 37ème minute, lorsque Sarah s’enfuie du club avec Kyle Reese.

CONVERGENCE TEMPORELLE
Dans les premières secondes de la séquence, Sarah nous est montrée dans un plan moyen s’asseyant à une table. Elle regarde autour d’elle, anxieuse mais relativement rassurée par le fait qu’elle est entourée. Un montage alterné nous montre cependant le Terminator faisant irruption dans la boîte de nuit, et suggère la rencontre potentielle entre les deux personnages. La caméra le suit en travelling latéral droit puis arrière, le cadrant toujours au centre en plan moyen pour souligner son imposante carrure et son implacable démarche ; pour preuve : le mouvement de la caméra s’arrête à peine lorsqu’il broie la main d’un videur tentant de l’arrêter.
Il sait que sa cible est ici et rien ne pourra se mettre en travers son exécution, même si l’endroit est improbable pour un meurtre. Les promesses téléphoniques de l’inspecteur volent en éclat, mais Sarah n’en sait encore rien.

[img]http://http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_02.jpg[/img]

Nous la retrouvons qui regarde sa montre, trouve le temps long et regarde autour d’elle. Lors d’un faux mouvement, elle fait tomber une bouteille et se baisse pour la ramasser. Un raccord dans le mouvement permet à la caméra de se placer derrière Sarah. Nous la voyons se baisser pour ramasser la bouteille. Elle disparaît du cadre pour que notre attention se concentre sur l’arrière plan où la silhouette du Terminator se découpe au milieu de la foule.
Le volume de la musique du club baisse légèrement pour signaler qu’un évènement particulier est en train de se produire : la coïncidence veut qu’il balaie du regard l’endroit où elle se situait au moment où elle est baissée, et donc invisible à nous et a fortiori à lui. La rencontre tant attendue entre la proie et le prédateur est retardée de quelques secondes, ce qui augmente la tension d’un cran.

[img]http://http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_03.jpg[/img]

Lorsque Sarah se redresse, un raccord mouvement permet de se rapprocher de son visage dans le plan suivant de façon à ce que nous percevons son changement d’expression : quelque chose a croisé son regard.

Le léger ralenti nous fait anticiper l’objet de son attention qui, après un raccord regard, s’avère être Kyle Reese, dont les motivations ne nous sont pas encore claires, mais Sarah pense qu’il s’agit du tueur qui la suivait dans la rue. La musique du club diminue graduellement, laissant progressivement place à une musique de fosse venant renforcer l’atmosphère inquiétante. Celle-ci fait écho à la terreur de l’héroïne qui ne se sent plus dans une relative sécurité.

[img]http://http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_04.jpg[/img]

Le Terminator repère Sarah et se dirige vers elle, quand à Kyle Reese, il dégage les personnes de son champ de vision pour tirer sur son adversaire. Le montage alterne entre les trois personnages, répartissant les rôles de chacun : Sarah est la cible de deux personnes, l’un cherchant à la protéger, l’autre à l’abattre. La musique extra-diégétique va crescendo, annonçant la rupture d’atmosphère imminente. Les éléments futuristes convergent sur Sarah, il s’agit de la bataille finale dont il est question dans le pré-générique du film.
Alors que le Terminator s’apprête à tirer sur Sarah, dont la résignation et la confusion sont évoquées par un plan rapproché sur son visage où vient s’arrêter le pointeur laser de l’arme du cyborg, le ralenti et la musique sont brisés par un raccord cut sur Kyle Reese tirant le premier coup de feu qui retentit comme une incursion définitive du futur dans le présent, modifiant le destin de Sarah Connor et faisant basculer l’atmosphère dans cet avenir noir aperçu dans plusieurs flash-forwards au début du film. Atmosphère que nous allons décrire en substance dans cette deuxième partie.

TECH-NOIR
La musique du club, à base de boîte à rythme, de synthétiseur et de voix réverbérées est typique des années 80, de même que le style vestimentaire de ses jeunes occupants et des coupes de cheveux mullet qu’ils portent. Tous les marqueurs de la culture dominante de cette époque sont réunis dans cette séquence. À ce titre, rien que les vêtements portés par le Terminator sont anachroniques : au début du récit celui-ci a dépouillé un punk, culture originaire de la fin des années 70 et maintenant marginalisée. Sa démarche souligne également ce décalage : il se fraie un chemin rectiligne sur la piste même si celle-ci est comble de danseurs, comme le montre le plan en vue subjective où il se rapproche de la table où est assise Sarah Connor.

[img]http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_05.jpg[/img]

Les clients de la boîte de nuit ne se soucient pas de la présence du Terminator malgré son apparence atypique. D’ailleurs, sa violente neutralisation du vigile à l’entrée n’a pas provoqué d’émoi particulier. Ils se contentent de danser, le regard dans le vide, inattentif à ce qui se passe autour d’eux. Le ralenti et la musique qui se dissout en arrière-plan sonore soulignent leur insouciance : ils préfèrent vivre l’instant, oublieux de ce que le futur leur réserve. Ce sont des reliques du présent qui ne joueront pas un rôle déterminant dans le cours des choses.
À ce titre, la boîte de nuit fait office d’oasis de bonheur relatif dans un film où la ville de Los Angeles nous est présentée généralement de nuit, éclairée par la lumière froide des néons, dans ses endroits les plus mal famés. Ici, la séquence est baignée dans les couleurs chaudes (le rouge domine) et la musique, très actuelle à la sortie du film, a quelque chose de rassurant car elle nous est familière.
Il s’agit bien sûr d’un stratagème de la part de James Cameron pour mieux faire basculer la séquence dans l’horreur : dès les premiers coups de feu, une succession de plan rapide nous montre la boîte se vidant de ses occupants. La musique s’arrête comme par magie, laissant place aux cris d’horreur, aux renforts sonores des coups de feu et des verres brisés. En l’espace de quelques secondes, la mise en scène fait table rase du présent et transforme le décor en champ de bataille.
On y voit Kyle Reese tirer plusieurs coups de fusil à pompe, une arme très puissante, dans un montage alterné montrant le Terminator les encaissant durement, ceci pour nous prendre à contre-pied lors des plans suivant, où on le voit se relever sans problème. Nous mesurons alors toute l’étendue de son inhumanité, sentiment prescrit par un léger travelling avant sur le visage effaré de Linda Hamilton.

[img]http://http://louvreuse.net/images/stories/captures/terminator_06.jpg[/img]

Même dans ce havre de paix relatif, la technologie représentée par le Terminator vient briser tout espoir de sécurité et donne un aperçu à Sarah de ce que le futur immédiat lui réserve. La perspective est bien sûr pessimiste : elle a vu de ses yeux une machine pouvant la retrouver parmi plusieurs millions d’habitants, n’ayant aucun problème pour tuer en public, qui semble indestructible et, qui plus est, venue spécialement pour la tuer, elle. Cette menace pèsera lourdement sur le reste du film, lui conférant cette atmosphère noire.

La scène de la boîte de nuit Tech-Noir reste mémorable à plusieurs niveaux car elle signe la rencontre entre les trois personnages principaux dans un endroit pour le moins atypique par rapport au reste du film. Cet endroit n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il possède tous les signes du présent, de l’actualité (au moment où est sorti le film) qui vont disparaître pour laisser place à l’affrontement des envoyés du futur : jeunesse branchée qui fuie le terrain d’affrontement, piste de danse vidée, musique 80's qui se tait, violence et meurtres en lieu et place d’amusement et d’insouciance, nous assistons là à un avant-goût d’un futur dominé par les machines.
La mise en scène est là pour rendre compte de cette transition : d’abord un lent crescendo positionnant chaque personnage dans son rôle et faisant monter le suspense, elle se rompt radicalement en un montage d’action, doté de plans très bref, soulignant la brutalité de l’ensemble et ce à quoi Sarah Connor devra faire face pour assurer sa survie et celle de l’humanité.