DIEU M'A DONNÉ LA FOI
DIEU M'A DONNÉ LA FOI

Attendu comme le Messie par les fans et comme une série B haut de gamme par les autres, le retour du duo le plus attachant du FBI se solde par un échec à ranger au fond d’un tiroir du bureau des affaires classées. C’est triste, mais c’est la vérité…



Etait-il bien nécessaire de relancer une franchise telle que X Files, si ce n’est pour satisfaire l’ego blessé de Chris Carter ? A la vision du film, la réponse est d’une clarté limpide : c’était pas une bonne idée du tout ! Pourtant, la première demi-heure fait illusion : la mise en scène évoque les meilleurs épisodes de Millennium (on en retrouve également l’écho dans l’electric violin de la reprise du thème final), les retours de Mulder et Scully sont impeccablement gérés (ainsi que leurs touchantes retrouvailles), et on comprend aisément que le secret ait été aussi bien gardé sur certains éléments du script : sans rien dévoiler, Régénération démarre de façon carrément subversive en s’attaquant à l’un des plus grands tabous de notre époque. Malheureusement, dès que l’intrigue est mise en place et les personnages exposés (voire surexposés, dans certains cas), ça se gâte. La narration est parasitée par un subplot mélodramatique qui ralentit considérablement l’action et n’a pas d’autre intérêt que d’accentuer les névroses de Scully, les deux agents devisent pendant de (très) longues minutes sur le pourquoi du comment de leur relation en se rappelant de temps à autre qu’ils ont une enquête à mener…



Enquête qui d’ailleurs n’intéresse absolument pas Chris Carter, puisqu’elle n’est qu’un prétexte pour nous marteler un discours redondant sur la foi et le pardon. Préoccupé qu’il est par ces questions, le cinéaste va jusqu’à oublier qu’il est censé raconter une histoire, y insuffler du rythme et la filmer avec un minimum d’élégance : déjà bien handicapé par la maigreur de son budget (deux fois moins que l’excellent Combattre le futur), qui saute aux yeux dès qu’on réalise que le film n’utilise que trois décors, Carter enchaîne les champs/contre-champs cadrés dans un scope qui donne méchamment l’impression d’être du 1:66 : même la musique de Mark Snow pointe aux abonnées absentes. Histoire de parfaire cette véritable entreprise de sabotage, aucun élément fantastique n’intervient (hormis les visions du médium… qu’on ne voit pas !) et la résolution de l’intrigue, vaguement inspirée de Frankenstein et L’Île du docteur Moreau dans une atmosphère de torture-porn PG-13, n’a lieu que grâce à des coïncidences énormes ou des éléments aussi fortuits que peu crédibles. Le traitement est donc bâclé, à la limite du foutage de gueule, limite d’ailleurs dépassée dans l’apparition aussi tardive qu’inutile de Walter Skinner et lors d’un plan aérien post-générique d’une bêtise alarmante.

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