ESCAPE FROM GLASGOW
ESCAPE FROM GLASGOW
A la fois film de SF post-apocalyptique, aventure médiévale et actioner militaire, Doomsday prouve que The Descent n’était pas un accident et que Neil Marshall est décidemment un cinéaste 100% Mad. Welcome back, Sir !

Découvert avec Dog Soldiers, consacré par The Descent, Neil Marshall était méchamment attendu au tournant. Choisir de rendre hommage au cinéma de genre des années 80 (plutôt que de se lancer dans une production plus calibrée) était un défi sacrément casse-gueule, un délire de fanboy souhaitant se faire plaisir et caressant l’espoir qu’il serait (peut-être) partagé par le public. C’est ce qui fait toute la force de Doomsday, spectacle anarchique mais généreux, ultra-référentiel mais humble, imparfait mais jouissif, et surtout 100% anglais : rien d’étonnant à ce qu’il se soit vautré au box-office US…

Marshall respecte à la lettre sa note d’intention : recycler trois de ses films de chevet (à savoir New York 1997, Excalibur et Mad Max), sans autre prétention que de divertir (mais sans oublier d'attaquer frontalement la politique du gouvernement British).
L’argument est simple : Décimée par un virus, l’Ecosse est isolée du reste de l’Angleterre par l’érection d’un nouveau Mur d’Hadrien. Ceux qui tentent de le franchir sont abattus sans sommation. Vingt-sept ans plus tard, le virus refait son apparition en plein coeur de Londres. Un commando est envoyé dans les Highlands, avec pour mission de localiser et de ramener un antidote. En effet, au-delà du mur, une partie de la population a survécu : les plus forts et les plus impitoyables, regroupés à Glasgow et dans un château des Highlands…



Malgré un budget serré, Marshall s’acquitte de ses promesses avec un appétit communicatif, tout en réservant quelques surprises au spectateur. Pas de New York 1997 sans Snake Plissken : ici, il prend les traits du major Eden Sinclair, un soldat d’élite qui a perdu un oeil, est accro à la cigarette et tue comme il respire. Dans le rôle, Rhona Mitra est parfaite, mise en valeur par un cinéaste qui avait déjà prouvé avec The Descent qu’il savait filmer les femmes telles des amazones. Très vite, Marshall détourne l’hommage qu’il rend à John Carpenter pour s’offrir une scène d’embuscade furieusement évocatrice de La Chute du faucon noir (l’homme ne pourra pas cacher plus longtemps sa fascination pour les militaires !). Idem pour l’acte II : les armures sortent de chez John Boorman, mais le comportement de ceux qui les arborent n’a rien de chevaleresque (on pense au Moyen-Âge cruel de Prisonniers du temps, autre film très années 80). Enfin, l’acte III, qui nous promet des cascades à la George Miller, ne fait qu’esquisser cet aspect pour le remplacer par une baston générale concentrée à l’intérieur d’un seul véhicule. A trop vouloir prendre le public à contrepied, le film risquait de se l’aliéner : à l’inverse, cette prise de risque le rend gonflé et attachant. Ce qui n’exclut pas de ponctuer le tout de clins d’oeil à Indiana Jones, Aliens ou Highlander, ou d’avoir des personnages portant les noms d’illustres réalisateurs…

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