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Sorti un an avant l’arrivée de L’Armée des morts sur grand écran, Walking Dead a réussi immédiatement à s’imposer comme le plus bel enfant illégitime de George A. Romero. À l’origine d’une vague bien moins convaincante de zombies comics, la série en est déjà à son sixième tome en France et a connu, dès la fin du premier tome, un changement de dessinateur. De Tony Moore à Charlie Adlard, on aurait pu y perdre au change. Pourtant, avec son trait anguleux et sa maîtrise du cadrage, le nouvel arrivant est depuis longtemps considéré comme LE dessinateur de Walking Dead.
Une première question, pour bien vous présenter aux lecteurs… Vous êtes plus Marvel ou DC ?
[rires] Cela peut m’attirer des ennuis ce genre de questions ! Techniquement, je suis forcément plus proche de Marvel. Tout simplement parce que dans les années 70, alors que j’étais gamin, les seuls comics que l’on trouvait de façon régulière étaient des rééditions Marvel en noir et blanc. Bien sûr, je savais qui étaient Batman, Superman, et même Green Lantern. C’étaient déjà des icônes. Mais je connaissais surtout par cœur les aventures de Spider-Man. Ironiquement, au cours des dernières années, j’ai bien plus travaillé pour DC que pour Marvel.
Vous avez commencé votre carrière sur la revue Judge Dredd Magazine. C’est un peu comme aller à l’école, pour un artiste anglais ?
Un peu, forcément. 2000 AD et le magazine Judge Dredd sont les seules revues de B.D. régulières en Angleterre. Donc si l’on veut s’imposer dans ce métier, on est obligé d’y passer un jour ou l’autre. Après, deux choix se posent à nous. Y rester et disparaître, ou faire les démarches pour trouver du travail sur le marché américain ou européen.
Votre premier travail a justement été une dizaine de pages de Judge Dredd, sur un scénario d’Alan Grant. Cela doit être difficile d’apporter une touche personnelle à un personnage qui a été illustré par tant d’artistes différents ?
En fait, c’est justement plus facile. On n’a pas l’impression de devoir composer dans la continuité d’un autre dessinateur, d’adapter notre style au sien. Tellement de personnes ont travaillé dessus, c’est comme s'il n’avait pas vraiment de « style » bien défini. Bien sûr, il y a ce costume avec les épaulettes et tout ça, mais pour le reste, on se sent très libre. Et c’était d’ailleurs extraordinaire, pour moi, de commencer ma carrière par une telle icône. J’en étais vraiment fier, même si par la suite, je me suis rendu compte que l’on avait presque tous commencé par Judge Dredd. C’est un titre hebdomadaire. Il faut donc l’alimenter régulièrement par le biais de jeunes artistes plein d’espoir.

Vous avez travaillé sur de nombreux comics à licence : Mars Attacks !, The X-Files, Blairwitch, The Crow… Est-ce que cela ne finit pas par être ennuyeux, à la longue ?
Sur certains, je me suis vraiment amusé ; sur d’autres, beaucoup moins. J’ai vraiment adoré Mars Attacks ! C’était avant la sortie du film de Tim Burton ; on s’inspirait donc uniquement des anciennes cartes à collectionner de Bubbles Inc. Nous nous sommes vraiment éclatés, avec Keith Giffen, parce que justement nous avions seulement à rester fidèles à quelques cartes graphiques des années 60. Bien entendu, lorsque le film est sorti, nous étions stupéfaits. C’était une telle réussite. Un petit chef-d’oeuvre d’anarchisme. Burton n’a jamais été très fort sur la construction de ses scénarios. Mais là, justement, c’était l’opportunité pour lui de jeter par la fenêtre toute idée de plan. J’aurais vraiment aimé que l’on se montre aussi drôle et inventif que lui.
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