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Au-delà de l’encrage culturel, la franchise Batman implique également un énorme héritage musical, depuis le générique mythique de la série des sixties jusqu’aux symphonies époustouflantes de Danny Elfman, sans oublier les envolées baroques d’Elliot Goldenthal sur les deux nanars de Joel Schumacher. Un passif dont se débarrassaient poliment Hans Zimmer et James Newton Howard sur Batman Begins, dont les repères mélodiques trouvent aujourd’hui une maturité inespérée avec The Dark Knight.
A l’instar de son prédécesseur, le score de The Dark Knight s’appuie sur une pulsation perpétuelle, comme si le cœur du film lui-même battait la mesure. Un ostinato très simple traverse ainsi l’ensemble de la partition, bâti autour d’une alternance de doubles-croches et de croches, par-dessus lequel viennent régulièrement se plaquer les deux accords parfaits qui forment le thème de Batman tel qu’exposé à outrance dans Begins (pour les musiciens, en ré mineur, accords de 5 avec tonique puis sus-dominante en fondamentales). Au-delà de l’efficacité scénique (le montage bénéficie clairement du rythme soutenu du score), une sensation d’irrémédiable fuite en avant, voire de torrent inmaîtrisable s’impose rapidement à l’auditeur, reflétant la logique narrative implacable du film de Nolan. La B.O. appartient en cela organiquement au long-métrage qu’elle accompagne, et en ces temps de compositions hollywoodiennes interchangeables, c’est déjà une qualité en soi.

Seconde bonne surprise, le score dans son entier révèle une grande richesse thématique, en opposition à l’argumentation assez fermée de celui de Begins (d’où ressortait essentiellement le motif de Batman et ses dérivés dans le registre de l’action). La démultiplication des points de vue permet ainsi à Hans Zimmer et James Newton Howard d’explorer en profondeur les personnages déjà existants (Alfred, Jim Gordon et surtout Rachel Dawes, qui acquiert de nouveaux galons mélodiques avec une belle juxtaposition piano / cordes dont Howard a le secret), et surtout de tirer un portrait étonnant des nouveaux venus. Harvey Double-Face en tête de ligne, dont la mélodie positive et héroïque (orchestration opaque, envolées lyriques à foison) se désagrègera irrémédiablement, versant au final dans une grammaire clairement opératique, voire tragique. Malins, les deux compositeurs se refuseront d’ailleurs à mettre en musique l’aura menaçante du personnage, préférant se focaliser sur sa trajectoire émotionnelle. A ce titre, les dernières mesures de Watch the World Burn ont de quoi glacer les sangs.
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(4) Commentaires |
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Réaction de
darklinux
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le 03/10/2008 à 13h18
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C 'est l 'un des meilleurs travail de Zimmer avec Red Line ....
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Réaction de
Anthony M. DAWSON
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le 23/09/2008 à 21h05
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AAAAHHH oui! Je suis d'accord sur un point (nonobstant les termes techniques auxquels je n'entrave que pouic): les faiseurs faisandés de chez (feu) Media Ventures ne sont pas John Williams, ni James Horner, ni Jerry Goldsmith, ni Danny Elfman, ni Don Davis, John Debney, Chris Young, etc, etc. En résumé, assurément pas des gens de talents ni des artistes mais des techniciens du son. Habiles certes mais sans âme. La B.O. de Batman Begins était déjà une bien vilaine tentative, mais alors celle de Dark Knight, c'est le pompon! Chiante, mais chiante! Le thème de Danny Elfman du Batman 89' magnifiquement sombre et mélodique puis les variations sur le thème par Shirley Walker (R.I.P.): aux oubliettes! A la place, on a droit à du pur Media Ventures type The Rock (le film, hein. Pas Dwayne...), bien martial et bien primaire; du Wagner de sous-préfecture... Désolé pour ma hargne mais c'est vraiment LE point faible du film au demeurant très bien foutu. Voilà, voilà... Je m'en vais écouter un petit Harry Potter (par le grand John), moi ! Bisous.
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Réaction de
EdenFall
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le 14/08/2008 à 12h08
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Tout à fait d'accord avec toi Alex pour cette chronique vraiment pertinente, j'ai vraiment été hypnotisé moi aussi à l'ecoute de cette BO !!!!!
Là où je suis un peu géné, c'est de trouver une fois de plus des petits pics à l'encontre du travail de Hans Zimmer, dont le style on l'aura compris ne plait ni à toi ni à Cedric
Je suis grand fan du style que Zimmer a créé avec Media Ventures (Remote Control aujourd'hui), et je ne pense pas être le seul parmi vos lecteurs (petite anecdote hors sujet, Mad et moi c'est une histoire longue de plus de 15 ans )
Je cite : "L’intelligence n’étant généralement pas le fort de l’écriture de Hans Zimmer,(...)""
Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d'agressivité envers son style d'ecriture ?
Biensur la légèreté n'est pas ce qui transparait le plus dans sa musique, car quand on pense à Hans Zimmer, on pense à GLADIATOR (grand succès musical ceci dit) ou , beaucoup plus tot, BACKDRAFT. Mais, honnetement, tu verrais une production Bruckheimer style BAD BOYS ou TRANSFORMERS composée par Horner ou Williams ? Ces films c'est de la testosterone sur pellicule, et on en attend justement une illustration musicale adequate. Non pas que James et John ne soient pas capables d'illustrer des scenes d'action, ce n'est pas ce que je veux dire, leurs filmographies respectives en regorgent, mais leur style serait tout à fait hors propos.
Biensur, y aura toujours des ratés et effectivement la musique de Djawadi sur IRON MAN est souvent agaçante, mais pour en revenir à Zimmer, sa filmographie quand tu regardes bien est plutot eclectique, et Hans y a abordé à peu près tous les styles musicaux. A cet egard, un veritable gouffre sépare les partitions du ROI LION, du ROI ARTHUR et de LA LIGNE ROUGE, et Hans explore même le tango sur POUR LE PIRE ET LE MEILLEUR !
Voilà, c'etait un mini coup de gueule en toute sympathie ma foi Bonne journée
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